France Acouphènes - 92 rue du Mont Cenis - 75018 Paris - Tél : 0 820 222 213

couv 93

 

5 PANORAMA

VIE ASSOCIATIVE Les permanences de France Acouphènes

6-12 CONFÉRENCE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

Apport de l’audioprothèse pour les acouphéniques et hyperacousiques par Philippe Metzger

13 COURRIER DES LECTEURS par Jean-Pierre Bouyx

14-15 PANORAMA VIE ASSOCIATIVE Les consultations pluridisciplinaires acouphènes de l’AFrEPA en France

16-17 Anciens numéros de la revue

18-19 MENIÈRE

Suite du Tour de France Menière : interview de Jacques Lepourcelet

20-23 PANORAMA VIE DES RÉGIONS

20 Paris : Groupes de parole Prévention à la Fête de la musique à Paris

21 Joué-lès-Tours : Groupe de parole

Forum des associations Évry : Conférence à l’Union des retraités d’Évry

Journée portes ouvertes à la maison de quartier des Épinettes

22 Aubenas : Deux groupes de parole les mardis 1er mars et 26 avril

23 Deux conférences Journée européenne de vos droits en santé

10 mars : Journée nationale de l’audition

24 NOS BÉNÉVOLES À VOTRE ÉCOUTE

 

carrerouge Apport de l’audioprothèse pour les acouphéniques et hyperacousiques

Extraits de l’intervention de Philippe Metzger lors des conférences de l’Assemblée générale de France Acouphènes le 9 avril 2016
Transcription de l’enregistrement par Dominique Vallée

  • 1 L’audition : présentation du système auditif

En tant que professionnels de santé, nous sommes complémentaires du médecin ORL et la plupart du temps, nous donnons des explications comme le Pr Venail (voir revue n° 92 page 8 ou I C I ceci afin d’éviter de proposer une solution sans renseignement. Il faut absolument mettre le patient acteur de sa solution et lui expliquer correctement la situation de son audition. Dans nos consultations, nous rencontrons des personnes qui ont des problèmes d’audition avec ou sans acouphènes. Pour celles qui ont des acouphènes, nous prenons plus de temps, une première consultation dure souvent environ une heure. On commence par expliquer le processus de l’audition, car souvent les patients s’imaginent que l’acouphène est quelque chose de purement cérébral. Ils pensent tumeur cérébrale et, après avoir fait un IRM, ils savent que ce n’est pas le cas.

Expliquer l’audition c’est commencer par dire que nous percevons théoriquement les sons entre 20 Hz et 20 kHz, en fait plutôt entre 125 Hz et 12 kHz avec des niveaux d’intensité allant de 20 dB à 120 dB, seuil d’intolérance de l’oreille. On explique aussi que la zone conversationnelle, celle que l’on utilise pour comprendre la voix, se situe dans une zone beaucoup plus limitée, car on ne dépasse jamais les 10 kHz à 70 dB en intensité pour la voix humaine. On montre l’échelle de bruit et les différentes structures de l’oreille : oreille externe, moyenne et interne. La plupart du temps les personnes viennent nous voir pour des problèmes neurosensoriels, donc situés dans l’oreille interne. S’il s’agit de problèmes dans l’oreille externe ou moyenne, ils sont traités par l’ORL.

Rappelons la structure de l’oreille interne (voir figure 1) la cochlée et le mécanisme de tonotopie 1 : les fréquences aiguës sont plutôt à la base de la cochlée alors que les fréquences graves sont au sommet. On voit le détail de la cochlée, les cellules ciliées, l’organe de Corti, on explique un peu ce qu’est l’otoscopie etc. et on arrive à l’audiométrie.

1 tonotopie cochléaire : chaque zone de la cochlée code des fréquences particulières,les fréquences aiguës sont plutôt à la base de la cochlée alors que les fréquences graves sont au sommet.

  • 2 L'audiométrie

Nous faisons deux types d’audiométrie : l’audiométrie liminaire, pour connaître le seuil de perception aux sons faibles et l’audiométrie d’intolérance, pour les fréquences mal tolérées par les hyperacousiques. Cette dernière mesure peut être très dangereuse et on fait très attention. Pour l’audiométrie liminaire, on fait écouter un son très très faible et on augmente légèrement par paliers jusqu’à ce que la personne dise : « Je commence à percevoir. ».

Bien sûr, c’est un son pulsé, donc, elle ne pourra pas le confondre avec son acouphène qui,la plupart du temps, est un son continu. En montant tout doucement, on va atteindre une intensité où la réponse est une grimace et on va ainsi pouvoir noter les fréquences qui sont les plus désagréables. Ceci est important, car les appareils auditifs sont capables aujourd’hui de traiter aussi bien les sons faibles, que les sons moyens ou forts.

On peut ainsi traiter des personnes qui ont à la fois de la presbyacousie ou hypoacousie et de l’hyperacousie. Parfois les gens nous disent : « Je sais que j’ai un problème d’audition, mais il est hors de question que je me fasse appareiller parce que je ne supporte pas les sons ; alors si vous m’appareillez cela va être encore pire et je ne le supporterai pas. »

. Souvent, on a des surprises car, si on appareille ces gens-là, on a des seuils d’inconfort très très bas mais on arrive à les réadapter à cette habitude d’entendre des sons et, souvent, on peut traiter un petit peu une hyperacousie avec un appareillage auditif à partir du moment, bien sûr, où il y a une perte auditive associée. S’il s’agit d’une hyperacousie sans perte auditive, notre appareillage sera sans effet.

  • 3 Les acouphènes
  • Bien que l’audiométrie ait déjà été faite par l’ORL, nous en refaisons une autre pour la confirmer. Pour une personne acouphénique, on va aussi faire une recherche de la fréquence fondamentale de l’acouphène. Parfois, il y a deux fréquences d’acouphène, mais, en général, la personne le sait et nous le dit. Quand il n’y a qu’un acouphène, il est situé, la plupart du temps, sur la courbe, à l’endroit du scotome 2 . Souvent, sur l’oreille gauche, on voit que l’on a un scotome, c’est-à-dire une chute de perception, par exemple à 4 kHz, et la plupart du temps l’acouphène sera situé à cette fréquence. Cela s’explique par désafférentation 3 des voies centrales. En effet, à partir du moment où le patient n’a pas de perception à cette fréquence, il y a une contre-réaction au niveau central et le patient perçoit un son qui n’existe pas. L’acouphène correspondrait donc à l’inhibition des neurones à la fréquence de 4 kHz. L’étape suivante est une recherche de l’intensité de l’acouphène, par exemple, supérieure à 5 dB au-dessus
    du seuil de perception auditive. Enfin, on va aussi réaliser une courbe vocale, appelée aussi score d’intelligibilité. Même avec une forte baisse d’audition (au-delà de 50 %), il est possible d’obtenir un bon score d’intelligibilité : avec des sons à 20 dB au-dessus de votre seuil d’audition, vous répétez tout sans faute, sans lecture labiale, bien sûr, car cela change les données. Parfois c’est l’inverse : on fait écouter aux patients un mot ou une syllabe à 20 dB au-dessus de leur seuil, ils sont incapables de comprendre le mot, en tout cas certains mots, et, on a beau augmenter le volume, ils ne le perçoivent toujours pas. Dans ce cas-là, nous avons une courbe en cloche par manque de reconnaissance de certains phonèmes que l’appareillage ne peut plus compenser. Le patient va alors effectuer une compensation, par exemple, par une lecture labiale ou par association, rapprochement avec les mots adjacents.

    2 Un scotome est une perte d’audition localisée dans une bande de fréquence.
    3 La désafférentation est l’absence totale ou partielle des sensations parvenant au cerveau.

    • 4 La surdité

    Perte de cellules ciliées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'article entier dans la Revue 93

 

Abonnement à la Revue : paiement par carte bancaire

Imprimer le bulletin d'abonnement à la Revue