France Acouphènes - 92 rue du Mont Cenis - 75018 Paris - Tél : 0 820 222 213

Mon torrent

Témoignage de Bernard Rousseau- Bénévole

 

Pourquoi n’ai-je pas témoigné plus tôt ? À vrai dire l’écriture n’est pas mon sport favori. Alors, « Mémoires d’un acouphénique », vous m’avez compris, cela ne va pas être facile. Essayons de commencer par le commencement. Et c’est là que ça démarre mal car je suis incapable de me rappeler comment sont arrivés mes acouphènes...

En 1989/1990, j’ai consulté pour des bourdonnements. À partir de là, mon parcours médical est malheureusement assez classique. Et comme le plus souvent, il s’est soldé par un constat d’impuissance de la part des différents intervenants.

Plus de dix ans se sont passés sans que j’ai le souvenir d’une gêne. Et puis, de manière insidieuse, les bourdonnements sont devenus des bruits, parfois cigales, parfois fréquences aigües, parfois chuintements. Je pense que c’est à ce moment là que je me suis dit qu’il existe des endroits où il y a un bruit à longueur de journée. Alors, pourquoi ne pas considérer que mes acouphènes ne sont pas un bruit intérieur, mais au contraire un élément de mon environnement extérieur. Bien sûr, vous me direz qu’il y a bruit et bruit. J’ai donc choisi d’imaginer vivre près d’un torrent comme en montagne. Il est vrai que c’est quelque chose que je connais bien et il me suffit parfois de fermer les yeux pour m’y voir. Certes, mon torrent a un son moins harmonieux que ceux qu’il m’arrive de traverser.

Des moyens pour aider à tenir ses acouphènes à distance, il y en a. Pour ma part, je n’ai pas (encore) éprouvé le besoin de cours de sophrologie ou d’hypnose. Quoique par moment, je me pose la question. Mais, heureusement, il se trouve que bien avant d’avoir mes acouphènes, j’avais été initié à la méditation transcendentale. En résumé, il s’agit d’une association de la respiration avec la répétition d’un mantra. Cela m’est bien utile lorsque je me réveille la nuit avec l’impression d’être oppressé. Je n’irai pas jusqu’à écrire que quelques respirations suffisent toujours pour retrouver un sommeil serein, mais cela m’aide à retrouver un peu de calme. Un truc parmi d’autres, comme nous le disons lors de nos permanences.

Permanences ToulouseJe ne savais pas trop comment en arriver à France Acouphènes. Et bien nous y voilà car vous aurez bien compris que c’est comme bénévole de l’association que je tiens ces permanences à la maison des associations de Toulouse  : voir la carte

Comment ai-je rencontré France Acouphènes, je ne sais plus, j’ai adhéré il y a une bonne dizaine d’années et en 2012, j’ai coché oui à « Je souhaite devenir bénévole ». Je crois que j’ai toujours été adhérent, plus ou moins actif, d’association(s). Mais cela arrivait à un moment où j’en avais assez de ces associations où l’adhérent n’est que consommateur.

Vous savez, celles où sous prétexte d’avoir payé une cotisation, il se croit autorisé à râler pour un oui ou pour un non. J’ai pensé qu’il y avait mieux à faire et lors des journées d’information, puis de formation de France Acouphènes, j’en ai été convaincu. Que dire des permanences, si ce n’est qu’il est difficile de recevoir des moins de 30 ans dont la détresse est énorme. Ils viennent généralement d’apprendre qu’il n’y a pas de remède pour soigner ces maudits acouphènes. Alors, après les avoir écoutés, c’est à nous de leur redonner de l’espoir avec nos trucs.

Et je crois que cela est aussi une thérapie pour le bénévole que je suis.

La JNA  est l’occasion de faire connaître France Acouphènes, de rencontrer des personnes à aider, ainsi que l’équipe de la consultation pluridisciplinaire de l’hôpital Purpan de Toulouse, équipe qui nous est bien précieuse.

Il est temps maintenant de rendre ma copie pour retourner me reposer... près de mon torrent.