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8e Congrès international de la TRI  à Auckland 2014 

Les fondamentaux : la clé des avancées thérapeutiques

Le 8e Congrès international de la TRI (Tinnitus Research Initiative) s’est tenu du 10 au 13 mars 2014 à Auckland en Nouvelle-Zélande. Audiology infos vous propose de découvrir ce rendez-vous incontournable de l’audiologie internationale à travers le point de vue du Dr Berthold Langguth, directeur du Centre sur les acouphènes de l’université de Ratisbonne en Bavière (Allemagne).

Article écrit par Leendert van der Ent, rédacteur en chef Audiology infos Pays-Bas

Extrait de la revue Audiology Infos 36 avec l’autorisation de Guillaume Bureau

« Ce qui m’a le plus marqué, à l’instar des dernières conférences à Valence et à Bruges, c’est l’hétérogénéité des approches présentées », constate le Dr Berthold Langguth, directeur du Centre sur les acouphènes de l’université de Ratisbonne en Bavière (Allemagne) et l’un des intervenants du 8e Congrès international de la TRI (Tinnitus Research Initiative) qui s’est tenu du 10 au 13 mars 2014 à Auckland en Nouvelle- Zélande. « Je soutiens l’idée défendue par la TRI de classer les acouphènes dans le cadre des troubles connexes, et donc d’exploiter de nouvelles connaissances fondamentales en neurosciences. »

Le Dr Langguth explique que « les acouphènes sont provoqués par des changements dans l’activité du cerveau. Dès lors, si nous souhaitons comprendre les acouphènes pour trouver des pistes thérapeutiques efficaces, nous devons acquérir une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents dans le cerveau ». Cliff Abraham, professeur néo-zélandais en neurosciences à l’université d’Otago, a expliqué aux participants les mécanismes du cerveau qui régissent les changements neuroplastiques.

Approche innovante

Le professeur Susan Shore, directrice du laboratoire de neurobiologie de l’université du Michigan à Chicago, est active dans le domaine des neurosciences fonda- mentales. Le Dr Langguth revient sur l’intervention de cette dernière : « Elle étudie les interactions entre le système somatosensoriel et le système auditif. Grâce à cela, elle a pu identifier les mécanismes neuronaux de ces interactions. Bien que nous connaissions déjà tous ces ingrédients, ses travaux ont permis d’identifier une nouvelle approche thérapeutique. Elle propose des stimulations électriques en combinaison avec des stimulations sonores.

La valeur ajoutée de ce traitement est qu’en mesurant le degré d’interaction entre les systèmes somatosensoriel et auditif, on peut guider l’intervention thérapeutique, la diriger. » Le Dr Langguth souligne que cette approche en est à un stade relativement précoce, et qu’il est encore nécessaire d’obtenir une confirmation clinique. « Cette approche n’en reste pas moins innovante pour autant. Elle illustre le rôle clé que peuvent jouer les connaissances fondamentales dans le développement de nouveaux traitements. »

Variabilité et imagerie

Une contribution précieuse, du point de vue du Dr Langguth, a également été apportée par le Dr Winnie Schlee de l’université de Ratisbonne, sur la variabilité des acouphènes dans le temps et d’un patient à un autre. « Ces changements affectent à la fois la perception des patients et la fonction neuronale mesurable du cerveau des sujets atteints d’acouphènes. L’idée de Schlee est de développer de nouvelles méthodes normalisées pour mesurer cette variabilité. Pour ce faire, il a même développé une application mobile. Cette application smartphone a été conçue pour permettre une évaluation détaillée de la variabilité des acouphènes dans le temps, et, à terme, pourra devenir un outil de traitement. Aujourd’hui, nous avons une bonne idée de ce que sont les acouphènes, et nous commençons à voir comment traiter les patients. Mais un des principes clés pour aller de l’avant est de parvenir à une évaluation systématique. »


Berthold Langguth a également pu assister à des conférences sur l’imagerie. « L’importance des voies auditives dans le cerveau dans le cas des acouphènes est déjà bien établie. Il me semble que pour une bonne étude des acouphènes, nous devons non seulement prendre en compte ce domaine spécifique, mais aussi le cerveau dans son ensemble. Les nouveaux éléments et les dernières avancées présentées à Auckland l’ont confirmé. »

Modèles animaux

Et Berthold Langguth de mettre également en exergue des interventions sur des études basées sur des modèles animaux : « Il y a également eu des contributions très intéressantes sur les résultats des modèles animaux d’acouphènes. Ces derniers peuvent nous aider à mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent la genèse et la persistance des acouphènes. Ils servent également à tester des approches thérapeutiques. À cet égard, des essais avec certains médicaments et des essais avec stimulations électriques ont déjà obtenu quelques avancées. »

 

à venir Prochain congrès Tinnitus : 7 - 10 juin 2015 - Ann Arbor, MI, USA

TINNITUSSIMO - 3e TRIMESTRE 2014