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La surdité brusque ou la vie en mode « silence assourdissant »

T é m o i g n a g e

 

31 décembre 2006…

Début de soirée sous le charme de l’orchestre philharmonique de Strasbourg et réveillon entre amis. Que du bonheur ! Quelques heures plus tard…

1er janvier 2007, ma vie bascule

Mon oreille gauche est douloureuse et un sifflement désagréable s’installe.

4 janvier : le phénomème s’aggrave

Consultation chez un ORL. L’audiogramme révèle une perte de 70 db sur toutes les fréquences. Le médecin souligne que ma perte auditive pourrait être liée à une otite céreuse ou à une surdité subite et, d’un air condescendant, me demande : « Mais pourquoi vous n’êtes pas venu plus tôt ?».

L’effet de surprise est total car, jusqu’à ce jour, j’ignorais jusqu’à l’existence de ces pathologies. Muni d’une ordonnance pour passer un scanner, j’entame mon parcours du combattant. R.A.S au scanner et « ouf » de soulagement ! Mais la douleur persiste,la surdité et les siffl ements aussi. À cela, s’ajoutent des raideurs douloureuses de la nuque, manifestations d’un état d’anxiété extrème (ça, je l’ai appris par la suite).

Le 22 janvier, hospitalisation

Je prends le taureau par les cornes et je consulte en urgence au CHU : hospitalisation, IRM, traitement à la cortisone, vasodilatateur, anxiolytique et oxygène, mais rien n’y fait, la sensation d’oreille bouchée et douloureuse est toujours présente, et les acouphènes jouent leur partition. Et comme un malheur ne vient jamais seul, je prends conscience que les sons qui dépassent le seuil de la conversation me sont intolérables.

L’hyperacousie s’installe et la déprime aussi

Désemparé, j’accélère mon gymkhana médical en ce printemps 2007 en consultant à tout-va. La sophrologie et l’acupuncture me permettent de retrouver un peu de sérénité.

Au mois de juin, le couperet tombe. Mon ORL prononce la phrase fatidique : « Monsieur, je ne peux plus rien pour vous ! ». Je me cramponne alors à la bouée de sauvetage du moment : mon audioprothésiste. Les réglages sont longs et fastidieux, mais je m’accroche et petit à petit, mon écoute s’améliore et je retrouve un semblant de stéréophonie.

 

France Acouphènes : une lumière dans la nuit

C’est à cette époque que je commence à surfer sur le net dans l’espoir de trouver une réponse à mes tourments, et voila que je découvre le site de France Acouphènes ! Une lumière dans la nuit !

Un Ange passa

Je dévore les articles et, un jour, je ne sais plus par quel miracle, un Ange passa ! Je lui ai demandé son nom, il m’a répondu : Bidan. Me voila parti dans des échanges de mails avec ce nouvel ami virtuel sensible à mes problèmes. Il trouve les mots pour me rassurer et m’apaiser. Petit à petit, l’idée de m’engager au sein de cette association suit son bonhomme de chemin et se concrétise par un stage à Lyon.

Je me rappellerai toujours ces premiers échanges qui m’ont donnés l’impression d’être enfin compris. Cerise sur le gâteau, j’ai découvert que je n’étais pas le seul à ruminer des idées noires. Quel soulagement de voir s’envoler mes doutes quant à mon équilibre psychique !

Se confier, s’engager par l’écoute téléphonique

Petit à petit, j’ai trouvé mes marques au sein de l’association et un nouveau but dans ma vie. L’écoute téléphonique m’a permis de mesurer les attentes et les souffrances des appelants.

J’ai choisi d’être solidaire et non solitaire

Fort de cette expérience, j’ai décidé d’aller de l’avant dans mon engagement militant et d’organiser des conférences et des groupes de paroles à Strasbourg. Se confi er, accélère le processus de guérison émotive et permet d’extérioriser son anxiété.

Lorsque les émotions qui nous envahissent retrouvent des proportions normales, il nous est alors possible de retrouver un équilibre.

Aujourd’hui, par habituation, mes acouphènes sont relégués au rayon des bruits de fond auditifs et grâce à ma prothèse, j’ai réussi à gérer mon hyperacousie.

J’en termine avec ce message que j’aimerais adresser à toutes celles et tous ceux qui souffrent de cette pathologie : souvenez-vous, même si on ne peut pas soigner les acouphènes, on peut soulager les acouphéniques !

Daniel Baumert, Bénévole