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Témoignage Par Jipi

30 ans après un traumatisme sonore... Je revis

Je m’appelle Jean-Pierre, j’ai 67 ans, je suis adhérent de l’association depuis décembre 2009 et bénévole depuis janvier 2010. J’ai souhaité témoigner de mon parcours, qui peut être source d’espoir pour quelques personnes.

L’histoire débute en avril 1966, il y a 48 ans. Je suis à l’armée et, lors d’un exercice de tir au fusil mitrailleur, j’ai subi un traumatisme sonore. Tout de suite, jipil’impression d’être devenu sourd, les oreilles cotonneuses, léger vertige, et sifflement dans l’oreille gauche (celle près du boitier de la culasse). Évidement, pas de casque fourni à cette époque, j’avais bien mis des bouts de tissu de nettoyage d’armes dans mes oreilles mais précaution insuffisante...

Après consultation du service médical « Ça va passer, c’est un trauma sonore... », j’ai poursuivi mon service, les choses se sont arrangées et j’ai récupéré mon audition au bout de quelques jours.

Dans ma vie de jeune homme, après des séances de discothèques ou quelques abus de boissons, j’avais un léger sifflement dans l’oreille gauche, mais qui disparaissait le lendemain.

Dix ans s’écoulent, je me suis marié et suis devenu père de deux enfants. Un jour, alors que je dormais sur la plage en été, mon fils de 18 mois qui jouait a coté de moi, a trouvé amusant de remplir de sable l’oreille de son papa... Là, le monde a basculé, acouphène immédiat dans l’oreille gauche, de retour à Paris, consultations de 3 ou 4 ORL, panique, traitement, pas de solutions, « il n’y a rien à faire, il faut vivre avec... ».

Médicaments, suivi ORL durant 2 ou 3 ans puis je me calme, je supporte, la vie passe, je m’habitue (la plasticité neuronale fait son travail et aide à mettre cela au 2e plan). Vie active, chef d’entreprise, footballeur, golfeur, ça aide à la mise à l’écart des acouphènes...

Trente ans plus tard...

Novembre 2006, le téléphone sonne, je décroche, un larsen épouvantable dans l’oreille droite. Les téléphones d’autrefois ne sont pas compatibles avec les box type Free et autres, attention ! Je ne l’ai su qu’après.

Là, ce fut plus méchant, acouphènes dans les deux oreilles et hyperacousie instantanés, acouphène aigu et violent sur l’oreille gauche plus bas sur l’oreille droite. Consultation en urgence d’un ORL, médicaments à nouveau, rien n’y fait, audiogramme, IRM (pas de lésions), moral au plus bas...

 

 

Après quelques mois de déprime, j’ai réagi, avec une recherche Internet et ma rencontre avec le site de France Acouphènes.

Le forum fut une bouée de secours, j’ai pu échanger avec mes semblables et trouver un écho à mes interrogations.

J’ai pris ma retraite en avril 2009, et, en continuant de poster sur le forum, j’ai répondu à un message d’une certaine Coocky, (c’est ma présidente, Roselyne Nicolas !) qui recherchait des bonnes volontés pour la rejoindre dans le bénévolat de France Acouphènes.

Depuis, j’ai beaucoup appris, sur les pathologies de l’oreille, sur la vie, sur la souffrance, comment aider ceux qui sont dans des situations pires, les formations dispensées par France Acouphènes et des spécialistes m’ont éclairé sur la compréhension de ce qui m’arrive et les solutions pour améliorer notre état. Je vais beaucoup mieux ! S’occuper des autres est aussi une thérapie.

Cela m’a permis de connaître des spécialistes ORL qui connaissent les problèmes liés aux acouphènes. Ils sont regroupés au sein d’une association, l’AFrEPA. Ils travaillent en équipes pluridisciplinaires et sont entourés d’autres spécialistes tels que sophrologues, psychothérapeutes, kinés, audioprothésistes, etc.

La solution qui m’attendait, m’a été proposée par une de ces spécialistes ORL. Depuis, je suis appareillé sur les deux oreilles, avec des prothèses auditives, discrètes, performantes et équipées d’un GBB (générateur de bruit blanc).

Ce bruit blanc, je l’ai choisi sur une palette d’ordinateur. C’est le bruit du ressac de la mer, schffff... schffft... Il est calé sur la fréquence de mes acouphènes (4000 Hz à gauche, 2000 à 3000 Hz à droite) et m’aide à mettre les acouphènes de côté. Mon cerveau écoute le bruit de la mer, (ce qui me rappelle la Corse et ses rivages magnifiques et ignore les sifflements de cigales que j’ai toujours.

Les prothèses me restituent les sons sur les fréquences que j’ai perdues, en amplifiant les sons que je n’entendais plus. Sur ma radio de voiture que j’écoutais (comme la télévision) sur des volumes insupportables pour ma compagne, j’ai baissé le volume de 16 à 13 ! Les réunions d’amis ou les restaurants qui étaient pour moi source de brouhaha indescriptible, (je ne pouvais identifier qui parlait et où) sont de nouveau source de plaisir. Je revis !

 

TINNITUSSIMO  82- 4e TRIMESTRE 2013