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Acouphènes suite à traumatisme , surdité brusque

Acouphènes  suite à traumatisme , surdité brusque

urgence3

 

La prise en charge revêt  un caractère d'urgence lorsque des acouphènes surviennent suite à un traumatisme sonore ou bien en même temps qu'une surdité d'apparition brutale : un traitement médicamenteux  délivré par voie orale ou par voie intraveineuse doit alors être instauré rapidement (dans les 48h maximum), pour donner les meilleures chances de récupération de l'audition et limiter les acouphènes.

A noter que le traitement repose principalement sur l'administration de corticoïdes, alors que les autres traitements n'ont pas fait leur preuve (vasodilatateurs, oxygénothérapie hyperbare, hémodilution, etc…).

Dans ces cas de surdité brusque ou de trauma acoustique, certains ORL sont adeptes des séances de caisson hyperbare. Bien que ce traitement puisse apporter de bons résultats, il nous paraît important de signaler qu’il ne fait pas l'unanimité de la profession, certains ORL, considérant que, dans certains cas, ses effets entraînent une aggravation par destruction des restes auditifs des sujets.

 

 Symptômes d’un traumatisme sonore

  • Perte d’audition aiguë dans une ou deux oreilles
  • Acouphènes (Bourdonnement d’oreille permanent à haute fréquence)
  • Hypersensibilité au bruit
  • Vertiges
  • Perte d’équilibre

Surdité brusque

Surdité de perception d'apparition subite, le plus souvent unilatérale, pouvant survenir à tout âge, dont l'étiologie est incertaine. La surdité est :

  • totale ou partielle (certaines fréquences) ;
  • elle est souvent constatée le matin mais peut se développer par étapes sur quelques jours ;
  • s'accompagne souvent d'acouphènes et de vertiges.

Blast = explosion

L’effet de souffle peut se définir comme le déplacement brutal de l’air lors d’une explosion, qui crée une onde de choc plus ou moins forte, occasionnant des dégâts directement proportionnels à la puissance de cette onde de choc.L'intensité très forte et très brève du son de l'explosion va provoquer une lésion traumatique de la cochlée avec destruction, souvent irréversible, des fréquences aigües (4000 et 6000 Hz le plus souvent) mais parfois beaucoup plus (surdité importante et acouphènes)

Un blast de l’oreille comprend donc un effet de souffle et un traumatisme sonore. On retrouve ce type de lésions dans la pratique de nombreux sports modernes, comme la plongée et l’apnée, mais pas seulement.

Attentionune giffle sur l'oreille  peut réaliser des lésions typiques de blast : On comprime  brusquement l'air du conduit, ce qui va se répercuter sur l'oreille moyenne et donner des dégâts variables selon l'intensité et la position fermée de la main sur le pavillon. Le bruit de la claque peut, quant à elle, léser les cellules auditives de l'oreille interne et bien souvent déclencher des acouphènes, parfois définitifs.

Apport de l’audioprothèse pour les acouphéniques et hyperacousiques

Apport de l’audioprothèse pour les acouphéniques et hyperacousiquesPhilippe Metzger conférence assemblée générale du  9avril2016

Extraits de l’intervention de Philippe Metzger lors des conférences de l’Assemblée générale de France Acouphènes le 9 avril 2016
Transcription de l’enregistrement par Dominique Vallée

 

  • 1 L’audition : présentation du système auditif

En tant que professionnels de santé, nous sommes complémentaires du médecin ORL et la plupart du temps, nous donnons des explications comme le Pr Venail (voir revue n° 92 page 8 ou I C I ceci afin d’éviter de proposer une solution sans renseignement. Il faut absolument mettre le patient acteur de sa solution et lui expliquer correctement la situation de son audition. Dans nos consultations, nous rencontrons des personnes qui ont des problèmes d’audition avec ou sans acouphènes. Pour celles qui ont des acouphènes, nous prenons plus de temps, une première consultation dure souvent environ une heure. On commence par expliquer le processus de l’audition, car souvent les patients s’imaginent que l’acouphène est quelque chose de purement cérébral. Ils pensent tumeur cérébrale et, après avoir fait un IRM, ils savent que ce n’est pas le cas.

Coupe de l'oreille

 

Expliquer l’audition c’est commencer par dire que nous percevons théoriquement les sons entre 20 Hz et 20 kHz, en fait plutôt entre 125 Hz et 12 kHz avec des niveaux d’intensité allant de 20 dB à 120 dB, seuil d’intolérance de l’oreille. On explique aussi que la zone conversationnelle, celle que l’on utilise pour comprendre la voix, se situe dans une zone beaucoup plus limitée, car on ne dépasse jamais les 10 kHz à 70 dB en intensité pour la voix humaine. On montre l’échelle de bruit et les différentes structures de l’oreille : oreille externe, moyenne et interne. La plupart du temps les personnes viennent nous voir pour des problèmes neurosensoriels, donc situés dans l’oreille interne. S’il s’agit de problèmes dans l’oreille externe ou moyenne, ils sont traités par l’ORL.

Rappelons la structure de l’oreille interne (voir figure 1) la cochlée et le mécanisme de tonotopie 1 : les fréquences aiguës sont plutôt à la base de la cochlée alors que les fréquences graves sont au sommet. On voit le détail de la cochlée, les cellules ciliées, l’organe de Corti, on explique un peu ce qu’est l’otoscopie etc. et on arrive à l’audiométrie.

 

1 tonotopie cochléaire : chaque zone de la cochlée code des fréquences particulières,les fréquences aiguës sont plutôt à la base de la cochlée alors que les fréquences graves sont au sommet.

  • 2 L'audiométrie

Nous faisons deux types d’audiométrie : l’audiométrie liminaire, pour connaître le seuil de perception aux sonsMetzger 93 figure 2 audiometrie faibles et l’audiométrie d’intolérance, pour les fréquences mal tolérées par les hyperacousiques. Cette dernière mesure peut être très dangereuse et on fait très attention. Pour l’audiométrie liminaire, on fait écouter un son très très faible et on augmente légèrement par paliers jusqu’à ce que la personne dise : « Je commence à percevoir. ».

Bien sûr, c’est un son pulsé, donc, elle ne pourra pas le confondre avec son acouphène qui,la plupart du temps, est un son continu. En montant tout doucement, on va atteindre une intensité où la réponse est une grimace et on va ainsi pouvoir noter les fréquences qui sont les plus désagréables. Ceci est important, car les appareils auditifs sont capables aujourd’hui de traiter aussi bien les sons faibles, que les sons moyens ou forts.

Evolution de la presbyacousieOn peut ainsi traiter des personnes qui ont à la fois de la presbyacousie ou hypoacousie et de l’hyperacousie. Parfois les gens nous disent : « Je sais que j’ai un problème d’audition, mais il est hors de question que je me fasse appareiller parce que je ne supporte pas les sons ; alors si vous m’appareillez cela va être encore pire et je ne le supporterai pas. »

. Souvent, on a des surprises car, si on appareille ces gens-là, on a des seuils d’inconfort très très bas mais on arrive à les réadapter à cette habitude d’entendre des sons et, souvent, on peut traiter un petit peu une hyperacousie avec un appareillage auditif à partir du moment, bien sûr, où il y a une perte auditive associée. S’il s’agit d’une hyperacousie sans perte auditive, notre appareillage sera sans effet.

 

  • 3 Les acouphènes

Bien que l’audiométrie ait déjà été faite par l’ORL, nous en refaisons une autre pour la confirmer. Pour une personne acouphénique, on va aussi faire une recherche de la fréquence fondamentale de l’acouphène. Parfois, il y a deux fréquences d’acouphène, mais, en général, la personne le sait et nous le dit. Quand il n’y a qu’un acouphène, il est situé, la plupart du temps, sur la courbe, à l’endroit du scotome 2 . Souvent, sur l’oreille gauche, on voit que l’on a un scotome, c’est-à-dire une chute de perception, par exemple à 4 kHz, et la plupart du temps l’acouphène sera situé à cette fréquence. Cela s’explique par désafférentation 3 des voies centrales. En effet, à partir du moment où le patient n’a pas de perception à cette fréquence, il y a une contre-réaction au niveau central et le patient perçoit un son qui n’existe pas. L’acouphène correspondrait donc à l’inhibition des neurones à la fréquence de 4 kHz. L’étape suivante est une recherche de l’intensité de l’acouphène, par exemple, supérieure à 5 dB au-dessus
du seuil de perception auditive. Enfin, on va aussi réaliser une courbe vocale, appelée aussi score d’intelligibilité. Même avec une forte baisse d’audition (au-delà de 50 %), il est possible d’obtenir un bon score d’intelligibilité : avec des sons à 20 dB au-dessus de votre seuil d’audition, vous répétez tout sans faute, sans lecture labiale, bien sûr, car cela change les données. Parfois c’est l’inverse : on fait écouter aux patients un mot ou une syllabe à 20 dB au-dessus de leur seuil, ils sont incapables de comprendre le mot, en tout cas certains mots, et, on a beau augmenter le volume, ils ne le perçoivent toujours pas. Dans ce cas-là, nous avons une courbe en cloche par manque de reconnaissance de certains phonèmes que l’appareillage ne peut plus compenser. Le patient va alors effectuer une compensation, par exemple, par une lecture labiale ou par association, rapprochement avec les mots adjacents.

2 Un scotome est une perte d’audition localisée dans une bande de fréquence.
3 La désafférentation est l’absence totale ou partielle des sensations parvenant au cerveau.

  • 4 La surdité

Perte de cellules ciliées
Les degrés de surdité

On explique ce qu’est une surdité légère, moyenne ou sévère. Il faut savoir qu’à partir du moment où vous avez un seuil audiométrique à 20 dB, vous êtes normo entendants. Les gens me disent parfois : « J’ai 40 dB de perte, donc il me manque 40 dB ! », « Non ! Il ne vous manque que 20 dB ». 

Les différents types de surdité 

Si la surdité de transmission est liée à l’oreille moyenne, la surdité de perception, elle, est liée à l’oreille interne. 

Les causes de la surdité

À partir de 45, 50, 55 ans, la prévalence augmente avec l’âge, c’est une presbyacousie, phénomène naturel lié à l’âge, ce n’est pas une pathologie. Vous pouvez voir, sur la figure 3,l’évolution moyenne de la presbyacousie en fonction de l’âge mais certains ont déjà une presbyacousie à 20 ans et d’autres n’en ont pas à 80 ans. On explique aussi les causes possibles de la surdité : les facteurs génétiques et bien sûr les traumatismes sonores qui, accumulés, ont pour conséquence des presbyacousies précoces. On montre des cellules ciliées cassées et on parle de prévention. À quelqu’un qui a une perte auditive et des acouphènes associés, il faut lui dire de faire très attention à ne pas prendre sa perceuse pour percer un mur en béton sans porter un casque. De ne pas lâcher sa porte de garage qui, en tombant, va faire un son très fort. Cela risque d’aggraver son problème d’acouphène.

  • 5 Les protections auditives

Nous pouvons proposer deux types de protections auditives : les obturateurs, les bouchons et, de plus en plus maintenant, les filtres d’atténuation qui vont permettre à des personnes hyperacousiques de pouvoir être à l’extérieur avec une protection qui baisse de 20, 25 dB sans altérer la compréhension de la parole ou la qualité musicale. L’atténuation est dite étymotique, c’est-à-dire équivalente quelle que soit la fréquence. Les filtres à atténuation totale permettent, par une vis de réglage, de moduler l’atténuation jusqu’à boucher complètement l’oreille pour diminuer jusqu’à 60 dB les sons extérieurs. On entend toujours un peu par le phénomène de la conduction osseuse. Vous trouvez aujourd’hui dans le commerce des fi ltres plus ou moins chers, à partir de 18 euros  pour les filtres standards, même pour les musiciens avec les filtres étymotiques, jusqu’à 170 euros la paire pour un obturateur fait sur mesure pour un musicien.

  • 6 Les acouphènes : solutions et prise en charge audioprothétique

Corriger la perte auditive

Dans le cas d’un patient adressé par un ORL avec une perte d’audition et des acouphènes, la solution va passer par l’appareillage. Les fabricants d’appareils auditifs ont, aujourd’hui, tous pris en compte le fait qu’il y ait des patients avec perte auditive associée à des acouphènes. Globalement, tous les appareils sont munis de masqueur d’acouphène intégré. Cela nous permet de l’activer ou non et d’avoir deux programmes. Pour ceux qui se plaignent d’acouphènes, on leur propose un premier programme sans masqueur pour uniquement corriger la perte auditive. Cela va réafférenter 4les voies auditives, réactiver les neurones des zones concernées par l’acouphène, leur faire entendre des sons qu’ils n’entendaient plus et avoir pour effet de masquer l’acouphène. 

Dans 80 % des cas, le fait de porter l’appareil auditif va atténuer la gêne de l’acouphène. On parle de masquer, parce que, quand la personne retire son appareil, l’acouphène est présent. Si elle porte un appareil bien réglé sur la fréquence de l’acouphène, on a très souvent un résultat positif. Si cela ne suffit pas et que la gêne persiste, un deuxième programme peut être proposé, et activé par un bouton poussoir ou une télécommande. Il s’agira, soit d’un masqueur simple, soit d’un masqueur associé à une amplification.

Les masqueurs d’acouphènes

On explique ce qu’est un masqueur d’acouphène car souvent la réponse est : « J’ai déjà un acouphène, pourquoi vous voulez m’en donner un autre ? ».
Il y a deux raisons : l’acouphène est un bruit que vous subissez et, à partir de ce moment, au niveau du tronc cérébral 5, il va prendre une fonction d’alerte. Vous allez vous fixer sur votre acouphène et cela va devenir obsessionnel. Par contre, quand vous provoquez un son, il est naturel et il n’est pas perçu par le système central et il est donc très vite oublié.
Par exemple, la climatisation au bureau fait toujours un peu de bruit. Le matin, vous l’entendez en permanence et, au bout de 5 minutes, vous ne l’entendez plus ou, plutôt, vous n’y faites plus du tout attention. Le soir, quand vous la coupez, vous avez l’impression de tomber dans le vide parce que vous ne l’entendez plus.
C’est précisément le principe du masqueur d’acouphènes. Ce n’est pas un bruit en plus. Je propose aux patients de s’appliquer un bruit eux-mêmes, donc consciemment, et, au bout de quelques minutes, ils ne vont plus y faire attention parce que leur acouphène qui était un bruit d’alerte va passer au stade de bruit conventionnel, habituel, comme l’histoire du climatiseur. Il est donc neutralisé par le cerveau. On parle de clients stars, ceux dont le port de l’amplificateur fait estomper immédiatement le bruit de l’acouphène. Ils savent immédiatement si leur pile d’appareil est en panne.

En fait c’est une histoire de contraste : si vous entendez mal, votre acouphène est noir sur blanc et, si vous entendez un petit peu mieux, votre acouphène est noir sur gris et, à ce moment-là, il est moins perçu et moins désagréable. Par contre, il y a ceux dont la seule amplification ne suffit pas et il faut y associer un masqueur. En effet, on a des systèmes qui nous permettent de faire choisir par le patient le bruit qu’il va entendre dans son appareil. Pour cela, il va utiliser une tablette lui permettant de changer la fréquence du son. Il doit ensuite choisir, un, deux, ou trois sons qui lui paraissent les plus confortables, les plus efficaces pour soulager son acouphène. Puis, on charge ces bruits dans le second programme de son appareil, qui va inclure la correction auditive et les bruits choisis.

On s’est aperçu que, au début, les acouphéniques utilisaient beaucoup le deuxième programme puis, peu à peu, ils l’oublient, et finalement restent plutôt sur le premier programme avec la simple correction auditive. Nous avons maintenant des appareils appelés contour d’oreille pas très esthétiques mais efficaces et pratiques. Il existe aussi des appareils plus discrets
qu’on appelle des RIC (écouteur déporté dans le canal). Ils comportent tous un masqueur d’acouphène quelle que soit la gamme ou la marque. Un appareil d’entrée de gamme à 800 € comporte un masqueur aussi efficace que dans un appareil haut de gamme à 1 800 € qui a beaucoup plus de canaux d’amplification. Les fabricants nous proposent des masqueurs multifréquences. On peut même avoir des masqueurs d’acouphènes dans les appareils dit intra auriculaires, ce qui n’était pas le cas récemment. Pour ce dernier appareil, il faut appuyer sur un petit bouton pour mettre ou arrêter le masqueur.

4 Réafférenter : réactiver les neurones des zones concernées par l’acouphène.
5 Tronc cérébral : Il appartient au système nerveux central.


Les différents sons

Il existe maintenant sur les sites Internet des fournisseurs d’appareils, des applications pour smartphone ou iPhone qui sont des générateurs de bruits : bruits blancs, bruits roses, musiques douces, disponibles gratuitement. Vous pouvez aussi trouver des streamers, sorte de collier, qui vous permet de recevoir ce qui vient de votre téléphone par liaison Bluetooth®. Il y a des bruits intéressants pour les acouphènes comme les bruits fractals. Ce sont des séries de fragments sonores qui n’ont pas de suite logique mais qui vont vous distraire de votre acouphène. Exemple de bruit fractal : le bruit du bois qui craque dans le feu de la cheminée. Ce type de bruit peut être transmis à votre appareil auditif à partir de votre téléphone portable. Tout en écoutant ce qui se passe autour de vous, vous avez en permanence ce bruit dans votre oreille avec la possibilité de le gérer vous-même et même de vous endormir en programmant son arrêt.

Les appareils à ancrage osseux

Il existe des appareils auditifs, qui sont en insertion profonde, que l’on garde pendant deux mois et que l’on retire après.

Il y a des études en cours sur un appareil que l’on porte jour et nuit et que l’on peut arrêter quand on veut, mais, en pratique, les patients ne l’arrêtent jamais.

On s’est rendu compte que de réactiver en permanence les voies auditives permet souvent de faire disparaître les acouphènes et cela répond à la remarque de beaucoup de personnes qui disent : « Je suis obligé de garder mon appareil la nuit, sinon mes acouphènes me gênent pour dormir. ». En fait, seul l’audioprothésiste peut poser un appareil de ce type, car il est placé très près du tympan. Le patient peut, par contre, le retirer, par exemple, lorsqu’il doit passer un IRM.

La question du changement de pile : dès lors que l’on est très près du tympan on a pas besoin de beaucoup d’énergie et il n’y a pas de traitement de signal, c’est un appareil analogique donc avec une très faible consommation (la consommation de piles a augmenté depuis que les appareils sont numériques). Officiellement, on peut garder l’appareil trois mois sans changer de pile. Mais, pratiquement, on atteint 2 mois à 2 mois et demi pour une utilisation permanente.

Un détail : dans les appareils actuels il y a une possibilité de couper les sons faibles. Par exemple, il n’y a plus amplification de sons situés en dessous de 30 dB. Or les acouphéniques ne supportent pas le silence ; il faut donc maintenir l’amplification des sons faibles. Voilà une solution trouvée pour que les acouphèniques portent un appareil en permanence à condition que le conduit auditif soit exempt de toute imperfection. Il faut ajouter l’inconvénient du prix : ce type d’appareil est proposé par abonnement aux environs de 1 500 euros par appareil et par an. C’est pris en charge par la Sécurité Sociale et les mutuelles au même tarif qu’un appareil conventionnel, base de 120 euros pour la Sécurité Sociale, ce qui est faible.

  • 7 Les voies auditives

Dans la figure 5, sont représentés les noyaux relais du nerf auditif avant l’arrivée dans les aires primaires 41 et 42. Le premier noyau est assez important car il passe par le thalamus quiVoies auditives fait partie de ce qu’on appelle le réseau limbique. Il est directement lié à tout ce qui est système neurovégétatif qui régit par exemple le rythme cardiaque, la digestion etc. On pense que c’est à niveau-là que le son prend une valeur subjective : pour deux personnes différentes, le même acouphène sera ressenti différemment : l’un dira : « Je ne l’entend même pas » et l’autre dira : « C’est insupportable ». Lors de nos consultations, nous rencontrons trois types de patients :  

  • les patients sans perte auditive et ce ne sont pas les plus simples,
  • les patients avec un reste d’audition pour lesquels on pourra utiliser leur système neuronal auditif pour atténuer l’acouphène,
  • les patients avec une zone cochléaire morte (nota : la cophose complète est la perte complète de l’audition d’une oreille) ; c’est-à-dire que l’audiométrie peut être normale sur certaines fréquences et totalement inactive sur d’autres fréquences.

La cochlée est comme un piano, vous avez au début les aiguës, puis les médiums, puis les graves. Dans ce cas, on aurait alors des touches mortes. Si l’on envoie un son très fort, on va solliciter les fréquences adjacentes et la personne va dire : « J’entend » mais en réalité elle n’entend pas le son que l’on a ciblé, mais les fréquences les plus proches. Sur l’audiométrie, apparaissent alors des courbes fantômes. On fait écouter des notes de piano, et on demande à la personne si elle entend un son ou si elle entend un bruit. Dans le cas d’une zone cochléaire morte, au lieu d’entendre un son, une note, par exemple, elle entend un pichhh, pichhh… ce qui signifie qu’il n’y a plus de cellules sensorielles actives dans cette zone-là.

Les patients sans perte auditive: Si nous proposons un masqueur d’acouphène à quelqu’un qui a un acouphène, mais pas de perte auditive, le masqueur va peut-être atténuer l’attention portée à son acouphène ou le submerger un peu, mais sans y parvenir complètement. On ne va jamais arriver à l’inhibition totale. Il est évident que ce n’est pas ce qui est le plus efficace.

Cochlée morteLes patients presbyacousiques: C’est classique : sur le programme 1, nous allons lui proposer une correction auditive et sur le programme 2, une correction auditive et un masqueur d’acouphène en lui donnant la possibilité de choisir le son masquant et son intensité.

Les patients avec zone cochléaire morte: Il n’y a pas de perception du son (voir la figure 6). Au-delà de 3 kHz, il n’y a pas de stimulation des fi bres nerveuses, ce serait l’implant cochléaire (stimulation électrique) qui serait le plus indiqué. 

En résumé Lors de la consultation, nous essayons d’évaluer la valeur objective et subjective de l’acouphène pour savoir s’il est très gênant ou non. Sa valeur objective et sa fréquence dominante, est-elle aiguë ou grave ? Est-ce un son pulsé ou un son continu, avec une intensité nettement supérieure au seuil, ou pas trop ? Mais, comme nous ne pouvons pas l’objectiver, cela passe par l’appréciation du sujet qui nous dit : « Je l’entends comme ça. ». Pour évaluer la valeur subjective, surtout si le patient a du mal à exprimer ce qu’est son acouphène, un peu comme avec le ressenti de la douleur, on utilise des tests sous forme de questionnaires où on lui demande si l’acouphène est très gênant, si cela l’empêche de dormir, si c’est la première chose qu’il entend à son réveil ; est-ce qu’il y a un laps de temps où il ne l’a plus ? On essaie ainsi de cerner le handicap vécu par le patient.

La valeur subjective de l’acouphène Nous faisons souvent un travail préalable à celui du sophrologue, en expliquant les trois fondamentales : l’événement, la pensée et l’émotion. Face à un événement, on va avoir une pensée positive ou négative. Par exemple, si vous entendez un bruit chez vous la nuit, vous pouvez avoir deux types de pensée : une pensée positive : « C’est normal, j’habite une vieille maison, le vent souffle, donc c’est normal que cela craque… ». Cela ne vous réveillera pas vraiment et vous allez vous réendormir tranquillement. Mais si vous êtes une personne très inquiète, vous savez que votre voisin a été cambriolé la semaine dernière et, cette fois-ci, vous avez une pensée négative, une angoisse qui vous empêche de vous réendormir. Donc pour un même son, vous pouvez avoir deux sortes d’émotions différentes. On rapproche cet exemple de l’acouphène : il peut être similaire pour deux personnes, mais il sera perçu différemment selon la pensée positive ou négative que vous portez sur votre acouphène. Cela ne soigne pas l’acouphène mais permet à chacun de mieux le gérer.

  • 8 En conclusion

L’audioprothèse ne soigne pas l’acouphène, mais permet à chacun de mieux le gérer.

Questions et réponses

Peut-on être appareillé avec une surdité de transmission qui a été traitée chirurgicalement ? Pour nous c’est le plus simple car comme il n’y a pas de dégradation au niveau neurosensoriel, on redonne de l’amplification. Le seul problème que l’on peut rencontrer, s’il existe une perforation tympanique, on ne peut pas passer par une conduction aérienne mais par une conduction osseuse, soit par un vibrateur sur une branche lunette ou serre-tête, soit par la pose d’un implant par une chirurgie. Dans ce cas, nous ajoutons un appareil auditif adapté.

Que peut-on faire si, au niveau du conduit externe, il y a une mycose avec eczéma ? Là aussi, un appareillage est possible, si le tympan est fermé.

Et, dans le cas d’un cholestéatome qui a été opéré, avec une otoplastie qui a été réalisée, puis après otospongiose, c’est possible ? C’est appareillable si vous n’avez pas trop d’atteinte au niveau neurosensoriel. Pour l’eczéma du conduit auditif, nous avons aujourd’hui des matériaux qui sont bien tolérés. Avec le nylon on n' avait avant aucune allergie alors qu’avec les matières plastiques type silicone, des allergies peuvent apparaître. Aujourd’hui, avec des résines photopolymérisantes, nous avons beaucoup plus de problèmes d’allergie qu’autrefois avec de simples résines polymères.

Dans ce cas, faut-il agir vite ? Cela concerne le dermatologue, mais, pour la perte d’audition, oui, il faut agir vite sachant que quand on est jeune cela est un petit peu moins important mais en cas de perte de stimulation au niveau central, une perte de reconnaissance peut être rapide. Donc, la précocité de l’appareillage est un facteur essentiel.

France Acouphènes : Souvent les adhérents nous disent : « J’aimerais bien m’appareiller mais cela n’est pas dans mes moyens financiers. Je voudrais savoir quand les prix vont baisser. D’autre part, que pensez-vous des appareils low cost, des appareils qui sont proposés en pharmacie à 290 euros ? ». Officiellement, les appareils en pharmacie sont des amplificateurs de son, ce ne sont pas des appareils auditifs. Je fais partie d’un réseau de prothésistes indépendants qui s’appelle Audition Conseil et nous avons mis dans notre offre, ces amplifi cateurs de son. Le ministère veut les appeler assistants d’écoute ; je ne suis pas d’accord avec cette appellation. Nous les proposons, parce que c’est l’occasion de faire un audiogramme que certaines personnes n’ont jamais fait. Je ne suis ni contre, ni pour l’assistant d’écoute, puisque nous le commercialisons. Je suis plutôt contre quand il est vendu en pharmacie, ou en ce moment chez Darty. Dans certains magasins de cette chaine, on trouve une panoplie complète d’assistants d’écoute qui va de l’intra auriculaire au contour d’oreille. A priori, ils seraient vendus par des commerciaux qui auraient reçu une formation à cela.

En ce qui concerne les prix des appareils, il faut savoir qu’en France ils sont moins chers que dans le reste de l’Europe. Je sais qu’en ce moment les médias nous accusent, parfois à tort, parfois à raison, d’être beaucoup trop chers. Mais si l’on compare à la moyenne des autres pays, on est nettement moins cher. Récemment, un journal, le New York Time reprochait aux audioprothésistes américains d’être beaucoup trop chers et prenaient la France comme exemple. Là-bas, un matériel se situe fréquemment dans la fourchette 2 500-3 000 € par appareil. C’est vrai qu’en France les coûts sont encore élevés, mais il faut savoir que c’est un coût global, c’est-à-dire le prix de l’appareil lui-même incluant le prix du service. Les services sont offerts sur une durée minimum de cinq ans et souvent beaucoup plus. Cela représente à peu près une vingtaine d’heures de travail pour l’audioprothésiste, et si l’on comparte par rapport au tarif horaire, ce n’est pas si cher que cela.

Aujourd’hui, nous avons un système mutualisé, c’està- dire que quand vous achetez un appareil auditif, vous allez utiliser plus ou moins vos vingt heures qui vous sont globalement dédiées pour les réglages de votre appareil. Il y aura des gens satisfaits au bout de quelques heures et d’autres pour lesquels vous allez passer 30 ou 40 heures avant d’arriver à une satisfaction. C’est cette mutualisation qui fait le prix moyen.

Cela nous permet aussi de faire accéder des personnes à l’appareillage pour parfois moins de 800 €. L’important est de trouver une solution à votre problème d’audition et, après l’examen, nous verrons les possibilités financières que l’on pourra vous proposer.

Le but n’est donc pas de vendre systématiquement un appareil très cher ou pas cher, mais de trouver un juste compromis entre vos moyens financiers et la dépense réelle. Aujourd’hui, en 35 ans d’expérience, je ne crois pas avoir échoué à appareiller quelqu’un à cause du prix. Je trouve toujours une solution. Les gens qui ont la CMU ont droit à 1 400 € pour leur appareillage et ceux qui ont un revenu un peu au-dessus ont l’ACS, (Aide Complémentaire Santé) et cela leur permet d’avoir une mutuelle qui leur rembourse 990 € plus la Sécurité Sociale. Ce type de mutuelle coûte à l’adhérent environ 11 € par mois.

Pour les personnes qui travaillent, le déficit auditif est très facilement reconnu comme un handicap et les aides sont assez importantes.



T I N N I T U S S I M O 93  - 3 e T R I M E S T R E 2 0 1 6
 

 

Belfort : Conférence le 06/06/15

06:juin

BELFORT

 

Conférence de France Acouphènes organisée et co-animée par Aline Jurot administratrice et Jacques Gérard vice-président de France Acouphènes

"Les Acouphènes : en parler et être écouté"

 

Contact : Aline Jurot
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conf belfort

Impact de l'acouphène sur le couple

 Impact de l’acouphène sur le couple

 C’est la première fois que nous abordons ce sujet qui est omniprésent dans notre vie quotidienne. Nous remercions Philippe Lurquin, C. Rampont et Maud Real de nous l’avoir proposé. Il n’a pas encore été publié, c’est donc une première dans la littérature de l’acouphène. Toutefois, le lecteur doit être averti car cet article est une étude et sa lecture peut être déroutante. Il indique des références de publications professionnelles et comporte une méthodologie propre. Mais le sujet lui-même nous a paru trop important pour ne pas le publier. (NDLR, JG)

Cet article et le contenu appartiennent aux auteurs cités.

Le livre " Acouphènes " rédigé par notre association

Le livre " Acouphènes " rédigé par notre association

 

Résultat d’un travail collectif de notre équipe de bénévoles coordonné par notre Présidente d’honneur, Sylviane Chéry-Croze directeur de recherche au CNRS et notre Vice-président d’honneur Ange Bidan.
Ce livre est en effet très différent par sa teneur, notamment par tous les témoignages et surtout par le fait qu’il a été réalisé par des bénévoles eux-mêmes souffrant d’acouphènes.

livreacouphenes

 

Les acouphènes

Les acouphènes

Un acouphène qu’est-ce que c’est ?

Un acouphène désigne des bruits entendus de manière continue ou intermittente « dans l’oreille » ou « dans la tête » sans sources sonores dans l’environnement. Ce phénomène commun affecte environ 15 % de la population à un moment ou à un autre de la vie.

Il existe des acouphènes objectifs en relation avec une maladie de l’oreille moyenne (1 % des cas) et les acouphènes subjectifs qui représentent la majorité des cas. Dans 95 % des cas, les acouphènes n’ont aucune gravité. Les origines des acouphènes sont variées, mais elles sont le plus souvent liées à une perte auditive apparue suite à un traumatisme auditif ou à l’usure de l’oreille liée à l’âge. Elles peuvent s’accompagner d’une intolérance aux bruits (hyperacousie).

coupedeloreille01Comment réagit-on à un acouphène ?

Le retentissement de l’acouphène est très variable : de la simple gêne, à l’intrusion permanente selon les individus, handicapant la vie quotidienne, l’acouphène peut affecter la qualité de vie : difficultés pour s’endormir, pour se concentrer et provoquer des états d’anxiété pouvant mener à la dépression. Certaines personnes ne consultent pas. D’autres le font pour vérifier qu’elles n’ont rien de grave et s’informer sur un éventuel traitement.

D’autres, (25 %) consultent, successivement, de nombreux thérapeutes à la recherche d’une solution miracle, qui n’existe pas, susceptible de supprimer complètement leurs acouphènes. Bien qu’au début, ils provoquent souvent une importante détresse, la perception des acouphènes tend à diminuer avec le temps par un processus de mise à distance.

C’est un processus d’adaptation. Selon les sujets, leur état d’anxiété et de stress, ce processus prendra de plusieurs mois à plusieurs années. Mais, le sujet apprend à mettre progressivement à distance cette perception parasite, à l’ignorer, comme il ignore spontanément la plupart des stimuli internes ou de notre environnement qui, à chaque instant, arrivent à notre cerveau, et qui, sans pertinence avec la situation présente, restent au niveau inconscient.

Les troubles associés

Hypertension, troubles métaboliques ou hormonaux, stress, anxiété ou dépression doivent également être traités. Depuis les années 90, la prise en charge associe une « thérapie par le bruit » à une « guidance psychologique » consistant à expliquer au patient comment les acouphènes sont générés et traités par le cerveau pour prévenir les conséquences auditives et psychologiques de conduites inadaptées. Selon la perte auditive et l’importance de la gêne, la thérapie par le bruit consiste en un simple évitement du silence ou bien en l’écoute quotidienne volontaire de bruits blancs ou personnalisés associée ou non au port de prothèses auditives. Les médecines non conventionnelles (sophrologie, hypnose) constituent une aide efficace pour lutter contre le stress. Dans les cas difficiles, le recours aux thérapies cognitives et comportementales peut s’avérer très efficace. Quoi qu’il en soit, pour apprendre à gérer ses acouphènes, il est important de leur accorder le moins d’importance possible, de mener une vie normale, en ne modifiant pas ses habitudes, si ce n’est de se protéger des expositions sonores excessives.

Grâce à l’influence des associations de patients, des équipes pluridisciplinaires se créent, associant un médecin ORL, un psychothérapeute, un audioprothésiste et d’autres professionnels de santé, avec lesquels les patients peuvent dialoguer pour décider en commun des différents angles de prise en charge les mieux appropriés à chaque cas.

Que faire si un acouphène apparaît ?

Les personnes victimes d’acouphènes ont tendance à chercher des explications dramatiques, elles craignent souvent une attaque, une tumeur cérébrale, des désordres mentaux ou encore de devenir sourdes. Or, l’acouphène n’indique que très rarement un désordre grave. Mais il est très important de consulter rapidement son médecin traitant et/ou un ORL, dans les 48 h après un traumatisme sonore, pour un contrôle complet de l’audition. Après quelques examens il vous orientera rapidement vers un médecin ORL pour un contrôle complet de l’audition. Ainsi quelques investigations du spécialiste permettront d’éliminer les très rares causes graves d’acouphènes et celles, peu nombreuses, relevant de la chirurgie. Cette visite rassurera aussi le patient sur le caractère bénin de son acouphène, condition essentielle pour apprendre à le gérer sereinement. Cette visite permettra également de s’informer sur les différentes techniques disponibles pour arriver plus rapidement à mettre les bruits à distance (adaptation).

Les perspectives thérapeutiques

Plusieurs techniques et molécules sont testées par des équipes de chercheurs spécialisées réparties un peu partout dans le monde. De nombreuses recherches sont en cours, voir tableau des recherches sur le site la revue de France Acouphènes.

Quelles précautions prendre ?

  • Éviter l’exposition aux sons forts professionnels ou de loisirs en portant des protections (bouchons, casque) quand cela est nécessaire.
  • Éviter le silence en privilégiant l’écoute d’un bruit de fond à faible intensité (cela facilite l’adaptation).
  • Ne pas s’isoler, veiller à entretenir une bonne intégration sociale, ne pas hésiter à nous contacter sur la ligne de France Acouphènes au 0820 222 213 et participer aux groupes de paroles organisés par nos bénévoles.
  • Éviter la prise abusive d’alcool qui exacerbe souvent l’acouphène.
  • Éviter les boissons excitantes (café, thé, Coca-Cola) si leur suppression de votre alimentation pendant un mois entraîne une amélioration.
  • Signaler systématiquement à votre médecin que vous avez un acouphène pour l’informer et éviter dans la mesure du possible, la prescription d’un médicament ototoxique, éventueIIement, susceptible d’amplifier votre acouphène.
  • Pratiquer une activité physique ou apprendre une technique permettant d’évacuer et/ou gérer au mieux son stress 

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Les acouphènes et l’hyperacousie en France

Les acouphènes et l’hyperacousie en France

invitation du Fond Handicap & Société par Intégrance

handicapetsociétéintegranceDans la mission confiée par ses adhérents, France Acouphènes participe à des rencontres avec les institutions susceptibles de faire reconnaître nos pathologies. France Acouphènes, la FISAF*, le Club Handicap & Société se sont associés pour une rencontre à Paris le 3 juin, suivie de conférences sur les acouphènes et l’hyperacousie, avec les interventions de Alain Londero, ORL membre du Comité scientifique de France Acouphènes, Nicolas Dauman, psychologue clinicien, docteur en psychologie clinique et Roselyne Nicolas, Présidente de France Acouphènes. À cette occasion il a été rappelé qu’un nombre important de personnes était atteint d’acouphènes et/ou d’hyperacousie. Ces personnes sont en grande détresse psychologique de par le manque de reconnaissance et de traitement de ces pathologies. France Acouphènes et la FISAF souhaitent que les instances, les parlementaires... puissent prendre conscience que les acouphènes et l’hyperacousie sont un grave problème de santé publique.

Voici des extraits de cette rencontre.

Résultats des questionnaires sur les acouphènes - Décembre 2008

Résultats des questionnaires sur les acouphènes

Nos fidèles lecteurs savent que nous avions joint à l’envoi de notre revue 57, deux questionnaires respectivement nommés Acouphènes et Hyperacousie. Leurs résultats ont été dépouillés puis analysés. Ils nous permettent de mieux vous connaître, vous, membres de l’association, ainsi que votre parcours médical, le retentissement de l’acouphène sur votre vie etc. Nous vous en présentons une première partie ci-dessous, sous forme d’interview pour une plus grande facilité de lecture.

FA (France Acouphènes) a interrogé Jacques Foënkinos, Secrétaire Général. Jacques fait partie du groupe de travail « questionnaires » avec Sylviane Chéry-Croze, Dominique Dufournet et Pierre Revol. Écoutons attentivement les réponses apportées par Jacques Foënkinos qui relate les résultats obtenus par le groupe de travail.

Revue 081 extraits

 

T I N N I T U S S I M O - 3 e T R I M E S T R E 2 0 1 3

 

 couv Revue 81 5 TÉMOIGNAGES
C’était un 19 avril
6-10 CONFÉRENCE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
Paroles de patients, écrits de chercheurs
11 PANORAMA
VIE ASSOCIATIVE
11 Congrès des audioprothésistes
du 11 au 13 avril 2013
12 Une nouvelle modératrice pour le forum
de France Acouphènes
Bientôt dans vos régions
13 Les permanences de France Acouphènes
14-15 ANCIENS NUMÉROS
16-17 RECHERCHE
Suivi des recherches et des annonces média
par France Acouphènes
17 PANORAMA
VIE DES RÉGIONS
17 Bien s’entendre dans les espaces de travail
18 Fête de la musique en régions
19 Conférence à Mulhouse
Colloque AFrEPA à Lille
20 Groupe de parole du 7 mai à Joué-lès-Tours
Forum associatif à Saint-Sernin
Festival de musique à Orléans
21-22 REVUE DE PRESSE
22 LIVRE
23 RECHERCHE
France Acouphènes et vos dons
pour la recherche
24-26 DOSSIER
La maladie de Menière
28 NOS BÉNÉVOLES À VOTRE ÉCOUTE

 

Nicolas Dauman

 Que peut-on dire sur l’acouphène ? Paroles de patients, écrits de chercheurs

 

 
Nicolas Dauman
Psychologue clinicien à Limoges
Docteur en Psychologie (Université de Poitiers)

(De l’écoute téléphonique aux groupes de parole ou lors des conférences débats, France Acouphènes est orientée vers l’écoute du patient. C’est pourquoi nous avons demandé à Nicolas Dauman de bien vouloir nous en dire plus sur sa pratique de l’écoute au service du patient au quotidien qui représente une approche différente des spécialistes en général. Nous aurions pu intituler cet article : « Redonner la parole au patient ». Jacques Gérard)

 

 

Il est surprenant de constater combien la littérature scientifique consacrée à l’acouphène s’est occupée des mécanismes sous-jacents au trouble auditif – et si peu à la parole des patients qui le fait connaître aux professionnels de santé. Ainsi, alors que des progrès considérables sont enregistrés depuis une trentaine d’années en matière de recherche fondamentale (Eggermont 2012), le praticien, quant à lui, doit s’en remettre à sa seule appréciation de la souffrance qui lui est adressée, sans qu’aucune étude portant sur les effets de sa parole et celle des patients qu’il reçoit en consultation ne lui vienne en aide.

Chacun sait pourtant combien les mots prononcés lors d’une première consultation médicale, au sujet de l’acouphène, ont une conséquence décisive sur la perspective qui s’ouvre – ou se ferme – pour un patient qui a pu les attendre durant plusieurs semaines, et parfois plusieurs mois. Ce décalage important entre une littérature neuroscientifique et une pratique quotidienne faite essentiellement d’un échange de paroles, suscite aujourd’hui l’attention de quelques praticienschercheurs, soucieux à la fois de rigueur scientifique et d’approche pratique d’un problème de santé difficile à cerner selon les critères habituels d’une consultation médicale.

On peut se demander pour quelles raisons si peu de travaux ont porté spécialement sur ce niveau d’analyse du problème : ce que les patients disent de leur expérience de l’acouphène et de leur souffrance personnelle. À première vue, la question a pu paraître superflue à plus d’un scientifique, si l’on en croit la définition désormais classique d’une « perception de son(s) en l’absence de stimulation extérieure » sur laquelle tant d’auteurs s’entendent. Cependant, sur cette question, comme sur tant d’autres que pose la recherche scientifi que, nous devons interroger l’évidence du consensus, qui souvent obscurcit les choses en prétendant les simplifier. Nous demanderons donc aux textes scientifiques ce que l’on attend généralement des patients eux-mêmes : qu’ils rendent compte de leurs hypothèses, de leurs conceptions de l’acouphène, de leurs convictions en matière d’habituation (un mot si fréquemment associé à l’acouphène, et pourtant si difficile à expliquer dans les faits).

Plaçant au même niveau d’analyse la parole du sujet acouphénique et celle du scientifique, nous souhaitons porter l’attention sur les diffi cultés rencontrées par tout un chacun dès qu’il lui est demandé de parler de l’acouphène. Une telle question n’a, semble t-il, pas encore été formulée dans ce domaine de recherche.

carrevert Ce qu’on peut savoir de l’acouphène d’un point de vue expérimental 

Un recul sur l’histoire de la recherche ORL nous permet aujourd’hui une observation qui a pu échapper aux praticiens qui l’ont écrite, bien souvent avec un engagement scientifi que remarquable : l’introduction d’une mesure de l’acouphène a bouleversé les rapports humains entre le médecin et le patient souffrant de ce symptôme. Durant plusieurs millénaires, en effet, seul le patient pouvait avoir connaissance de l’intensité de son acouphène, livrant ainsi au médecin une appréciation incontestable, fondée sur sa seule parole. Mais depuis l’introduction de l’audiométrie tonale dans l’approche de l’acouphène, au début des années 1930, le médecin semblait pouvoir donner – lui aussi – son avis à ce sujet : n’avait-il pas sous les yeux une « réplique » du phénomène, évaluée par le patient lui-même en comparaison avec ce qu’on lui faisait entendre comme son extérieur ?

Le célèbre audiologiste américain Earl Prince Fowler (1873-1966) le crut certainement, lui qui écrivit plusieurs articles importants sur l’intérêt de l’équivalence audiométrique de l’acouphène (Fowler, 1941, 1943, 1944). Or ces mesures semblèrent tout à fait « paradoxales » à l’audiologiste, selon ses propres termes, car elles dépassaient rarement 5 à 10 décibels au-dessus du seuil auditif – soit à peine le bruit d’un chuchotement… On trouve sous la plume de ce pionnier des affi rmations lourdes de conséquences sur la conception audiologique de la question durant plusieurs décennies.

Citons, par exemple, cette remarque illustrative de l’incidence de l’audiométrie sur son approche de la souffrance individuelle: « Dans beaucoup de cas, écrit-il, bien que le patient soutienne que ses acouphènes sont si forts qu’il en deviennent intolérables, ils sont en réalité très faibles, tels que le détermine la technique d’ajustement d’intensité. » (Fowler 1941, p. 156). 

Les premières mesures de l’acouphène ont donc disqualifié la parole des patients aux yeux de praticiens qui n’y voyaient qu’un son « faible et constant ». Or ce qui ne pouvait être mis sur le compte d’une évaluation méthodique de l’intensité de l’acouphène devait reposer sur d’autres raisons, moins audiologiques… Fowler ne parlait pas encore de « psychologie » du patient en souffrance, mais ces propos sont ici suffisamment explicites : le « jugement individuel » déterminerait la gravité de la souffrance rapportée en consultation médicale. L’attitude du praticien s’en trouvait elle-même définie, en des termes qui rappelleront certains propos plus contemporains : « Le patient doit être incité à une attitude raisonnable vis-à-vis de ses symptômes, et accepter d’y faire face à leur juste mesure. » (Fowler, 1943, p. 397) De telles mesures ont sans doute peu contribué, durant les décennies suivantes, à l’intérêt des médecins pour l’acouphène, et une souffrance apparemment sans « fondement objectif », désormais marquée d’une certaine suspicion à l’endroit du patient. Nous ne pouvons ignorer aujourd’hui l’importance de ces mesures dans l’approche de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), qui bénéfi cie d’un plébiscite et d’une médiatisation apparemment sans démenti. 

Le psychologue anglais Richard Hallam, fondateur d’un modèle d’habituation comportementale, soutint dès le départ de ses recherches, comme Fowler, que l’acouphène n’a aucune raison objective de susciter la détresse dont font l’expérience des milliers de personnes. Les sujets qui se plaignent que leur acouphène les dérange, écrit-il, ajustent leur perception de l’acouphène à des sons externes que la plupart des personnes qualifierait de son « discret ». (Hallam et al. 1985, p. 501). Pourtant, durant ces mêmes années 1980, les travaux de psychoacousticiens américains devaient remettre en question des mesures audiométriques qui contredisaient manifestement l’expérience de nombreux patients. De ces travaux passionnants, deux idées peuvent être ici rappelées :

1 La comparaison de l’acouphène à un son déterminé (en terme de fréquence et d’intensité) est approximative et non une fidèle restitution, comme l’ont soutenu les premiers auteurs. Ainsi faut-il parfois jusqu’à une trentaine de fréquences différentes pour « recomposer » certains acouphènes – sans pour autant parvenir à un résultat strictement identique aux dires des participants eux-mêmes (Hazell, 1981 ; Penner 1993). Loin d’être comparable au son pur que présentaient comme « témoin objectif » les premiers audiomètres, l’acouphène s’avère plus complexe et insaisissable d’un point de vue expérimental.

La suite dans la Revue 81

La maladie de Menière

Vertiges, pertes d’audition, bourdonnements d’oreille, nausées, vomissements.

Avec l’aimable autorisation de Mme Vinciane Berckmans, Présidente de l’association Entraide Menière ASBL belge, qui nous a autorisé cette publication. Cet article a été écrit par J.-P. Demanez, et L. Demanez de l’université de Liège

carrevert Introduction

Jusqu’à la fi n du XIXe siècle, les manifestations vertigineuses étaient considérées comme d’origine cérébrale et donc de pronostic réservé. C’est le mérite de Prosper Menière (1799-1862) d’avoir été le premier à reconnaitre l’origine otologique de certains vertiges.

Au cours de sa lecture originale présentée le 8 janvier 1861 devant l’Académie Impériale de Médecine à Paris, Prosper Menière décrit comme d’origine otologique, sans cependant les distinguer, trois des tableaux vertigineux parmi les plus fréquents à savoir le vertige de position, le déficit labyrinthique unilatéral subit et définitif et enfin le déficit labyrinthique unilatéral partiel et récurrent.

C’est à ce dernier tableau, caractérisé par des épisodes répétés de vertiges associés à des acouphènes et surdité, qu’en 1877, Jean-Martin Charcot attache le nom de maladie de Menière. Ces épisodes répétés caractéristiques de la maladie de Menière sont la conséquence de l’hydrops labyrinthique, c’est-à-dire de la dilatation de l’espace endolymphatique dans le labyrinthe. Cet hydrops labyrinthique est dit idiopathique lorsqu’il reste sans cause bien déterminée. Le terme de maladie de Menière est réservé à cette forme la plus commune.
FA81schémaoreille

On parle de syndrome de Menière lorsque des manifestations pratiquement identiques sont reconnues comme secondaires à une cause bien déterminée telle qu’infectieuse, traumatique, endocrinienne, autoimmune etc. 

carrevert Symptômes

La maladie de Menière est donc une affection caractérisée par des épisodes spontanés et répétitifs de vertiges rotatoires, de perte auditive le plus généralement unilatérale, d’acouphènes et/ou de sensation de plénitude dans l’oreille déficiente. C’est une affection rare dont la prévalence en Europe est estimée entre 20 et 200 cas par 100 000 habitants. Sa fréquence est souvent surestimée suite à un diagnostic posé trop rapidement et à tort.D’autres formes de vertiges d’origine également otologique sont plus fréquentes, notamment le vertige de position paroxystique bénin, la névrite vestibulaire, le vertige migraineux. 

Le patient victime d’une maladie de Menière ne présente généralement aucun antécédent médical susceptible d’y être lié. Hommes et femmes sont affectés avec la même fréquence. L’âge du patient au moment du diagnostic est généralement compris entre 30 et 50 ans. Il est très rare d’observer la maladie avant l’âge de 20 ans ou après celui de 70 ans. De rares formes familiales ont été décrites.

Parfois sans aucun signe prémonitoire, la crise s’annonce généralement par des symptômes auditifs unilatéraux tels que acouphènes de tonalité variable, sensation de pression et de plénitude dans l’oreille, perte d’audition. Après quelques secondes ou minutes, un vertige rotatoire survient rapidement intense, persistant au moins une vingtaine de minutes mais - souvent durant 2 à 4 heures. Conséquence d’un mouvement rythmé et involontaire des yeux (nystagmus), le sujet perçoit une rotation rapide de tout son environnement. Il souffre de nausées et de transpiration profuse, est pris de vomissements voire parfois de diarrhée. Son déséquilibre est total et l’oblige à rester couché, strictement immobile car le moindre mouvement de tête accentue ses symptômes. Le sommeil peut survenir après 1 à 2 heures.

Au terme de la crise, le sujet peut éprouver une insécurité d’équilibre. pendant un jour ou deux.Certains se sentent très fatigués. Beaucoup sont capables de reprendre rapidement leurs activités sociales et professionnelles. La perte auditive régresse, du moins en début d’évolution de l’affection.

Des crises similaires se reproduisent avec, selon les sujets, une fréquence très variable pouvant aller de plusieurs crises par semaine à une ou deux crises par mois. De manière typique propre à la maladie de Menière, les épisodes de crises répétées sont séparés par des périodes asymptomatiques longues de plusieurs mois voire années. 

Il est unanimement admis que des facteurs émotionnels créés par des circonstances d’ordre professionnel, familial ou autre peuvent intervenir sur la fréquence des crises. L’anxiété créée par l’imprévisibilité d’une crise peut suffire à déclencher une nouvelle crise. Un cercle vicieux s’enclenche. La crise et sa pénibilité entrainent l’anxiété et celle-ci favorise la répétition des crises. 

Avec le temps, la déficience auditive, initialement transitoire, devient permanente et s’approfondit. Le plus souvent unilatérale, elle se marque par des difficultés d’orientation auditive et d’intelligibilité dans le bruit et les conversations multiples. Cette perte auditive s’accompagne de distorsions responsables d’une hypersensibilité aux sons et bruits plus intenses, accentuant encore la difficulté de perception de la parole. L’acouphène devient permanent mais son intensité peut encore varier à l’occasion des crises. 

Au bout de 5 à 15 ans d’évolution, les crises vertigineuses s’estompent voire disparaissent. Le sujet conserve une perte auditive unilatérale profonde mais incomplète ainsi qu’un acouphène. Il peut éprouver une discrète insécurité d’équilibre. 

Parfois dès les premières années d’évolution ou plusieurs années plus tard, la maladie de Menière peut devenir bilatérale. La fréquence de cette évolution est rapportée de façon très variable selon les auteurs, rare sinon exceptionnelle pour les uns, pouvant atteindre 40 % pour les autres.

La maladie de Menière peut affecter différentes formes ou s’associer à d’autres symptômes.....

La suite dans la Revue 81

 

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Rôle de l'ORL dans la prise en charge des acouphènes. Pr Venail

Venail

Rôle de l'ORL dans la prise en charge des acouphènes

Extraits de l'intervention du Pr Frédéric lors VENAIL de l'AG du 9 avril 2016.

Transcripion de Dominique Vallée.

  • Présentation

Le sujet que votre présidente Roselyne Nicolas m’a demandé de vous exposer présente de multiples aspects :

• diagnostic clinique,
• propositions de traitement actuelles et futures.


Pour que vous compreniez le point de vue du médecin dans son approche des acouphènes, le mieux est que je vous décrive le contenu de la formation que je propose aux ORL quand ils me demandent de leur faire une formation sur cette question.
Je prends l’exemple d’un ORL dans son cabinet qui reçoit un patient avec des acouphènes. Quelle va être son attitude face au patient ? En effet, le chemin qui amène les patients à consulter peut être parfois :
• rapide,cas d’un acouphène aigu qui survient avec une baisse d’audition soudaine ;
long, avec une baisse d’audition progressive durant des années puis une apparition d’acouphènes, au début très faibles, puis de plus en plus présents etgênants dans la vie de tous les jours.
Cela aboutit à la rencontre avec le médecin à qui vous allez exposer votre problème.

  • Quels objectifs pour cette rencontre ?

1er objectif : diagnostiquer une cause potentiellement dangereuse qu’il va falloir traiter rapidementoù bien une pathologie simple, qu’il va pouvoir traiter rapidement sans vous laisser vivre des années avec ces acouphènes.

2e objectif : déterminer comment vous vivez avec vos acouphènes, quel est le retentissement sur votre vie quotidienne. Il va rechercher les facteurs qui favorisent ou qui aggravent la mauvaise tolérance de l’acouphène. Le médecin ne doit pas oublier qu’il ne va pas traiter un acouphène, mais un patient qui a un acouphène et que le même acouphène n’aura pas le même retentissement chez deux personnes différentes.

3e objectif : nouer une relation de confiance entre le patient et le médecin, ce qui représente peut-être la moitié du traitement.

 confhyperacVenailterrainEn effet, si le patient ressort de la consultation en se disant qu’on ne lui a rien expliqué, qu’il n’a pas été entendu, cela peut signifier que la relation de confiance ne s’est pas établie avec le médecin. Voilà ce que je dis aux médecins. Donc, vous êtes en droit d’attendre de leur part une attitude conforme à ce que je viens d’exprimer.

Lors de la consultation, vos questions sont souvent : « C’est quoi docteur ? », « À quoi c’est dû ? », « Est-ce que ça peut passer ? », « Est-ce que ça va s’aggraver ? » « Qu’est-ce que je peux faire ? », « Qu’est-ce que vous pouvez me donner pour que cela s’améliore ? »… Parfois les demandes sont formulées sur un ton revendicatif et le médecin peut se sentir agressé, alors que le patient s’exprime avec son ressenti et ses attentes. Si vous avez un gros souci du type : « Je ne peux pas dormir, trouvez-moi une solution… » et que vous attendez une solution immédiate qui souvent n’est pas si simple ni immédiate, cela peut être source de frustration.

Voilà un arbre de décision simplifié qui vous explique ce qui se passe dans la tête du médecin à ce moment-là. Il a alors beaucoup de choses à penser, d’hypothèses à explorer et cela peut nécessiter une deuxième consultation. Il va procéder à un interrogatoire complet pour déterminer les hypothèses possibles entraînant des examens qui vont infirmer ou confirmer celles-ci. On va aboutir à un diagnostic assez précis et, alors seulement, envisager un traitement. Donc la démarche peut être longue et compliquée. Mais parfois c’est assez simple et cela ne nécessite aucun examen. arbre de decision simplifie

Prenons l’exemple d’un patient avec une presbyacousie liée à l’âge et un acouphène qui apparaît lentement des deux côtés, il n’a pas, en général, besoin d’examen. Après une audiométrie, on sait que la presbyacousie va expliquer l’acouphène, mais dans d’autres cas il faudra sans doute plusieurs examens. Les résultats vont permettre au médecin d’orienter son diagnostic.

Il y a des choses que le médecin n’a pas le droit de ne pas évoquer, des choses simples qui vont permettre de guérir en une à deux consultations : les otites séro-muqueuses par exemple : après un rhume, l’oreille se bouche avec apparition d’un bourdonnement, une trompe d’eustache qui fonctionne mal, un tympan enflammé. Cela se traite par médicament et en très peu de temps le bourdonnement disparaît.

quand le patient décrit l’acouphène ne venant que d’une seule oreille, c’est peut-être la présence d’une tumeur. Le médecin va éliminer cette hypothèse en prescrivant un examen d’imagerie, comme un IRM, une analyse des PEA 1  (Potentiels Evoqués Auditifs).

Il va ensuite chercher les facteurs qui peuvent expliquer l’acouphène, surtout s’il y a une surdité associée. La surdité peut être liée au vieillissement, à une exposition au bruit dans une activité de loisir ou professionnelle. Cela peut être dû à certains traitements toxiques pour l’oreille interne, à des prédispositionsfamiliales et génétiques, à certaines infections, certaines pathologiel’oreille interne.

Donc à la fin de cet interrogatoire, l’ORL arrivera, dans la moitié des cas, à établir un diagnostic de ce type quand il y a des problèmes de surdité. Cela peut tout simplement passer par des conseils de vie car un problème de surdité a deux facettes : une facette préventive et une facette curative (port d’appareillage…).conf hyperac venail role du medecin

La prévention passe par des conseils. Par exemple : expliquer à un patient qui écoute une musique trop forte, qu’il doit modérer cette écoute sous peine d’aggravation irréversible de son audition et lui suggérer le port de protections auditives quand il est exposé au bruit dans son milieu professionnel (ce que les personnes hyperacousiques connaissent bien). Si on limite de manière ponctuelle, par le port de bouchons d’oreille (mais pas de manière permanente, ce qui a un effet négatif sur l’audition), l’exposition au bruit, on prévient l’augmentation de ses acouphènes.

Après avoir testé l’audition, le médecin va se poser la question du comment le patient vit avec son acouphène. L’ORL va alors évaluer tout ce qui est stress, anxiété, dépression, problèmes de sommeil… Ce qui est important, car certains patients acouphéniques peuvent être en danger, avoir des sentiments suicidaires, et se trouver en situation de dépression profonde. Ils n’ont pas forcément d’acouphènes extrêmement forts mais vivent très mal avec.

Il est important de savoir si le patient déclare qu’il perd le sommeil à cause de ses acouphènes et que, de ce fait, il est complètement épuisé. Permettre à un acouphénique de dormir est essentiel pour régler une bonne partie de son problème, sachant que cela peut évoluer vers une dépression, il faut donc savoir évaluer sa situation.

  • Attitude de l'ORL

Cela passe donc d’abord par une attitude empathique: Il faut expliquer ce qu’est un acouphène et rassurer. Quand la personne ne sait pas ce qu’est l’acouphène, elle est paniquée, elle peut imaginer une tumeur dans le crâne… Expliquer d’où ça vient, pourquoi on le ressent, pourquoi c’est désagréable, cela va un peu désamorcer la bombe…

Ensuite on peut essayer de qualifier et quantifier cette gêne. Cela va se faire essentiellement avec des questionnaires de qualité de vie qui évaluent l’impact de l’acouphène dans la vie courante. Cela va permettre, pour un patient en souffrance, de savoir si son mal-être tient plutôt à la baisse d’audition ou plutôt à des problèmes de stress, de dépression. Il y a aussi des outils de mesure plus simples comme les réglettes d’évaluation de l’intensité de l’acouphène, les mêmes que l’on utilise pour l’évaluation de la douleur. On demande au patient de placer un curseur pour situer l’intensité de son acouphène, entre 0 (pas d’acouphène) et 100 (l’acouphène inimaginable). Si le patient dit être gêné par son acouphène, qu’il ne dort pas, etc. et qu’il place le curseur à 2, son problème de sommeil est alors un problème de dépression ou d’anxiété plutôt que d’acouphène.

Donc après cette évaluation, si le patient dit ne pas dormir, tout est mis en œuvre afin qu’il retrouve le sommeil rapidement.

Note : l’ORL n’est pas toujours le spécialiste idéal pour ce type de situation, parce qu’il est ni psychologue ni psychiatre. Il connaît beaucoup de choses mais il a aussi des limites à ce qu’il peut vous proposer.Il peut alors vous conseiller d’aller voir un psychologue, un psychiatre pour d’abord traiter l’aspect psychologique. En effet, le médecin doit savoir passer la main à un autre spécialiste lorsque cela est nécessaire.

  •  Autre élément important

 Souvent, lors d’une consultation, les patients disent : « On m’a dit que ça venait des dents, ça venait de la mâchoire, ou ça venait du cou… ». Non, un acouphène ne vient jamais des dents, de la mâchoire ou du cou. Un acouphène, comme toute perception désagréable, est modulé par certains nerfs dont le nerf trijumeau. Globalement il assure la sensibilité du visage et peut être affecté par des problèmes de dents, de mâchoire, de migraine. Si la sensibilité de ce nerf est modifiée, cela va aussi modifier la sensibilité du système nerveux central par rapport à l’acouphène. Donc, si l’on a un acouphène lié à une presbyacousie, qui n’est pas forcément très fort, et que l’on ajoute à cela un problème de dent, de migraine ou de mâchoire, on va multiplier la perception de l’acouphène. Le fait de traiter ces problèmes va faire revenir l’acouphène à sa perception d’origine, qui était bien tolérée. De cette façon, on traite les facteurs qui font que l’acouphène est perçu plus fort. Sur ces questions, l’ORL va vous orienter vers un neurologue pour une migraine sévère, un chirurgien-dentiste pour les problèmes temporaux mandibulaires…

Par ces échanges, l’équipe pluridisciplinaire commence à se constituer et l’ORL va pouvoir faire appel à ces spécialistes jockers. Pour la surdité, il faut ajouter le rôle important de l’audioprothésiste.

Donc, cette première étape est une étape de bilan d’orientation, basée sur les facteurs qui peuvent améliorer l’acouphène du patient.

Une sorte de contrat s’établit avec le patient. « En tant qu’ORL, je vais vous proposer des solutions qui me paraissent adaptées à votre situation et nous allons voir ce qui vous convient ou non. » Le traitement d’un acouphène est forcément personnalisé. On ne peut pas proposer aujourd’hui un traitement standard pour tous les acouphènes. Tous ceux qui conf hyperac venail reprendre la mainessaieront de le faire risquent de se tromper, parce que l’acouphène est un symptôme qui peut être généré par plusieurs pathologies. Il n’y a pas de traitement miracle qui va fonctionner sur tous les symptômes en même temps.

Comment allons-nous procéder ?

La première phase d’explication de l’acouphène est importante : elle rassure, elle répond à toutes les questions que se pose le patient, elle montre que la personne n’est pas un cas isolé, cela fait du bien de l’entendre encore faut-il que le médecin le dise :

La prise en charge commence quand le patient n’est plus victime de son acouphène, mais qu’il a le sentiment de pouvoir prendre la main dessus, le dominer pour en faire quelque chose. Tant que l’on est victime de son acouphène, on ne peut pas en guérir ou plutôt, car ce n’est pas le bon mot, on ne peut pas vivre avec.

 

Toujours dans le cadre du bilan, une acouphénométrie peut être faite soit par l’ORL, soit par l’audioprothésiste. Ce n’est pas très différent de l’audiométrie classique, mais cela va apporter un certain nombre de nouvelles informations. Dans l’acouphénométrie, on va proposer un son ressemblant le plus possible à l’acouphène, en intensité et en fréquence. Cela n’a pas énormément de valeur clinique car c’est une perception subjective. Déterminer l’intensité de l’acouphène n’a pas de sens d’un point de vue psychophysique, car à peu près chez tout le monde, cela est de l’ordre de 15 à 20 dB au dessus du seuil de perception déterminée par l’audiométrie. Mais cela va permettre de faire des tests complémentaires notamment la recherche de l’inhibition résiduelle 2 .

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Quand l’acouphène est perçu comme un sifflement, lorsque l’on envoie au niveau de l’oreille un son proche du bruit de cet acouphène, mais qui va être un peu plus large en fréquence et suffisamment longtemps. Il va, chez 70 % des personnes, faire disparaitre l’acouphène pendant 10, 30 secondes, une minute… Cela permet d’orienter le patient chez un audioprothésiste pour un appareillage ou vers une thérapie sonore. Il y a de grandes chances que la situation du patient s’améliore. Cela a une autre vertu : si un ORL est capable de faire disparaitre pendant une minute un acouphène que vous avez depuis 10 ans, cela vous donne confiance en lui. Sans risquer de tromper les patients, on peut ainsi leur montrer que des choses sont possibles.

Le patient va pouvoir ainsi reprendre la main sur son acouphène au lieu de le subir en permanence et c’est essentiel pour la guérison.

2Inhibition résiduelle : l’épreuve permet de vérifier si, après avoir écouté le bruit d’assourdissement choisi (ou le bruit blanc) pendant 1 minute, le client note un changement à l’une ou plusieurs des caractéristiques de l’acouphène.

Faire parler le patient de son mal-être

Une autre étape n’est pas simple à gérer, celle où le patient doit parler de sa vie. Si le patient a 10 ans d’acouphènes derrière lui, il va vous raconter ses 10 ans d’acouphènes. C’est nécessaire pour lui mais difficile pour la patience du médecin… Mais cela va permettre d’identifier les phases par lesquelles il est passé dans son vécu d’acouphénique, c’est essentiel pour le patient et cela est utile pour définir la prise en charge et l’accompagnement.

• Les demandes et les attentes du patient

Certains ont des acouphènes importants avec surdité mais, cela ne les gêne pas du tout, il ne faut donc pas les orienter nécessairement vers des thérapies psychologiques type comportementales ou autres. On va traiter la surdité parce qu’elle les gêne, mais on ne va pas inventer des problèmes là où il n’y en a pas. Si, au contraire, l’acouphène est gênant, on va essayer autre chose, mais on ne prendra pas en charge de la même manière un jeune cadre actif qui a un agenda chargé - on ne pourra pas lui proposer des séances de TCC toutes les semaines car il n’ira pas - ou un retraité qui a du temps ou encore une personne qui est demandeur d’un accompagnement psychologique. Il faut faire du cas par cas. Après avoir déterminé ce qui est le plus adapté, l’ORL établit un programme thérapeutique. Une forme de contrat : « Je vous propose de faire cela et on se revoit après pour faire un bilan, afin de savoir si l’objectif est atteint ou non. ».

Ainsi, l’ORL construit, avec le patient, brique par brique son parcours car on ne peut pas tout faire en même temps, par exemple : l’appareil auditif, la TCC, un traitement pour dormir… Les patients sont pressés d’en sortir mais il faut qu’ils comprennent que le processus peut durer plusieurs mois.

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Cette démarche n’est pas facile, car les patients ont tous Internet et peuvent y lire tout et n’importe quoi. En effet, le patient n’est pas en mesure de savoir ce qui lui convient vraiment. À un moment donné, il doit faire confiance au médecin. Ce dernier doit avoir une attitude empathique, l’écouter et savoir dire « Oui c’est possible. » ou « Non cela ne l’est pas. ». Si le patient demande la pilule miracle, je dois lui dire que je ne l’ai pas. En effet, il ne faut pas donner de faux espoirs. Par contre, il ne faut pas non plus en rester au : « Non, ce n’est pas possible. » ou dire en fin de rendez-vous, « Il n’y a rien à faire, il faudra vous y habituer. » mais envisager d’autres solutions. Le médecin a raison de dire que, d’une certaine manière, il faudra vivre avec mais il est là pour vous donner les outils pour cela. C’est toute la différence entre une prise en charge imparfaite et une prise en charge réussie.

 

 

 

En synthèse

1ère étape : traiter la pathologie à l’origine de l’acouphène. Cela ne va sans doute pas supprimer l’acouphène mais ralentir son évolution.

2ème étape : améliorer la tolérance de l’acouphène. Comprendre le pourquoi de la mauvaise tolérance et ensuite faire des propositions pour améliorer cette tolérance pour atteindre l’étape suivante.

3ème étape : tolérance de l’acouphène. C’est le retour à un stade où l’acouphène était à peu près bien toléré. En effet, souvent des patients viennent nous voir en nous disant : « J’ai un acouphène depuis longtemps mais avant je le supportais à peu près et puis, cet hiver, j’ai été malade, j’ai été fatigué et l’acouphène est devenu insupportable. ». Le patient ne vient pas à ce stade là pour qu’on lui fasse disparaitre l’acouphène mais pour qu’il retrouve le niveau de perception d’avant où il vivait bien avec. Donc, on va mettre en place un traitement personnalisé car celui-ci dépend de la cause de l’acouphène, du vécu du patient et de ses activités.

Le meilleur traitement concerne le cerveau, car c’est lui qui est à l’origine de 95 % du trouble. On peut parler de phénomène d’habituation : insupportable à son apparition, l’acouphène, avec le temps, devient plus supportable avec des moments plus ou moins difficiles liés à une pathologie qui se réveille ou à des événements psychologiques pénibles. Mais, globalement, avec le temps, on arrive à le réguler. C’est l’élément clef de la prise en charge. Il faut donner au cerveau cette capacité à s’habituer. Comment va-t-on y arriver ?

  • Les traitements d'aujourd'hui et de demain

Pour la très grande majorité des acouphènes, le point de départ est l’oreille interne.Dans votre vie, à un moment donné, quelque chose s’est passé dans votre oreille interne qui a fait que vos neurones auditifs ne fonctionnent plus normalement. À cause de cela, ils envoient des décharges électriques anormales à votre cerveau et cela est perçu comme un acouphène. Heureusement, le système nerveux central arrive normalement à masquer ce phénomène en ne le prenant pas en compte et de manière inconsciente la plupart du temps. Donc, tout le monde a des acouphènes sans le savoir, parce que le cerveau arrive à minimiser cette information aberrante en provenance du nerf auditif. Le problème arrive quand le cerveau n’est plus capable de filtrer. On pourrait se dire que l’on va agir sur ce nerf auditif en diminuant son activité donc en traitant la cause de l’acouphène à son point de départ. Il y a déjà plusieurs traitements proposés dans ce sens : d’abord les corticoïdes par prise de comprimés ou en injection à travers le tympan( ce dernier emploi est surtout adapté aux acouphènes aigus survenus avec une surdité brusque). Même chose pour les anti NMDA 3 dont vous avez peut-être entendu parler à propos des travaux du professeur Jean-Luc Puel. Cela va bloquer l’hyperactivité nerveuse du nerf auditif. Ce traitement est actuellement en cours d’expérimentation en phase 3 d’essais cliniques pour être disponible comme médicament d’ici un an ou deux, mais s’adressera aux acouphènes aigus récents et non aux acouphènes chroniques, qui ne sont pas la majorité des cas. Il sera appliqué par voie transtympanique, soit par le biais d’une piqure sous anesthésie locale à travers le tympan, soit avec un petit dispositif de diffusion permanente, par une application locale.

 (  3 NMDA : récepteur activé par le glutamate )

On sait déjà que ce traitement appliqué pendant trois jours entraîne une diminution de la perception de l’acouphène ; le problème étant que quand on arrête le traitement, l’acouphène revient. Il faudra maintenir le traitement pendant une certaine durée, encore inconnue à ce jour.

Après le nerf auditif, l’information passe par les premiers relais sur le tronc cérébral, puis est envoyée jusqu’au cortex auditif, lieu de la perception consciente des sons. On peut penser que si l’on ne peut agir sur le nerf auditif, il est peut-être possible d’agir en modulant le transfert de l’information nerveuse de la cochlée jusqu’au cortex auditif et, enfin, jusqu’au cerveau, lieu de la perception désagréable de l’acouphène. On va faire cela essentiellement par des traitements neuromodulateurs, qui vont ralentir ou modifier la conduction nerveuse. Ces traitements sont issus de la famille des anxiolytiques, antidépresseurs et antiépileptiques. Ce ne sont pas des traitements spécifiques pour l’acouphène, mais déjà prescrits pour d’autres indications avec des dosages différents. 

  • Que peut-on attendre de ces traitements ?

 Il faut savoir qu’ils ne sont pas efficaces chez tous les patients. Ils auront un effet plus marqué si l’on cible bien leur indication de départ. Prenons l’exemple d’un patient qui a un acouphène générateur d’anxiété. Si vous lui donnez un traitement qui sera anxiolytique, vous faites coup double car vous allez agir non seulement sur l’anxiété, mais aussi sur la conduction nerveuse de l’acouphène. Ce sera plus efficace que si vous donnez un anxiolytique à quelqu’un qui n’est pas anxieux.

Même chose pour les antidépresseurs : on peut là aussi viser la double efficacité pour une personne déprimée à cause de son acouphène, la dépression entraînant à son tour l’intensité perçue de l’acouphène. L’antidépresseur agira sur la dépression et sur la transmission nerveuse.

Si la personne n’est ni anxieuse ni déprimée, un tel traitement sera assez décevant. À part les moyens médicamenteux, a-t-on d’autres moyens pour moduler la transmission nerveuse ? Il existe aussi des traitements physiques qui sont neuromodulateurs. On va pouvoir les appliquer au cortex auditif mais aussi à d’autres zones.conf hyperac venail regulation

Cela peut se faire par de la stimulation magnétique transcrânienne. On va utiliser une sorte d’aimant qui va rayonner un champ magnétique et va avoir pour propriété de ralentir ou d’accélérer l’activité de certains neurones. Si on pense qu’il y a des zones trop actives, on va les ralentir, et inversement on va activer les zones trop peu actives. Mais cela suppose de bien connaître ces zones trop ou trop peu actives, ce qui n’est pas le cas actuellement. Mais, grâce à l’imagerie fonctionnelle, dans le cadre de protocoles de recherche, on parvient quand-même à localiser ces zones.

Si l’on parvient à mettre au point ces essais, on arrivera à des traitements plus efficaces parce que mieux ciblés en fonction de chaque individu et de son type d’acouphène.

Mais n’oublions pas le lien entre cortex et les voies auditives. On peut agir sur celles-ci pour interagir sur le cortex par stimulation des voies auditives. Avec un appareillage auditif conventionnel, cas le plus fréquent et le plus efficace, on va amplifier l’audition et masquer le bruit de l’acouphène parce que l’on va mieux entendre les sons de l’environnement sur les mêmes fréquences que celles de l’acouphène, en créant un effet de masque. Faire disparaître la perception de l’acouphène va déshabituer le cerveau de ce bruit et modifier son mode de régulation.

Si on ne veut ou ne peut utiliser ce type de stimulation par appareillage, il en existe d’autres, comme des masqueurs types générateurs de bruits blancs qui ont un peu le même effet. Personnellement, je préfère l’amplification conventionnelle.

On peut stimuler aussi par la musique, c’est le principe de la musicothérapie, de l’orthophonie, sorte de training auditif pour restimuler des zones, permettant d’entendre à nouveau des sons que ces zones ne percevaient plus.

Dans le cas de surdité profonde, on peut proposer l’implant cochléaire, qui va restimuler les voies auditives et aussi, par voie de conséquence, améliorer le ressenti de l’acouphène dans 80 % des cas, ce qui est très important.

En plus de ces moyens, on va agir sur les facteurs d’anxiété et de dépression, qui favorisent l’acouphène, par tout un conf hyperac venail schema agir anxietepanel de méthodes allant de la relaxation, au yoga, à la méditation, à la sophrologie, l’acupuncture… Ces méthodes sont valables si elles parviennent à faire baisser l’anxiété. Si on y arrive par la marche, la natation ou un bon repas avec des amis… le but est aussi atteint.

Si on a un contexte de fragilité psychologique un peu plus important, on peut se tourner vers les thérapies comportementales. Si l’acouphène a un retentissement émotionnel qui a concerné les zones limbiques du cerveau, une simple prise en charge par relaxation ne conviendra pas.

À côté de la TCC 4 , on peut citer l’EMDR 5, bien qu’un peu décrié actuellement. Il y a aussi le training auditif, la TRT 6qui peut être proposée par les audioprothésistes.

Le médecin va donc avoir une possibilité de choix dans tout ce panel, il va choisir d’orienter le patient chez un audioprothésiste, un psychologue, un sophrologue, ou encore un neurologue pour une stimulation cérébrale. Il va y réfléchir avec le patient. Il faut, en effet, l’adhésion du patient pour que cela soit efficace. L’évaluation du résultat d’un traitement peut être compliquée à cause de facteurs croisés. En effet, si au moment où vous commencez la sophrologie, par exemple, il vous arrive un problème familial stressant, il sera compliqué de tirer une conclusion sur l’effet de la sophrologie. L’acouphène aura pu augmenter, non à cause de l’échec du traitement, mais à cause de la montée du stress dû au problème familial.

Comment faire une évaluation scientifique des traitements ? À part l’appareillage auditif et la TCC, aucune autre solution évoquée avant n’a montré son efficacité de manière scientifique. Pour autant, est-ce que cela veut dire que ça ne marche pas ? Par exemple, si l’on traite par acupuncture tous les patients qui ont des acouphènes, cela ne sera pas efficace, parce que tous les patients qui ont des acouphènes n’ont pas forcément de stress et de tensions nerveuses ou musculaires. Le traitement doit être personnalisé. Il faut donc sélectionner les patients au départ, pour constituer des populations homogènes permettant d’en déduire des résultats cohérents.

Pour finir, quelques mots de la recherche, qui est faite à Montpellier. On fonde des espoirs sur ce qui est stimulation cérébrale et cela vient en complément d’autres traitements comme l’injection transtympanique. Comme dit précédemment, l’acouphène va remanier le cerveau ; donc la stimulation magnétique semble quelque chose de judicieux, mais les résultats sont décevants et l’on a l’impression que cela ne marche pas. Mais comment a-t-on fait ? On a ciblé le cortex auditif primaire alors que l’on ne sait même pas s’il est concerné par l’acouphène. Donc si l’on tape au hasard dans le cerveau, il n’est pas étonnant d’avoir des résultats aléatoires. Nous avons pris la démarche inverse : nous prenons des patients qui ont tous des acouphènes unilatéraux, qui peuvent être tous inhibés par masquage, on va utiliser l’imagerie fonctionnelle pour voir si des zones très spécifiques sont concernées par l’acouphène.

( 4 TCC : Thérapie Comportementale et Cognitive - 5 EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing : l’EMDR est une approche psychothérapeutique efficace dans le traitement des troubles post-traumatiques.- 6 TRT : Tinnitus Retraining Therapy - voir Revue 91 : page 14 : interview du Pr Pawel Jastreboff - )

  • Exemple d'étude

Prenons 20 patients témoins, sans acouphènes et 20 patients dont l’acouphène est masquable par l’écoute d’un son. On fait écouter le même son aux deux groupes et on observe. Chez l’acouphénique, on voit l’activation de tout le système auditif, ce qui est logique. Mais on constate aussi une modification de la perception de soi et de son environnement et ça, c’est nouveau. Notons que ces recherches n’en sont encore qu’à leur début. En effet, la présence de l’acouphène mobilise des ressources spécifiques du fait de l’attention que l’on y accorde, et de la concentration qu’on mobilise sur lui (ce qui fait que l’on a du mal à se concentrer sur autre chose). Ceci peut être objectivé par l’IRM fonctionnel. On voit aussi que quand on fait disparaître l’acouphène par masquage, la capacité d’introspection réapparaît. Donc cela permet de dire que si, chez quelqu’un qui a un acouphène, on arrive à réactiver cette aire du cerveau qui est désactivée par l’acouphène, on ne va pas faire disparaître l’acouphène mais faire en sorte qu’il soit ignoré et donc toléré.

Voilà où nous en sommes dans les recherches : on finalise l’utilisation de l’imagerie fonctionnelle et ensuite, on passera à une autre phase, peut-être de la stimulation cérébrale, mais cette fois-ci très ciblée. Nous validons des concepts que nous avions déjà repérés, par exemple que le précuneus est une région centrale pour la tolérance de l’acouphène et que si l’on agit dessus, on peut faire varier la tolérance de l’acouphène. On espère proposer cela à nos patients qui ont participé à notre protocole à Montpellier.

 

CONCLUSION

Actuellement, la prise en charge de l’acouphène consiste à mettre à disposition du patient des moyens humains et techniques pour répondre à une demande après avoir effectué un diagnostic. Les moyens humains consistent avant tout à expliquer et à rassurer.
C’est une bonne partie de notre action thérapeutique qui ne passe pas obligatoirement par une ordonnance.
Concernant les traitements de demain : on a parlé stimulation cérébrale sans préjuger encore de son efficacité. Ce dont nous sommes sûrs, c’est que le patient doit devenir acteur de son acouphène, le gérer et non l’inverse.
Je remercie toute l’équipe de recherche avec laquelle je travaille à Montpellier.

 

Questions et réponses

J’ai des acouphènes et ai-je bien compris ce que vous avez dit : « L’ORL n’est pas forcément la première personne à qui s’adresser. » ?

Non, l’ORL est la personne à qui il faut s’adresser en priorité mais si vous avez un problème d’anxiété, de dépression ou de migraine, l’ORL va à un moment donné parvenir à la limite de ce qu’il peut vous proposer mais c’est lui qui normalement va vous aider à vous orienter vers un praticien qui va répondre à votre demande. L’ORL ne peut pas tout faire à lui tout seul d’où l’intérêt des prises en charge pluridisciplinaires. Toutefois, je nuance l’intérêt de l’équipe pluridisciplinaire, car tous les acouphéniques n’ont pas besoin de rencontrer tous les spécialistes possibles : si le patient n’a pas de problème de dents, c’est un peu une aberration qu’il aille consulter un stomatologue ! Mais l’ORL doit avoir un réseau permettant d’orienter le patient vers bon intervenant. L’ORL est le chef d’orchestre qui va utiliser des outils et des compétences adaptés à chaque cas.

Rappelons que l’étape médicale est le préalable, par exemple pour écarter la possibilité d’une tumeur, c’est indispensable au départ.

Je suis bénévole chez France Acouphènes depuis 12 ans et j’ai entendu beaucoup de discours sur les acouphènes. J’ai rarement entendu un discours aussi franc, disant nettement les choses.Je voudrais savoir si vous avez fait une formation sur l’acouphène ou si vous vous êtes spécialisé après vos études, car parfois on se demande si les ORL que l’on rencontre ont eu une véritable formation sur cette pathologie.

Retournons le problème car il s’agit là de la psychologie du médecin. Que nous apprend-t-on lors de nos études ? On nous apprend qu’un problème a une solution. Mais avec l’expérience, nous constatons qu’un problème peut avoir plusieurs solutions. Et parfois un problème n’a pas toujours de solution et on arrive aux limites de ce que le médecin sait faire et de ce qu’il a appris : « Tu vois ces symptômes, donc c’est ce diagnostic et ce traitement. ». Le constat est que l’acouphène ne rentre pas dans ce moule. Beaucoup de médecins sont démunis face à cette situation et ne savent pas comment faire. D’où l’intérêt des équipes pluridisciplinaires comme l’a indiqué votre présidente car « Je ne sais pas comment faire mais peut-être que mon collègue le sait. ». Il faut donc avoir des personnes ressources pour s’adresser au bon interlocuteur.

C’est souvent le problème : l’ORL se borne à nous dire : « Je ne peux rien faire pour vous. »

Si l’ORL est sensibilisé par ce problème, et a déjà son réseau, il aura plus de facilité à vous adresser à un autre spécialiste. Si moi, médecin, j’ai pris la peine d’aller rencontrer d’autres professionnels de santé, audioprothésistes, psychologues… je serais à même de le proposer.

Concernant les tests que vous avez fait avec l’imagerie, vous avez dit avoir traité des personnes avec des acouphènes récents ou anciens. Or, dans tous les tests que l’on lit, il s’agit toujours d’acouphènes récents !

Il est vrai que, pour les acouphènes anciens, c’est plus difficile. Nous savons qu’avec le temps l’acouphène, par un mécanisme de plasticité, va modifier le fonction-nement du cerveau. Et même si on supprime la cause de l’acouphène, on ne va pour autant supprimer sa perception. La démonstration en a été faite dans les années soixante. On a proposé à des personnes ayant eu des acouphènes suite à un traumatisme sonore de leur couper le nerf auditif. Si elles sont déjà sourdes et qu’en plus elles ont des acouphènes, pourquoi pas ? On s’est rendu compte que cela n’était efficace que chez 50 % des personnes. Chez les autres, les acouphènes anciens avaient remanié tout le cerveau et, même si l’on supprimait la cause, rien ne se passait. Si on propose un traitement qui va concerner l’oreille interne et qu’on l’applique à des gens qui ont des acouphènes trop anciens, on s’expose à ne pas avoir de résultats. Le traitement n’est pas en cause mais il ne concernait pas ces patients.

Vous dites que tout vos patients avaient un acouphène à droite ?

Non, qu’il étaient droitiers manuels. Cela veut-il dire que les droitiers ou les gauchers ne répondront pas aux mêmes traitements ? Non, ceci est plus un facteur technique lié à l’imagerie fonctionnelle. Notre cerveau est latéralisé : la partie gauche du cerveau traite les informations venant de la partie droite du corps mais la symétrie n’est pas la même quand on est droitier ou gaucher. Donc pour ne pas être pénalisé par cette différence, on ne prend en général que des droitiers. Ce qui ne veut pas dire que les traitements ne pourront pas être efficaces pour les gauchers, mais c’est plus pratique pour l’imagerie fonctionnelle.

Si j’ai bien compris, l’IRM fonctionnel vous sert à savoir qu’elle est la partie du cerveau impactée par l’acouphène, c’est bien cela ? Conf Hyperac Venail Coupe cerveau

Oui, tout à fait, on a vu que ce sont les aires de la conscience de soi qui sont impactées.

Ce sont les aires associatives supérieures, pas l’aire auditive primaire ?

Non, mais je peux détailler : si l’on fait entendre aux acouphéniques un bruit non masquant l’acouphène, cela active les aires auditives primaires et il y a des réactions en cascade. Mais si l’on supprime l’acouphène, cette activation disparait complètement. Ce qui ne disparait pas, ce sont les modifications dans les aires conscience de soi, precuneus 7 … et ceci est assez caractéristique de la population suivie.

Vous avez parlé du Vastarel® en disant votre doute sur ce médicament. J’ai des acouphènes depuis 25 ans, j’ai vu des sommités dans ce domaine et j’ai été opérée mais je n’ai eu aucune prise en charge pour les acouphènes et j’ai entendu souvent qu’il fallait que j’apprenne à « vivre avec ». Maintenant, mes traitements, je me les fais moi-même, et j’ai remarqué que si je prends ponctuellement du Vastarel® ou du Gingkor®, ça améliore. Évidemment il y a des effets secondaires… Maintenant je suis en train de lire Salmanoff, je ne sais pas si vous connaissez ce qu’il a fait, j’espère qu’il va me sauver de mes acouphènes. Quand on va voir des médecins, vous le dites vous-même, on nous propose souvent des antidépresseurs et des anxiolytiques. Evidemment c’est assez facile comme traitement et assez efficace. J’ai pris des anti-épileptiques quand j’avais 25 ans et on me disait : « Vous allez voir, vous allez dormir ». Je trouve cela assez dangereux parce que les effets secondaires sont là. Si j’avais pris des antidépresseurs à 25 ans, j’en ai 48 maintenant, je ne sais pas ce que cela aurait donné !

Je vous rappelle qu’il n’y avait pas de pilule miracle. Je répète ce que j’ai dit : on va traiter quelqu’un qui a des acouphènes et une dépression par un antidépresseur mais seulement dans ce cas sinon cela n’a pas d’efficacité. 

Mais vous savez, quand on a des acouphènes pénibles, on est forcément un peu dépressif et on prend ces médicaments parce que l’on ne connaît rien d’autre. Mais nous ne sommes pas forcément dépressif profond, donc que faire ? Si, sur Paris, vous avez des collègues qui prennent en charge les acouphènes, j’y vais tout de suite […]. Que pensez-vous de ce qu’a fait Alexandre Salmanoff parce que le Gingkor® améliore bien les choses mais il faut surveiller sa tension ?

Je vous ai dit que l’ordonnance type n’existe pas, il n’y a que des traitements personnalisés. Si vous n’avez pas eu d’épisodes dépressifs ou anxieux majeurs, il n’est pas justifié de vous faire ce type de prescription. Mais votre cas n’est pas forcément celui d’autres personnes qui font de vraies dépressions ou des tentatives de suicide et qu’il faut vraiment aider. Rappelons qu’il n’existe pas de traitement sans effets secondaires.

Une question un peu personnelle : mon problème est celui du diagnostic. Ce que vous avez dit du nerf trijumeau est intéressant mais je voulais savoir si la discopathie ou l’amyotrophie d’un muscle pourraient influencer ce nerf-là ?

C’est un peu de la même famille que les migraines et les maux de tête. On sait que certaines migraines peuvent être favorisées par une certaine dégénérescence au niveau rachidien. Dans les cas que vous énoncez, et cela peut aussi augmenter les acouphènes chez quelqu’un qui en a déjà.

Savez-vous quel est aujourd’hui le pourcentage d’ORL formés à la prise en charge des personnes souffrant d’acouphènes ?

Je n’ai pas la réponse, mais je sais qu’il y a des réseaux tels que l’Afrepa ou Coopacou, qui regroupent les spécialistes intéressés par cette approche. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas d’autres en dehors de ces réseaux, ce qui est mon cas. L’ORL a une spécialité large donc chacun est un peu spécialisé, certains pour la chirurgie de la face, d’autres pour les cancers de la gorge, d’autres encore pour les problèmes de thyroïde… Il est difficile d’être spécialiste dans tous les domaines. Mais il faut reconnaître qu’il n’y a pas énormément de praticiens spécialisés dans les acouphènes, mais il y en a au moins un dans chaque grande ville.

France Acouphènes : Il y a quelques années nous avions fait une enquête avec nos adhérents. Dans les chiffres forts qui sont sortis de cette enquête, nous avons relevé qu’une personne avait consulté 70 ORL en pensant que le prochain serait celui qui pourrait l’aider !

Concernant les images d’IRM, vous avez évoqué « l’aire de la conscience de soi », pouvez-vous développer ?

Je ne peux pas le faire en quelques mots, mais je peux dire que, sachant qu’il y a des aires cérébrales plutôt dédiées à telle ou telle fonction, on peut dire que le réseau du precuneus est impliqué dans tout ce qui est conscience de soi, donc tout ce qui est en rapport avec la perception de l’environnement, la concentration, l’introspection. On voit que, chez les patients qui ont des acouphènes, c’est une zone qui a l’air d’être modifiée de manière assez nette donc c’est peut-être un point d’action pour proposer des traitements. 

On peut peut-être faire savoir aux ORL que France Acouphènes existe !France Acouphènes : Alors là, je suis pour que l’on vous écoute !

Je suis devenue sourde suite à une destruction chimique, cela est venu progressivement et, en même temps, les acouphènes sont apparus. Tout à l’heure je vous ai entendu parler d’un implant, cela serait-il bénéfique dans mon cas ?

C’est extrêmement difficile pour moi de répondre, mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a deux protocoles en cours en France qui viennent de se terminer, mais il y en aura certainement d’autres, pour des personnes ayant une surdité complète unilatérale avec des acouphènes. Et il semble, d’après des études réalisées en Belgique et en Allemagne, que l’implant soit une solution assez bénéfique.

France Acouphènes : Dès que ces études seront disponibles, nous vous en informerons sur le site Internet de l’association car nous sommes toujours à l’écoute de ces études et de leurs résultats.

Merci pour vos propos qui nous font du bien, ma question est : personnellement j’ai des acouphènes depuis 8 ans et vous parliez de la maîtrise de l’acouphène, c’est ce que j’essaie de faire avec un thérapeute, un ostéopathe, et cela me confirme que le cerveau est vraiment relié à l’acouphène. Je fais de la biokinergie et ne veux pas entendre parler de médicament.

Vous savez que le traitement doit s’adapter à la personne et donc ce n’est pas une autorité qui va vous dire : « Il faut prendre ça… ». Donc le médecin propose d’essayer tel ou tel traitement, puis voit s’il convient. Il faut trouver un terrain d’entente : c’est la base de la relation de confiance.

Comme toute perception sensorielle, l’acouphène est une perception consciente, donc si vous arrivez à l’oublier, c’est gagné. Un exemple : vous ne faites pas attention au bruit du réfrigérateur ou de l’ordinateur jusqu’au moment où vous le remarquez alors qu’il était présent avant. Si vous arrivez à faire la même chose avec votre acouphène, vous ne serez moins gêné par votre acouphène même s’il est encore présent. Vous avez évoqué un sujet qui vous paraît essentiel : le sommeil. Pouvez-vous aborder brièvement l’ensemble des solutions pour y parvenir ? C’est aussi un problème compliqué. Cela passe souvent par des médicaments au démarrage du traitement, car les gens ne sont pas bien et la relaxation, dans ce contexte d’insomnie, sera moins efficace. On essaiera de sevrer le plus vite possible de ces traitements médicamenteux. Faire durer trop longtemps un traitement rend difficile son arrêt. Mais il faut pouvoir dormir avant tout, car cumuler un état émotionnel fort et une insomnie est catastrophique et cela ne donne aucun espoir à court terme.

France Acouphènes : Je voudrais juste finir sur une note d’humour : vous êtes sûr de ne pas avoir fait une formation chez France Acouphènes, car vous parlez comme nous. Nous souhaitons vous remercier des actions de formation pour vos confrères ORL sur cette pathologie. Il est important pour nous que vous continuiez à passer le message. Quant à nous, nous avons vraiment apprécié votre conférence.

7 Precunéus : région du cerveau concernée par la mémoire autobiographique, la création d’images mentales et la représentation de soi.

 

 

 

 

 

 

Traitement d'urgence

Traitement d'urgence : Surdité brusque, traumatisme auditif, blast, traumatisme crânien etc...urgence3

La prise en charge revêt  un caractère d'urgence lorsque des acouphènes surviennent suite à un traumatisme sonore  ou bien en même temps qu'une surdité d'apparition brutale : un traitement médicamenteux associant vasodilatateurs et corticoïdes  délivrés par voie orale ou par voie intraveineuse doit alors être instauré rapidement (dans les 48h maximum), pour donner les meilleures chances de récupération de l'audition et limiter les acouphènes.

Dans ces cas de surdité brusque ou de trauma acoustique, certains ORL sont adeptes des séances de caisson hyperbare. Bien que ce traitement puisse apporter de bons résultats, il nous paraît important de signaler qu’il ne fait pas l'unanimité de la profession, certains ORL, considérant que, dans certains cas, ses effets entraînent une aggravation par destruction des restes auditifs des sujets.

 Symptômes d’un traumatisme sonore

  • Perte d’audition aiguë dans une ou deux oreilles
  • Acouphènes (Bourdonnement d’oreille permanent à haute fréquence)
  • Hypersensibilité au bruit
  • Vertiges
  • Perte d’équilibre

Surdité brusque

Surdité de perception d'apparition subite, le plus souvent unilatérale, pouvant survenir à tout âge, dont l'étiologie est incertaine. La surdité est :

  • totale ou partielle (certaines fréquences) ;
  • elle est souvent constatée le matin mais peut se développer par étapes sur quelques jours ;
  • s'accompagne souvent d'acouphènes et de vertiges.

Blast = explosion

L’effet de souffle peut se définir comme le déplacement brutal de l’air lors d’une explosion, qui crée une onde de choc plus ou moins forte, occasionnant des dégâts directement proportionnels à la puissance de cette onde de choc.L'intensité très forte et très brève du son de l'explosion va provoquer une lésion traumatique de la cochlée avec destruction, souvent irréversible, des fréquences aigües (4000 et 6000 Hz le plus souvent) mais parfois beaucoup plus (surdité importante et acouphènes)

Un blast de l’oreille comprend donc un effet de souffle et un traumatisme sonore. On retrouve ce type de lésions dans la pratique de nombreux sports modernes, comme la plongée et l’apnée, mais pas seulement.

Attentionune giffle sur l'oreille  peut réaliser des lésions typiques de blast : On comprime  brusquement l'air du conduit, ce qui va se répercuter sur l'oreille moyenne et donner des dégâts variables selon l'intensité et la position fermée de la main sur le pavillon. Le bruit de la claque peut, quant à elle, léser les cellules auditives de l'oreille interne et bien souvent déclencher des acouphènes, parfois définitifs.

 

 

 

 

 

Traitement d'urgence (2)

Traitement d'urgence : Surdité brusque, traumatisme auditif, blast, traumatisme crânien etc...urgence3

La prise en charge revêt  un caractère d'urgence lorsque des acouphènes surviennent suite à un traumatisme sonore  ou bien en même temps qu'une surdité d'apparition brutale : un traitement médicamenteux associant vasodilatateurs et corticoïdes  délivrés par voie orale ou par voie intraveineuse doit alors être instauré rapidement (dans les 48h maximum), pour donner les meilleures chances de récupération de l'audition et limiter les acouphènes.

Dans ces cas de surdité brusque ou de trauma acoustique, certains ORL sont adeptes des séances de caisson hyperbare. Bien que ce traitement puisse apporter de bons résultats, il nous paraît important de signaler qu’il ne fait pas l'unanimité de la profession, certains ORL, considérant que, dans certains cas, ses effets entraînent une aggravation par destruction des restes auditifs des sujets.

 Symptômes d’un traumatisme sonore

  • Perte d’audition aiguë dans une ou deux oreilles
  • Acouphènes (Bourdonnement d’oreille permanent à haute fréquence)
  • Hypersensibilité au bruit
  • Vertiges
  • Perte d’équilibre

Surdité brusque

Surdité de perception d'apparition subite, le plus souvent unilatérale, pouvant survenir à tout âge, dont l'étiologie est incertaine. La surdité est :

  • totale ou partielle (certaines fréquences) ;
  • elle est souvent constatée le matin mais peut se développer par étapes sur quelques jours ;
  • s'accompagne souvent d'acouphènes et de vertiges.

Blast = explosion

L’effet de souffle peut se définir comme le déplacement brutal de l’air lors d’une explosion, qui crée une onde de choc plus ou moins forte, occasionnant des dégâts directement proportionnels à la puissance de cette onde de choc.L'intensité très forte et très brève du son de l'explosion va provoquer une lésion traumatique de la cochlée avec destruction, souvent irréversible, des fréquences aigües (4000 et 6000 Hz le plus souvent) mais parfois beaucoup plus (surdité importante et acouphènes)

Un blast de l’oreille comprend donc un effet de souffle et un traumatisme sonore. On retrouve ce type de lésions dans la pratique de nombreux sports modernes, comme la plongée et l’apnée, mais pas seulement.

Attentionune giffle sur l'oreille  peut réaliser des lésions typiques de blast : On comprime  brusquement l'air du conduit, ce qui va se répercuter sur l'oreille moyenne et donner des dégâts variables selon l'intensité et la position fermée de la main sur le pavillon. Le bruit de la claque peut, quant à elle, léser les cellules auditives de l'oreille interne et bien souvent déclencher des acouphènes, parfois définitifs.