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Lexique

La cophose

Dans le langage médical, surdité est synonyme d’hypoacousie. Pour la perte complète de ce sens, on parle d’anacousie ou de cophose : une absence de réponse à tout stimulus auditif (perte de 120 dB), soit une surdité totale).

 

 Il faut savoir qu’avec deux oreilles le cerveau reçoit plus d’informations sonores (6 dB 5 de plus) ce qui rend l’audition plus confortable.

La qualité de vie des patients atteints de surdité unilatérale est plus altérée qu’on ne l’imagine.

 

carrevert Conséquence d’une cophose

Voici quelques petits exemples de l’inconfort rencontré au quotidien par les personnes cophosées :

carremauve une sensibilité accrue au bruit,

carremauve un problème de compréhension avec un proche interlocuteur,

carremauve une impossibilité de communiquer dans un environnement bruyant (magasins, restaurants, réunions, repas de famille...),

carremauve une perte de spatialité qui conduit à ne plus pouvoir situer une personne qui vous interpelle (ce qui est relativement problématique pour une mère vis-à-vis de son enfant) ou à ne pas localiser un véhicule dans la rue.

Malheureusement, ces situations conduisent très souvent la personne cophosée à s’isoler dans son quotidien ce qui entraîne une dégradation de sa vie sociale.

Pendant longtemps cette population n’a eu aucun accès à des appareillages pour résoudre leur gêne car la difficulté rencontrée était de pouvoir transmettre à l’oreille saine les sons provenant du côté sourd.


Heureusement, depuis quelques années, certains fabricants d’audioprothèses proposent des solutions aux personnes atteintes de surdité unilatérale en s’appuyant sur les deux principes qui nous permettent de percevoir le son : la conduction aérienne ( transmission des ondes acoustiques à l’oreille interne par l’intermédiaire de l’oreille externe. En audiométrie, la conduction aérienne correspond au son transmis par un casque) et la conduction osseuse (Mode de transmission des sons à la cochlée par l’intermédiaire des os du crâne) . Ces deux pistes explorées nous conduisent aujourd’hui à avoir plusieurs possibilités de prothèses auditives pour appareiller une personne souffrant d’une surdité unilatérale.

carrevert Appareillages par conduction osseuse

Appareillage conduction osseuse

 

 

Leur principe est relativement simple. Profitant de la très grande qualité de conduction de l’os, il consiste à utiliser la boite crânienne comme support de transmission. Pour cela, il convient, par une légère intervention chirurgicale pratiquée sous anesthésie locale, de poser un petit implant en titane au niveau de la mastoïde (située derrière le pavillon de l’oreille) surmonté d’un petit pilier (support) pour permettre l’adaptation de la future prothèse. Six à huit semaines plus tard (environ trois mois pour un enfant) celui-ci s’est ostéo-intégré ce qui permet d’installer le système de prothèse auditive. Cet appareillage transforme les sons perçus du côté sourd en vibrations et, grâce à la conduction osseuse, ceux-ci sont transmis à la cochlée de l’oreille saine (cf. figures 1). 

Un dérivé de ce principe permet de fixer l’appareillage directement sur une branche de lunette afin d’éviter la pose d’un pilier (cf. figure 2). La qualité de perception peut s’avérer légèrement altéré compte tenu d’une zone de contact, avec la présence du cuir chevelu, moins bonne.

Depuis peu, une nouvelle prothèse auditive implantable à stimulation directe est apparue sur le marché. Elle se compose de deux éléments principaux : un implant à ancrage osseux et un audio processeur externe. Ce système ne comporte plus de pilier mais est maintenu par deux aimants de polarité opposée (un dans l’implant, un dans le processeur). Le signal est transféré à travers la peau jusqu’à la partie interne qui convertit celui-ci en vibrations (cf. figure 3).



Appareillage par conduction aerienne

carrevert  Appareillages par conduction aérienne 

Ces appareillages se basent sur un système appelé CROS (Controlatéral Routing Of Signal). Il s’agit de capter le son par un microphone sur l’oreille cophotique, de le ré-émettre par signal amplifié pour un traitement par un récepteur du côté sain.

Il existe deux types de système CROS, un filaire et un utilisant des ondes Hautes Fréquences (HF). Cet appareillage est composé de deux contours d’oreille classique (cf. figure 4). Il existe aussi avec des intras (appareils auditifs qui se logent à l’intérieur de l’oreille dans le conduit auditif).

Pour le système filaire, la transmission se fait soit par une monture de lunette, soit par un fil passant derrière la tête.


Attention, pour le système HF, on parle souvent de système Wi-Fi. Ceci est un terme impropre car les ondes employées sont de très faible importance et de très faible intensité. C’est une transmission qui est aujourd’hui en numérique (ce qui évite des informations erronées) qui fonctionne sur un système binaire à base de 0 et de 1. Ceci élimine les interférences avec le monde extérieur.

Ce système a un avantage particulier car il permet d’apporter une correction sur l’oreille saine si cela est nécessaire. Dans ce cas il est appelé BiCROS (cf. figure 5).

Un petit conseil

La démarche de se faire appareiller n’est pas toujours facile à prendre. Il faut savoir que chaque personne est différente dans son jugement sur sa qualité de perception. Il en va de même sur notre qualité de conduction osseuse. Aussi, dans tous les cas, il convient, avec son audioprothésiste de faire des essais avec les différents systèmes de prothèses existantes avant de faire son choix.

 

tiré de TINNITUSSIMO - 3e TRIMESTRE 2014