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4e édition du colloque de l’AFrEPA à Lille : Les multiples facettes de l’acouphène

4e édition du colloque de l’AFrEPA à Lille : Les multiples facettes de l’acouphène par Katia Delaval (Audio infos)

 Dans le numéro 81 page 19 nous avions évoqué les sujets qui avaient été abordés lors du congrès AFrEPA qui avait eu lieu à Lille en septembre. Avec l’autorisation de Guillaume Bureau, rédacteur en chef de la revue professionnelle Audio infos et de Katia Delaval, journaliste auteur de l’article dans le numéro 187 d’octobre 2013 d’Audioinfos, vous trouverez ci-joint le résumé de ce congrès. Bonne lecture JG C’est Lille qui a accueilli cette année la 4e édition du colloque de l’AFrEPA, les 13 et 14 septembre 2013 .

bandeau douleurs

La 4e édition du colloque de l’AFrEPA (Association française des équipes pluridisciplinaires en acouphénologie) s’est tenue à la faculté de médecine de Lille, le rendez-vous annuel de l’association, ouvert à tous les professionnels qui souhaitent s’informer sur cette pathologie.

Au cours de ces deux journées, l’acouphène a été abordé sous de nombreux aspects et surtout du point de vue des différents acteurs de sa prise en charge.

Les spécificités de la prise en charge des acouphènes très récents

Au cours de cette table ronde, trois cas cliniques d’acouphènes récents ont été traités par les différents spécialistes. « La physiopathologie de l’acouphène post-surdité brutale est complexe et probablement non homogène, souligne Alain Londero, ORL à l’Hôpital Georges-Pompidou à Paris. Un bilan étiologique audio-métrique (tonal et vocal) et radiologique (IRM) est indispensable avant toute autre prise en charge. L’ORL peut ensuite mettre en place un traitement médicamenteux par corticoïdes et vasodilatateurs, qui n’est qu’une urgence relative puisque des études ont montré une efficacité tout aussi bonne après une semaine.

Londero 4 afrepa Conjointement, il faut favoriser les processus d’habituation. » Une prise en charge identique est préconisée en cas d’acouphène post-trauma sonore, pour lequel il est nécessaire de rechercher une perte auditive. L’audioprothésiste peut adapter l’aide auditive en modifiant l’amplification, mais aussi en y adjoignant un générateur de bruit blanc si nécessaire. « Le générateur de bruit blanc est idéal dans le traitement des acouphènes sans surdité », souligne Marie-José Fraysse. Enfin, lors d’un acouphène récent sur une hypoacousie ancienne, il est indispensable d’évaluer l’évolution des seuils auditifs (par audiométrie tonale et vocale) avant toute autre prise en charge. Dans tous les cas d’acouphènes, il faut éviter de délivrer des messages négatifs aux patients. Éviter le silence leur est souvent utile (bruit d’eau, musique douce, etc.) surtout pour ceux qui ne supportent pas le bruit blanc. « Mais je déconseille les lecteurs MP3 aux patients acouphéniques avec perte auditive dans les fréquences aiguës, tient à préciser Alain Londero. Car le son est comprimé, et élimine notamment ces fréquences. Il vaut alors mieux privilégier les fichiers “wav” ou l’écoute de CD. »

« Une piste intéressante dans la prise en charge des acouphènes récents est l’utilisation de molécules anti-récepteurs NMDA, en injection transtympanique, souligne pour sa part Marie-José Fraysse, ORL à l’hôpital Purpan de Toulouse et présidente de l’AFrEPA. La phase III des essais cliniques arrive en Europe, et inclura 600 patients atteints de surdité post-traumatique. Une soixantaine d’équipes sont impliquées, dont une dizaine en France, membres de l’AFrEPA pour la plupart. » (voir l’article : La molécule AM-101 va être testée sur l’homme, page 22)

 

 

Hétérogénéité de la prise en charge par les audioprothésistes

Comment les audioprothésistes prennent-ils en charge les patients acouphéniques en France ? C’est la question à laquelle Axelle Vanmeirhaeghe, jeune diplômée en audioprothèse, aDauman orl 4 afrepa tenté de répondre dans son mémoire de fin d’études, encadrée par Philippe Lurquin, audioprothésiste à Bruxelles. Elle a présenté les résultats de son enquête, menée par questionnaire auprès de 244 audioprothésistes « toutvenant » et de 69 audioprothésistes plus « experts » (soit des membres de l’AFrEPA, soit des participants de l’atelier acouphène de M. Lurquin).

L’enquête révèle notamment que le groupe d’audioprothésistes « tout-venant » utilise rarement les outils de travail, tels que les questionnaires validés, les échelles visuelles analogiques, les générateurs de bruits blancs, etc. Le groupe des « experts » les utilise plus fréquemment, mais pas unanimement. Ces résultats ne sont pas très étonnants, étant donné que cette prise en charge est récente et que les connaissances évoluent rapidement.

« Les protocoles de prise en charge et d’évaluation sont au point, mais ils sont peu utilisés », déplore M. Lurquin. Ce qui, selon lui, souligne la nécessité de former davantage les audioprothésistes sur ce sujet, grâce à la formation continue, mais également dès l’école d’audioprothèse. Un point de vue probablement partagé par les audioprothésistes puisque l’enquête a montré qu’ils plébiscitaient l’idée d’un diplôme universitaire sur les acouphènes. 

La place de l’audioprothésiste dans la prise en charge pluridisciplinaire

L’ORL est le premier interlocuteur du patient acouphénique, et la première consultation est très importante. L’ORL doit surtout y évaluer la souffrance et le retentissement psychologique de l’acouphène, et installer une relation de confiance. C’est la première étape du counselling* et on doit lui expliquer pourquoi on l’oriente vers une thérapie sonore, une thérapie comportementale cognitive ou une combinaison des deux. « Dans la prise en charge des patients acouphéniques, l’audioprothésiste a deux outils de travail : la thérapie sonore et le counselling, et les deux aspects doivent cohabiter, rappelle M. Lurquin. Le counselling réalisé par l’audioprothésiste est informationnel, et il aide le patient à se départir de ses idées fausses. Il ne doit pas être confondu avec le counselling personnel qui, lui, est du ressort du psychologue. »

La réponse est donc bien pluridisciplinaire. « Il ne faut pas que les audioprothésistes travaillent de manière isolée », avertit M. Lurquin. Et de conclure : « Les audioprothésistes doivent devenir les kinésithérapeutes de l’ouïe et non les bandagistes de l’oreille ». « La diversité des pratiques souligne la nécessité d’élaborer des recommandations basées sur des preuves scientifiques », commente le Pr Bernard Fraysse, chef de service d’ORL du CHU de Toulouse.

Pour conclure cette matinée, le Pr René Dauman, ORL au CHU de Bordeaux a insisté sur l’importance de la recherche en acouphénologie : « On ignore encore beaucoup de choses sur l’acouphène. Recherches cliniques et fondamentales sont nécessaires et complémentaires ». L’AFrEPA a été créée par des professionnels médicaux et paramédicaux désireux de mettre en commun leurs compétences pour une prise en charge plus efficace des patients acouphéniques. La pluridisciplinarité y est essentielle. Des ateliers en live ou vidéo étaient proposés le vendredi aprèsmidi sur des thèmes très variés, permettant de découvrir les multiples facettes de la prise en charge : acouphénométrie, acouphène et sommeil, Tinnitus Retraining Therapy, sophrologie.

L’atelier sur le syndrome du choc acoustique s’est intéressé à ce syndrome relativement nouveau qui touche surtout le personnel des centres d’appels téléphoniques. Les six tables rondes qui ont rythmé la journée du samedi ont permis d’aborder chaque sujet, de façon très pratique, et ce du point de vue des différentes spécialités, notamment ORL, audioprothésistes et psychologues.

En 2008, neuf équipes étaient adhérentes de l’AFrEPA. Aujourd’hui, elles sont trente. Et chaque année, nous recevons de nouvelles demandes d’adhésion. Au vu de cette dynamique, nous avons des raisons d’être optimistes quant au futur de l’association !

Bilan de cette 4e édition

Fraysse 4 afrepa

 

Nous avons, pour cette 4e édition, accueilli plus de 230 participants, un chiffre encore en progression par rapport l’an dernier. C’est très satisfaisant, en particulier pour une thématique si spécifique. L’organisation du colloque est confiée chaque année à une équipe membre de l’AFrEPA. Cette année, c’est celle du Dr Vincent Loche et du Pr Christophe Vincent qui l’ont gérée intégralement, avec un grand succès. La formule proposée pour cette édition s’est avérée très propice à l’interaction entre les différents professionnels en charge des acouphènes, qui est un pilier de l’association. 

* Counselling : l’ensemble des moyens mis en oeuvre dans la discussion en vue de démontrer, réfuter, emporter la conviction » (Le Robert).

Acouphènes suite à traumatisme , surdité brusque

Acouphènes  suite à traumatisme , surdité brusque

urgence3

 

La prise en charge revêt  un caractère d'urgence lorsque des acouphènes surviennent suite à un traumatisme sonore ou bien en même temps qu'une surdité d'apparition brutale : un traitement médicamenteux  délivré par voie orale ou par voie intraveineuse doit alors être instauré rapidement (dans les 48h maximum), pour donner les meilleures chances de récupération de l'audition et limiter les acouphènes.

A noter que le traitement repose principalement sur l'administration de corticoïdes, alors que les autres traitements n'ont pas fait leur preuve (vasodilatateurs, oxygénothérapie hyperbare, hémodilution, etc…).

Dans ces cas de surdité brusque ou de trauma acoustique, certains ORL sont adeptes des séances de caisson hyperbare. Bien que ce traitement puisse apporter de bons résultats, il nous paraît important de signaler qu’il ne fait pas l'unanimité de la profession, certains ORL, considérant que, dans certains cas, ses effets entraînent une aggravation par destruction des restes auditifs des sujets.

 

 Symptômes d’un traumatisme sonore

  • Perte d’audition aiguë dans une ou deux oreilles
  • Acouphènes (Bourdonnement d’oreille permanent à haute fréquence)
  • Hypersensibilité au bruit
  • Vertiges
  • Perte d’équilibre

Surdité brusque

Surdité de perception d'apparition subite, le plus souvent unilatérale, pouvant survenir à tout âge, dont l'étiologie est incertaine. La surdité est :

  • totale ou partielle (certaines fréquences) ;
  • elle est souvent constatée le matin mais peut se développer par étapes sur quelques jours ;
  • s'accompagne souvent d'acouphènes et de vertiges.

Blast = explosion

L’effet de souffle peut se définir comme le déplacement brutal de l’air lors d’une explosion, qui crée une onde de choc plus ou moins forte, occasionnant des dégâts directement proportionnels à la puissance de cette onde de choc.L'intensité très forte et très brève du son de l'explosion va provoquer une lésion traumatique de la cochlée avec destruction, souvent irréversible, des fréquences aigües (4000 et 6000 Hz le plus souvent) mais parfois beaucoup plus (surdité importante et acouphènes)

Un blast de l’oreille comprend donc un effet de souffle et un traumatisme sonore. On retrouve ce type de lésions dans la pratique de nombreux sports modernes, comme la plongée et l’apnée, mais pas seulement.

Attentionune giffle sur l'oreille  peut réaliser des lésions typiques de blast : On comprime  brusquement l'air du conduit, ce qui va se répercuter sur l'oreille moyenne et donner des dégâts variables selon l'intensité et la position fermée de la main sur le pavillon. Le bruit de la claque peut, quant à elle, léser les cellules auditives de l'oreille interne et bien souvent déclencher des acouphènes, parfois définitifs.

Apport de l’audioprothèse pour les acouphéniques et hyperacousiques

Apport de l’audioprothèse pour les acouphéniques et hyperacousiquesPhilippe Metzger conférence assemblée générale du  9avril2016

Extraits de l’intervention de Philippe Metzger lors des conférences de l’Assemblée générale de France Acouphènes le 9 avril 2016
Transcription de l’enregistrement par Dominique Vallée

 

  • 1 L’audition : présentation du système auditif

En tant que professionnels de santé, nous sommes complémentaires du médecin ORL et la plupart du temps, nous donnons des explications comme le Pr Venail (voir revue n° 92 page 8 ou I C I ceci afin d’éviter de proposer une solution sans renseignement. Il faut absolument mettre le patient acteur de sa solution et lui expliquer correctement la situation de son audition. Dans nos consultations, nous rencontrons des personnes qui ont des problèmes d’audition avec ou sans acouphènes. Pour celles qui ont des acouphènes, nous prenons plus de temps, une première consultation dure souvent environ une heure. On commence par expliquer le processus de l’audition, car souvent les patients s’imaginent que l’acouphène est quelque chose de purement cérébral. Ils pensent tumeur cérébrale et, après avoir fait un IRM, ils savent que ce n’est pas le cas.

Coupe de l'oreille

 

Expliquer l’audition c’est commencer par dire que nous percevons théoriquement les sons entre 20 Hz et 20 kHz, en fait plutôt entre 125 Hz et 12 kHz avec des niveaux d’intensité allant de 20 dB à 120 dB, seuil d’intolérance de l’oreille. On explique aussi que la zone conversationnelle, celle que l’on utilise pour comprendre la voix, se situe dans une zone beaucoup plus limitée, car on ne dépasse jamais les 10 kHz à 70 dB en intensité pour la voix humaine. On montre l’échelle de bruit et les différentes structures de l’oreille : oreille externe, moyenne et interne. La plupart du temps les personnes viennent nous voir pour des problèmes neurosensoriels, donc situés dans l’oreille interne. S’il s’agit de problèmes dans l’oreille externe ou moyenne, ils sont traités par l’ORL.

Rappelons la structure de l’oreille interne (voir figure 1) la cochlée et le mécanisme de tonotopie 1 : les fréquences aiguës sont plutôt à la base de la cochlée alors que les fréquences graves sont au sommet. On voit le détail de la cochlée, les cellules ciliées, l’organe de Corti, on explique un peu ce qu’est l’otoscopie etc. et on arrive à l’audiométrie.

 

1 tonotopie cochléaire : chaque zone de la cochlée code des fréquences particulières,les fréquences aiguës sont plutôt à la base de la cochlée alors que les fréquences graves sont au sommet.

  • 2 L'audiométrie

Nous faisons deux types d’audiométrie : l’audiométrie liminaire, pour connaître le seuil de perception aux sonsMetzger 93 figure 2 audiometrie faibles et l’audiométrie d’intolérance, pour les fréquences mal tolérées par les hyperacousiques. Cette dernière mesure peut être très dangereuse et on fait très attention. Pour l’audiométrie liminaire, on fait écouter un son très très faible et on augmente légèrement par paliers jusqu’à ce que la personne dise : « Je commence à percevoir. ».

Bien sûr, c’est un son pulsé, donc, elle ne pourra pas le confondre avec son acouphène qui,la plupart du temps, est un son continu. En montant tout doucement, on va atteindre une intensité où la réponse est une grimace et on va ainsi pouvoir noter les fréquences qui sont les plus désagréables. Ceci est important, car les appareils auditifs sont capables aujourd’hui de traiter aussi bien les sons faibles, que les sons moyens ou forts.

Evolution de la presbyacousieOn peut ainsi traiter des personnes qui ont à la fois de la presbyacousie ou hypoacousie et de l’hyperacousie. Parfois les gens nous disent : « Je sais que j’ai un problème d’audition, mais il est hors de question que je me fasse appareiller parce que je ne supporte pas les sons ; alors si vous m’appareillez cela va être encore pire et je ne le supporterai pas. »

. Souvent, on a des surprises car, si on appareille ces gens-là, on a des seuils d’inconfort très très bas mais on arrive à les réadapter à cette habitude d’entendre des sons et, souvent, on peut traiter un petit peu une hyperacousie avec un appareillage auditif à partir du moment, bien sûr, où il y a une perte auditive associée. S’il s’agit d’une hyperacousie sans perte auditive, notre appareillage sera sans effet.

 

  • 3 Les acouphènes

Bien que l’audiométrie ait déjà été faite par l’ORL, nous en refaisons une autre pour la confirmer. Pour une personne acouphénique, on va aussi faire une recherche de la fréquence fondamentale de l’acouphène. Parfois, il y a deux fréquences d’acouphène, mais, en général, la personne le sait et nous le dit. Quand il n’y a qu’un acouphène, il est situé, la plupart du temps, sur la courbe, à l’endroit du scotome 2 . Souvent, sur l’oreille gauche, on voit que l’on a un scotome, c’est-à-dire une chute de perception, par exemple à 4 kHz, et la plupart du temps l’acouphène sera situé à cette fréquence. Cela s’explique par désafférentation 3 des voies centrales. En effet, à partir du moment où le patient n’a pas de perception à cette fréquence, il y a une contre-réaction au niveau central et le patient perçoit un son qui n’existe pas. L’acouphène correspondrait donc à l’inhibition des neurones à la fréquence de 4 kHz. L’étape suivante est une recherche de l’intensité de l’acouphène, par exemple, supérieure à 5 dB au-dessus
du seuil de perception auditive. Enfin, on va aussi réaliser une courbe vocale, appelée aussi score d’intelligibilité. Même avec une forte baisse d’audition (au-delà de 50 %), il est possible d’obtenir un bon score d’intelligibilité : avec des sons à 20 dB au-dessus de votre seuil d’audition, vous répétez tout sans faute, sans lecture labiale, bien sûr, car cela change les données. Parfois c’est l’inverse : on fait écouter aux patients un mot ou une syllabe à 20 dB au-dessus de leur seuil, ils sont incapables de comprendre le mot, en tout cas certains mots, et, on a beau augmenter le volume, ils ne le perçoivent toujours pas. Dans ce cas-là, nous avons une courbe en cloche par manque de reconnaissance de certains phonèmes que l’appareillage ne peut plus compenser. Le patient va alors effectuer une compensation, par exemple, par une lecture labiale ou par association, rapprochement avec les mots adjacents.

2 Un scotome est une perte d’audition localisée dans une bande de fréquence.
3 La désafférentation est l’absence totale ou partielle des sensations parvenant au cerveau.

  • 4 La surdité

Perte de cellules ciliées
Les degrés de surdité

On explique ce qu’est une surdité légère, moyenne ou sévère. Il faut savoir qu’à partir du moment où vous avez un seuil audiométrique à 20 dB, vous êtes normo entendants. Les gens me disent parfois : « J’ai 40 dB de perte, donc il me manque 40 dB ! », « Non ! Il ne vous manque que 20 dB ». 

Les différents types de surdité 

Si la surdité de transmission est liée à l’oreille moyenne, la surdité de perception, elle, est liée à l’oreille interne. 

Les causes de la surdité

À partir de 45, 50, 55 ans, la prévalence augmente avec l’âge, c’est une presbyacousie, phénomène naturel lié à l’âge, ce n’est pas une pathologie. Vous pouvez voir, sur la figure 3,l’évolution moyenne de la presbyacousie en fonction de l’âge mais certains ont déjà une presbyacousie à 20 ans et d’autres n’en ont pas à 80 ans. On explique aussi les causes possibles de la surdité : les facteurs génétiques et bien sûr les traumatismes sonores qui, accumulés, ont pour conséquence des presbyacousies précoces. On montre des cellules ciliées cassées et on parle de prévention. À quelqu’un qui a une perte auditive et des acouphènes associés, il faut lui dire de faire très attention à ne pas prendre sa perceuse pour percer un mur en béton sans porter un casque. De ne pas lâcher sa porte de garage qui, en tombant, va faire un son très fort. Cela risque d’aggraver son problème d’acouphène.

  • 5 Les protections auditives

Nous pouvons proposer deux types de protections auditives : les obturateurs, les bouchons et, de plus en plus maintenant, les filtres d’atténuation qui vont permettre à des personnes hyperacousiques de pouvoir être à l’extérieur avec une protection qui baisse de 20, 25 dB sans altérer la compréhension de la parole ou la qualité musicale. L’atténuation est dite étymotique, c’est-à-dire équivalente quelle que soit la fréquence. Les filtres à atténuation totale permettent, par une vis de réglage, de moduler l’atténuation jusqu’à boucher complètement l’oreille pour diminuer jusqu’à 60 dB les sons extérieurs. On entend toujours un peu par le phénomène de la conduction osseuse. Vous trouvez aujourd’hui dans le commerce des fi ltres plus ou moins chers, à partir de 18 euros  pour les filtres standards, même pour les musiciens avec les filtres étymotiques, jusqu’à 170 euros la paire pour un obturateur fait sur mesure pour un musicien.

  • 6 Les acouphènes : solutions et prise en charge audioprothétique

Corriger la perte auditive

Dans le cas d’un patient adressé par un ORL avec une perte d’audition et des acouphènes, la solution va passer par l’appareillage. Les fabricants d’appareils auditifs ont, aujourd’hui, tous pris en compte le fait qu’il y ait des patients avec perte auditive associée à des acouphènes. Globalement, tous les appareils sont munis de masqueur d’acouphène intégré. Cela nous permet de l’activer ou non et d’avoir deux programmes. Pour ceux qui se plaignent d’acouphènes, on leur propose un premier programme sans masqueur pour uniquement corriger la perte auditive. Cela va réafférenter 4les voies auditives, réactiver les neurones des zones concernées par l’acouphène, leur faire entendre des sons qu’ils n’entendaient plus et avoir pour effet de masquer l’acouphène. 

Dans 80 % des cas, le fait de porter l’appareil auditif va atténuer la gêne de l’acouphène. On parle de masquer, parce que, quand la personne retire son appareil, l’acouphène est présent. Si elle porte un appareil bien réglé sur la fréquence de l’acouphène, on a très souvent un résultat positif. Si cela ne suffit pas et que la gêne persiste, un deuxième programme peut être proposé, et activé par un bouton poussoir ou une télécommande. Il s’agira, soit d’un masqueur simple, soit d’un masqueur associé à une amplification.

Les masqueurs d’acouphènes

On explique ce qu’est un masqueur d’acouphène car souvent la réponse est : « J’ai déjà un acouphène, pourquoi vous voulez m’en donner un autre ? ».
Il y a deux raisons : l’acouphène est un bruit que vous subissez et, à partir de ce moment, au niveau du tronc cérébral 5, il va prendre une fonction d’alerte. Vous allez vous fixer sur votre acouphène et cela va devenir obsessionnel. Par contre, quand vous provoquez un son, il est naturel et il n’est pas perçu par le système central et il est donc très vite oublié.
Par exemple, la climatisation au bureau fait toujours un peu de bruit. Le matin, vous l’entendez en permanence et, au bout de 5 minutes, vous ne l’entendez plus ou, plutôt, vous n’y faites plus du tout attention. Le soir, quand vous la coupez, vous avez l’impression de tomber dans le vide parce que vous ne l’entendez plus.
C’est précisément le principe du masqueur d’acouphènes. Ce n’est pas un bruit en plus. Je propose aux patients de s’appliquer un bruit eux-mêmes, donc consciemment, et, au bout de quelques minutes, ils ne vont plus y faire attention parce que leur acouphène qui était un bruit d’alerte va passer au stade de bruit conventionnel, habituel, comme l’histoire du climatiseur. Il est donc neutralisé par le cerveau. On parle de clients stars, ceux dont le port de l’amplificateur fait estomper immédiatement le bruit de l’acouphène. Ils savent immédiatement si leur pile d’appareil est en panne.

En fait c’est une histoire de contraste : si vous entendez mal, votre acouphène est noir sur blanc et, si vous entendez un petit peu mieux, votre acouphène est noir sur gris et, à ce moment-là, il est moins perçu et moins désagréable. Par contre, il y a ceux dont la seule amplification ne suffit pas et il faut y associer un masqueur. En effet, on a des systèmes qui nous permettent de faire choisir par le patient le bruit qu’il va entendre dans son appareil. Pour cela, il va utiliser une tablette lui permettant de changer la fréquence du son. Il doit ensuite choisir, un, deux, ou trois sons qui lui paraissent les plus confortables, les plus efficaces pour soulager son acouphène. Puis, on charge ces bruits dans le second programme de son appareil, qui va inclure la correction auditive et les bruits choisis.

On s’est aperçu que, au début, les acouphéniques utilisaient beaucoup le deuxième programme puis, peu à peu, ils l’oublient, et finalement restent plutôt sur le premier programme avec la simple correction auditive. Nous avons maintenant des appareils appelés contour d’oreille pas très esthétiques mais efficaces et pratiques. Il existe aussi des appareils plus discrets
qu’on appelle des RIC (écouteur déporté dans le canal). Ils comportent tous un masqueur d’acouphène quelle que soit la gamme ou la marque. Un appareil d’entrée de gamme à 800 € comporte un masqueur aussi efficace que dans un appareil haut de gamme à 1 800 € qui a beaucoup plus de canaux d’amplification. Les fabricants nous proposent des masqueurs multifréquences. On peut même avoir des masqueurs d’acouphènes dans les appareils dit intra auriculaires, ce qui n’était pas le cas récemment. Pour ce dernier appareil, il faut appuyer sur un petit bouton pour mettre ou arrêter le masqueur.

4 Réafférenter : réactiver les neurones des zones concernées par l’acouphène.
5 Tronc cérébral : Il appartient au système nerveux central.


Les différents sons

Il existe maintenant sur les sites Internet des fournisseurs d’appareils, des applications pour smartphone ou iPhone qui sont des générateurs de bruits : bruits blancs, bruits roses, musiques douces, disponibles gratuitement. Vous pouvez aussi trouver des streamers, sorte de collier, qui vous permet de recevoir ce qui vient de votre téléphone par liaison Bluetooth®. Il y a des bruits intéressants pour les acouphènes comme les bruits fractals. Ce sont des séries de fragments sonores qui n’ont pas de suite logique mais qui vont vous distraire de votre acouphène. Exemple de bruit fractal : le bruit du bois qui craque dans le feu de la cheminée. Ce type de bruit peut être transmis à votre appareil auditif à partir de votre téléphone portable. Tout en écoutant ce qui se passe autour de vous, vous avez en permanence ce bruit dans votre oreille avec la possibilité de le gérer vous-même et même de vous endormir en programmant son arrêt.

Les appareils à ancrage osseux

Il existe des appareils auditifs, qui sont en insertion profonde, que l’on garde pendant deux mois et que l’on retire après.

Il y a des études en cours sur un appareil que l’on porte jour et nuit et que l’on peut arrêter quand on veut, mais, en pratique, les patients ne l’arrêtent jamais.

On s’est rendu compte que de réactiver en permanence les voies auditives permet souvent de faire disparaître les acouphènes et cela répond à la remarque de beaucoup de personnes qui disent : « Je suis obligé de garder mon appareil la nuit, sinon mes acouphènes me gênent pour dormir. ». En fait, seul l’audioprothésiste peut poser un appareil de ce type, car il est placé très près du tympan. Le patient peut, par contre, le retirer, par exemple, lorsqu’il doit passer un IRM.

La question du changement de pile : dès lors que l’on est très près du tympan on a pas besoin de beaucoup d’énergie et il n’y a pas de traitement de signal, c’est un appareil analogique donc avec une très faible consommation (la consommation de piles a augmenté depuis que les appareils sont numériques). Officiellement, on peut garder l’appareil trois mois sans changer de pile. Mais, pratiquement, on atteint 2 mois à 2 mois et demi pour une utilisation permanente.

Un détail : dans les appareils actuels il y a une possibilité de couper les sons faibles. Par exemple, il n’y a plus amplification de sons situés en dessous de 30 dB. Or les acouphéniques ne supportent pas le silence ; il faut donc maintenir l’amplification des sons faibles. Voilà une solution trouvée pour que les acouphèniques portent un appareil en permanence à condition que le conduit auditif soit exempt de toute imperfection. Il faut ajouter l’inconvénient du prix : ce type d’appareil est proposé par abonnement aux environs de 1 500 euros par appareil et par an. C’est pris en charge par la Sécurité Sociale et les mutuelles au même tarif qu’un appareil conventionnel, base de 120 euros pour la Sécurité Sociale, ce qui est faible.

  • 7 Les voies auditives

Dans la figure 5, sont représentés les noyaux relais du nerf auditif avant l’arrivée dans les aires primaires 41 et 42. Le premier noyau est assez important car il passe par le thalamus quiVoies auditives fait partie de ce qu’on appelle le réseau limbique. Il est directement lié à tout ce qui est système neurovégétatif qui régit par exemple le rythme cardiaque, la digestion etc. On pense que c’est à niveau-là que le son prend une valeur subjective : pour deux personnes différentes, le même acouphène sera ressenti différemment : l’un dira : « Je ne l’entend même pas » et l’autre dira : « C’est insupportable ». Lors de nos consultations, nous rencontrons trois types de patients :  

  • les patients sans perte auditive et ce ne sont pas les plus simples,
  • les patients avec un reste d’audition pour lesquels on pourra utiliser leur système neuronal auditif pour atténuer l’acouphène,
  • les patients avec une zone cochléaire morte (nota : la cophose complète est la perte complète de l’audition d’une oreille) ; c’est-à-dire que l’audiométrie peut être normale sur certaines fréquences et totalement inactive sur d’autres fréquences.

La cochlée est comme un piano, vous avez au début les aiguës, puis les médiums, puis les graves. Dans ce cas, on aurait alors des touches mortes. Si l’on envoie un son très fort, on va solliciter les fréquences adjacentes et la personne va dire : « J’entend » mais en réalité elle n’entend pas le son que l’on a ciblé, mais les fréquences les plus proches. Sur l’audiométrie, apparaissent alors des courbes fantômes. On fait écouter des notes de piano, et on demande à la personne si elle entend un son ou si elle entend un bruit. Dans le cas d’une zone cochléaire morte, au lieu d’entendre un son, une note, par exemple, elle entend un pichhh, pichhh… ce qui signifie qu’il n’y a plus de cellules sensorielles actives dans cette zone-là.

Les patients sans perte auditive: Si nous proposons un masqueur d’acouphène à quelqu’un qui a un acouphène, mais pas de perte auditive, le masqueur va peut-être atténuer l’attention portée à son acouphène ou le submerger un peu, mais sans y parvenir complètement. On ne va jamais arriver à l’inhibition totale. Il est évident que ce n’est pas ce qui est le plus efficace.

Cochlée morteLes patients presbyacousiques: C’est classique : sur le programme 1, nous allons lui proposer une correction auditive et sur le programme 2, une correction auditive et un masqueur d’acouphène en lui donnant la possibilité de choisir le son masquant et son intensité.

Les patients avec zone cochléaire morte: Il n’y a pas de perception du son (voir la figure 6). Au-delà de 3 kHz, il n’y a pas de stimulation des fi bres nerveuses, ce serait l’implant cochléaire (stimulation électrique) qui serait le plus indiqué. 

En résumé Lors de la consultation, nous essayons d’évaluer la valeur objective et subjective de l’acouphène pour savoir s’il est très gênant ou non. Sa valeur objective et sa fréquence dominante, est-elle aiguë ou grave ? Est-ce un son pulsé ou un son continu, avec une intensité nettement supérieure au seuil, ou pas trop ? Mais, comme nous ne pouvons pas l’objectiver, cela passe par l’appréciation du sujet qui nous dit : « Je l’entends comme ça. ». Pour évaluer la valeur subjective, surtout si le patient a du mal à exprimer ce qu’est son acouphène, un peu comme avec le ressenti de la douleur, on utilise des tests sous forme de questionnaires où on lui demande si l’acouphène est très gênant, si cela l’empêche de dormir, si c’est la première chose qu’il entend à son réveil ; est-ce qu’il y a un laps de temps où il ne l’a plus ? On essaie ainsi de cerner le handicap vécu par le patient.

La valeur subjective de l’acouphène Nous faisons souvent un travail préalable à celui du sophrologue, en expliquant les trois fondamentales : l’événement, la pensée et l’émotion. Face à un événement, on va avoir une pensée positive ou négative. Par exemple, si vous entendez un bruit chez vous la nuit, vous pouvez avoir deux types de pensée : une pensée positive : « C’est normal, j’habite une vieille maison, le vent souffle, donc c’est normal que cela craque… ». Cela ne vous réveillera pas vraiment et vous allez vous réendormir tranquillement. Mais si vous êtes une personne très inquiète, vous savez que votre voisin a été cambriolé la semaine dernière et, cette fois-ci, vous avez une pensée négative, une angoisse qui vous empêche de vous réendormir. Donc pour un même son, vous pouvez avoir deux sortes d’émotions différentes. On rapproche cet exemple de l’acouphène : il peut être similaire pour deux personnes, mais il sera perçu différemment selon la pensée positive ou négative que vous portez sur votre acouphène. Cela ne soigne pas l’acouphène mais permet à chacun de mieux le gérer.

  • 8 En conclusion

L’audioprothèse ne soigne pas l’acouphène, mais permet à chacun de mieux le gérer.

Questions et réponses

Peut-on être appareillé avec une surdité de transmission qui a été traitée chirurgicalement ? Pour nous c’est le plus simple car comme il n’y a pas de dégradation au niveau neurosensoriel, on redonne de l’amplification. Le seul problème que l’on peut rencontrer, s’il existe une perforation tympanique, on ne peut pas passer par une conduction aérienne mais par une conduction osseuse, soit par un vibrateur sur une branche lunette ou serre-tête, soit par la pose d’un implant par une chirurgie. Dans ce cas, nous ajoutons un appareil auditif adapté.

Que peut-on faire si, au niveau du conduit externe, il y a une mycose avec eczéma ? Là aussi, un appareillage est possible, si le tympan est fermé.

Et, dans le cas d’un cholestéatome qui a été opéré, avec une otoplastie qui a été réalisée, puis après otospongiose, c’est possible ? C’est appareillable si vous n’avez pas trop d’atteinte au niveau neurosensoriel. Pour l’eczéma du conduit auditif, nous avons aujourd’hui des matériaux qui sont bien tolérés. Avec le nylon on n' avait avant aucune allergie alors qu’avec les matières plastiques type silicone, des allergies peuvent apparaître. Aujourd’hui, avec des résines photopolymérisantes, nous avons beaucoup plus de problèmes d’allergie qu’autrefois avec de simples résines polymères.

Dans ce cas, faut-il agir vite ? Cela concerne le dermatologue, mais, pour la perte d’audition, oui, il faut agir vite sachant que quand on est jeune cela est un petit peu moins important mais en cas de perte de stimulation au niveau central, une perte de reconnaissance peut être rapide. Donc, la précocité de l’appareillage est un facteur essentiel.

France Acouphènes : Souvent les adhérents nous disent : « J’aimerais bien m’appareiller mais cela n’est pas dans mes moyens financiers. Je voudrais savoir quand les prix vont baisser. D’autre part, que pensez-vous des appareils low cost, des appareils qui sont proposés en pharmacie à 290 euros ? ». Officiellement, les appareils en pharmacie sont des amplificateurs de son, ce ne sont pas des appareils auditifs. Je fais partie d’un réseau de prothésistes indépendants qui s’appelle Audition Conseil et nous avons mis dans notre offre, ces amplifi cateurs de son. Le ministère veut les appeler assistants d’écoute ; je ne suis pas d’accord avec cette appellation. Nous les proposons, parce que c’est l’occasion de faire un audiogramme que certaines personnes n’ont jamais fait. Je ne suis ni contre, ni pour l’assistant d’écoute, puisque nous le commercialisons. Je suis plutôt contre quand il est vendu en pharmacie, ou en ce moment chez Darty. Dans certains magasins de cette chaine, on trouve une panoplie complète d’assistants d’écoute qui va de l’intra auriculaire au contour d’oreille. A priori, ils seraient vendus par des commerciaux qui auraient reçu une formation à cela.

En ce qui concerne les prix des appareils, il faut savoir qu’en France ils sont moins chers que dans le reste de l’Europe. Je sais qu’en ce moment les médias nous accusent, parfois à tort, parfois à raison, d’être beaucoup trop chers. Mais si l’on compare à la moyenne des autres pays, on est nettement moins cher. Récemment, un journal, le New York Time reprochait aux audioprothésistes américains d’être beaucoup trop chers et prenaient la France comme exemple. Là-bas, un matériel se situe fréquemment dans la fourchette 2 500-3 000 € par appareil. C’est vrai qu’en France les coûts sont encore élevés, mais il faut savoir que c’est un coût global, c’est-à-dire le prix de l’appareil lui-même incluant le prix du service. Les services sont offerts sur une durée minimum de cinq ans et souvent beaucoup plus. Cela représente à peu près une vingtaine d’heures de travail pour l’audioprothésiste, et si l’on comparte par rapport au tarif horaire, ce n’est pas si cher que cela.

Aujourd’hui, nous avons un système mutualisé, c’està- dire que quand vous achetez un appareil auditif, vous allez utiliser plus ou moins vos vingt heures qui vous sont globalement dédiées pour les réglages de votre appareil. Il y aura des gens satisfaits au bout de quelques heures et d’autres pour lesquels vous allez passer 30 ou 40 heures avant d’arriver à une satisfaction. C’est cette mutualisation qui fait le prix moyen.

Cela nous permet aussi de faire accéder des personnes à l’appareillage pour parfois moins de 800 €. L’important est de trouver une solution à votre problème d’audition et, après l’examen, nous verrons les possibilités financières que l’on pourra vous proposer.

Le but n’est donc pas de vendre systématiquement un appareil très cher ou pas cher, mais de trouver un juste compromis entre vos moyens financiers et la dépense réelle. Aujourd’hui, en 35 ans d’expérience, je ne crois pas avoir échoué à appareiller quelqu’un à cause du prix. Je trouve toujours une solution. Les gens qui ont la CMU ont droit à 1 400 € pour leur appareillage et ceux qui ont un revenu un peu au-dessus ont l’ACS, (Aide Complémentaire Santé) et cela leur permet d’avoir une mutuelle qui leur rembourse 990 € plus la Sécurité Sociale. Ce type de mutuelle coûte à l’adhérent environ 11 € par mois.

Pour les personnes qui travaillent, le déficit auditif est très facilement reconnu comme un handicap et les aides sont assez importantes.



T I N N I T U S S I M O 93  - 3 e T R I M E S T R E 2 0 1 6
 

 

Bruit = Danger : Sons, décibels,fréquences sonores et législation (2)

Bruit = Danger : Sons, décibels,fréquences sonores et législation

Que se passe t-il lorsque nous sommes soumis à plusieurs sources sonores ? Les décibels s'ajoutent-ils ? Comment ressentons-nous ces agressions ?

 

Il existe plusieurs courbes de pondération : A, B, et C.

 

Courbes de pondération

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

courbe de pondération A : dB(A) mesure les bruits sonores de 0 à 55 dB

courbe de pondération B : dB(B) mesure les bruits sonores de 55 à 85 dB

courbe de pondération C : dB(C) mesure les bruits sonores de 55 à 130 dB

Par ailleurs les normes sont toujours calculées en fonction de dB(A) car le dB(A) correspond à la perception des sons de l’oreille humaine.

Le décibel A : dB(A). La lettre A signifie que le décibel est pondéré pour tenir compte de la différence de sensibilité de l’oreille. Moins sensible aux BF (basses fréquences) et plus sensibles aux HF (hautes fréquences). C'est en général du db(A) dont nous parlons en terme d'audiition. Cependant, ce n’est pas exactement ce que déchiffre notre cerveau.
Pour cela, il faut additionner les niveaux sonores pondérés relevés en fonction des fréquences.

On utilise une formule logarythmique pour calculer l'addition de plusieurs sources sonores :

 

tableauadditionbruits2

Plus la différence entre 2 sons est élevée, moins on majore.

Si on a le bruit d’un avion qui est à 120 dB(A) et le bruit d’une voiture de 80 dB(A) on aura :

120 dB du bruit de l’avion, car celui ci recouvre le bruit de la voiture .

Pour bien comprendre :

le dB(A) est un niveau sonore global ( son perçu par l’oreille)

le dB est un niveau sonore qui n’a de sens que lorsqu’il est noté pour une fréquence donnée

Remarques :

Lorsque la puissance sonore est multipliée par 2, le niveau augmente de 3 dB c‘est à dire que si nous avons 2 sources de bruits de 80 dB la différence est de 0dB.

Si on se réfère au tableau ci-dessus, on constate bien que pour une différence de 0 dB, on a un ajout de 3 dB.

Donc 80 dB + 80 dB = 83 dB

Lorsque la puissance sonore est multipliée par 10, le niveau augmente de 10 dB.

Echelle des niveaux sonores

L'échelle des décibels est une échelle logarithmique. Ainsi, 3 décibels supplémentaires correspondent à un doublement du niveau sonore, et 10 décibels multiplient celui-ci par 10. De même, les décibels ne s'additionnent pas : deux machines à laver de niveau sonore de 60 décibels ne font pas un bruit de 120 décibles mais de 63 décibels.

En résumé :

 On ajoute trois décibels lorsqu’on additionne deux bruits de même intensité.

Quand la différence entre deux bruits est supérieure ou égale à 10 décibels, la somme des deux bruits est égale au bruit le plus élevé. (Incidence négligeable de la valeur la plus faible).

Un bruit à 103 décibels (0,02 watts est deux fois plus élevé qu’un bruit à 100 décibels (0,01 watts)

Un bruit à 100 décibels (0,01 watts est dix fois plus élevé qu’un bruit à90 décibels (0,001 watts)

Une différence de trois décibels entre deux sources donne une différence du simple au double en terme d’intensité perçue.

 

 

EchelledécibelsJNA



La législation :

La réglementation en matière de seuil sonore

Le bruit fait partie des causes de maladies professionnelles depuis 1963. Le principe général de prévention déclare que « l’employeur est tenu de réduire le bruit au niveau le plus bas raisonnablement possible».

C’est la directive européenne 2003/10/CE, traduite en droit français par le décret 2006-892 du 19 septembre 2006 et l’arrêté du 19 juillet 2006, qui fixe les seuils d’exposition professionnelle au bruit :

  • 80 dB(A) et 135 dB(C) correspondent à la valeur d’exposition inférieure qui doit induire une action de prévention,
  • 85 dB(A) et 137 dB(C) représentent la valeur d’exposition supérieure qui doit engendrer des actions correctives
  • 87 dB(A) et 140 dB(C) font figure de valeur limite d’exposition (valeur qui tient compte de l’atténuation due au port d’un protecteur individuel contre le bruit) : elle ne doit jamais être dépassée.

A noter que l’exposition moyenne mesurée en dB(A) est de 8 heures par jour. Pour rappel, le niveau de décibels C correspond à la pression acoustique de crête, c’est-à-dire des bruits intenses mais courts.


Les obligations légales

Cette réglementation repose sur trois obligations principales :

  • Agir sur l'environnement de travail : la réglementation agit à la source en obligeant les fabricants à concevoir des machines silencieuses et informer sur leur niveau sonore
  • Insonoriser les locaux : les maîtres d’ouvrage ont l’obligation de penser les bâtiments avec un certain confort acoustique
  • Réduire le bruit dans les locaux : il incombe aux employeurs de respecter les principes généraux de prévention, d’atténuer le bruit dans les locaux et de les utiliser conformément à leur destination

Il existe également une obligation d’information.
Conformément à l'article R. 4436-1 du Code du travail, il est obligatoire d’informer les salariés sur l'utilisation des protections auditives individuelles: « Lorsque l'évaluation des risques fait apparaître que des travailleurs sont exposés sur leur lieu de travail à un niveau sonore égal ou supérieur aux valeurs d'exposition inférieures, définies au 3º de l'article R. 4431-2, l'employeur veille à ce que ces travailleurs reçoivent des informations et une formation en rapport avec les résultats de l'évaluation des risques et avec le concours du service de santé au travail ».

L’article R. 4434-8 du Code du travail ajoute que les protecteurs auditifs individuels doivent être choisis après avis des travailleurs intéressés, du médecin du travail et, éventuellement, des agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale et des organismes de santé, de sécurité et des conditions de travail mentionnés à l'article L. 4643-1.

 

 

legislationsons

 

 Les fréquences sonores, qu'est ce que c'est ?

Les sons que nous entendons, sont produits par des vibrations.
Vous avez du sûrement déjà pu observer le mouvement de la membrane d’une baffle d'une chaine hifi ou autre lorsque le son sort de cette baffle. Le son est en fait la sensation auditive à laquelle cette vibration est susceptible de donner naissance.

C’ est une onde (l'onde va permettre la propagation du son) créée par une vibration et propagée sous forme d'ondes qui vont dans la même direction que la propagation du son. Ce sont les vibrations qui produisent le son, et non le son qui produit les vibrations.

On peut faire la différence entre un son aigu et un son grave, grâce à la hauteur d'une fréquence .

Nous avons réussi à faire le lien entre la hauteur d'une fréquence, et ses vibrations acoustiques, c'est à dire que pour avoir la fréquence d'un son, on mesure la vitesse de vibration par le nombre d'allers et retours que fait la membrane par seconde, ce qui nous donnera la fréquence.

La fréquence d'un son s'exprime en Hertz (Hz).

1 Hertz correspond à une vibration par seconde, 2 hertz, 2 vibrations, ainsi de suite... 10 hertz 10 vibrations.

Une fréquence sonore faible va donner un son grave, une fréquence sonore élevée va donner un son aigu.

Notre oreille ne perçoit que les sons compris entre 16 Hz (son très grave) et 20 kHz (son très aigu).

Tout être humain, possédant le sens de l'ouïe, ne va entendre qu'une partie des fréquences sonores, alors qu’un chien perçoit jusqu'à 35 kHz, un dauphin jusqu'à 100 kHz par exemple.

 Comment ça marche ? 

Les sons sont donc transmis à l'oreille .
Par l'oreille, les vibrations acoustiques vont être modifiées en signaux électriques que le cerveau va analyser après différentes étapes.

D'après Fourrier (mathématicien et physicien français) le son peut se comparer à la vibration d'une corde, qui va être décomposée en période égale, appelées harmoniques du son. Un son va être décomposé par l'oreille en différentes harmoniques, l'oreille va pouvoir faire la différence entre les sons graves, médiums, aigus et les décomposer en ces 3 parties.

Le son va être intercepté par les pavillons externes de l'oreille pour arriver jusqu'au tympan par le biais du conduit auditif externe qui est constitué de fibres d'épaisseurs et de longueurs différentes.

Chaque fibre a une certaine tension, donc une fréquence de vibration propre.
Chaque fibre du tympan a une harmonique spécifique : les physiciens se sont intéressés aux caractéristiques de l'onde sonore en comparant des sons de même hauteur et de timbre différent, ils ont découvert que l'onde sonore est composée de plusieurs sons partiels qui se superposent.

Au son de base qui donne le son que l'on entend, avec sa hauteur et sa fréquence F, se superposent d'autres ondes moins perceptibles dont les fréquences sont des multiples de F comme 2F, 3F, 4F, 5F, 6F, etc, ce sont ces multiples qui sont harmoniques.

Les harmoniques sont donc des sons moins perceptibles mais néanmoins indispensables, mais aussi une fréquence, une période, qui va faire réagir le mécanisme de l'oreille plus que toute autre, et qui va provoquer une impulsion électrique par le biais de 3 os (les osselets) : le marteau, l'enclume et l'étrier, qui vont envoyer cette impulsion électrique en augmentant son intensité pour éviter les pertes lors du passage du milieu aérien (l'air) au milieu liquide de l'oreille (milieu liquidien).

Dans le milieu liquidien, l'étrier touche la fenêtre ovale, qui permet le passage de l'oreille externe à l'oreille interne, l'endroit où s'effectue la transmission liquidienne de l'onde sonore, par la vibration de la membrane basilaire située dans la cochlée, qui va analyser les sons aigus grâce à sa partie basse et graves grâce à sa partie haute.

La transmission électrique , va s'effectuer grâce à deux types de cellules sensorielles au niveau de la cochlée : les cellules ciliées internes, qui vont envoyer le son vers les voies centrales et les cellules ciliées externes, qui reçoivent les voies efférentes (les connexions nerveuses) du cerveau et vont servir à comprendre la parole dans le bruit.

Les impulsions électriques sont ensuite transmises via le nerf auditif de la cochlée au cerveau, où elles vont être analysées dans l'aire auditive.

A tout moment, le cerveau reçoit donc une décomposition du son, une partition en temps réel, le volume de chaque fréquence contenue dans le son perçu par l'oreille à cet instant. On appelle ça la transformée en ondelettes.

Exemples de fréquences sonores
  • La voix humaine est comprise entre 80Hz et 850Hz , lors de la parole, elle va varier entre 110Hz et 300Hz .

  • Les ultra-sons sont des ondes électromagnétiques, elles se propagent dans le vide supérieur à 20 000 Hz, utilisés en médecine comme dans les échographies, la thermothérapie ou avec les Doppler , utilisé également dans les usines pour la coupe ou soudure des thermoplastiques mais aussi dans la coiffure pour les implants de rallonges capillaires . Certains animaux peuvent entendre les ultra-sons (les chiens par exemple).

  • Les infra-sons sont inférieurs à 20 Hz, c’ est un son trop grave pour être entendu par notre oreille.

  • Les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, le tonnerre, le vent produisent des infra-sons mais aussi au quotidien, les voitures, les trains, le métro. L'émission de trop d'infra-sons peut être mortelle pour l'homme.

  • Les ultras-sons et les infra-sons sont des fréquences inaudibles par l'être humain sauf pour certains ultra-sons que les jeunes de moins de 25 ans peuvent entendre. (Boitier qui émet des ultrasons que seuls les personnes de moins de 25 ans peuvent percevoir, et difficilement tolérer. )

  • Les fréquences des sons audibles vont faire vibrer des objets de grandes dimensions, les fréquences des ultra-sons des objets de petites dimensions, les infra-sons des objets de très grandes dimensions.

  • Le piano a une fréquence comprise entre 50 et 5000 Hz , le violon, lui, de 400 à 4000 Hz. C'est l'orgue qui a la plus grande étendue de l'échelle musicale allant de 16 Hz à 16000 Hz !


Exemples des fréquences testées lors des audiogrammes
  • -Un tonal : Un audiogramme tonal va déterminer le niveau de son purs qu'une personne peut entendre , d’intensité et de fréquences différentes : 250 à 8000Hz

  • -Un vocal : on diffuse des mots calibrés à une intensité donnée. Le patient doit les répéter avec le moins d'erreurs possibles. Plus le nombre d'erreurs est élevé, moins la compréhension est bonne et peut évoquer une surdité.

  • -un audioscan : 125 à 16 000 Hz 

Rappel

Le seuil de référence : 0 dB(A)

Il correspond au niveau de pression acoustique minimal pour qu’un son puisse être perçu de nos oreilles. A ces faibles niveaux, nous captons les sons provenant de notre propre corps (articulations, battements de cœur, circulation sanguine, etc.) ce qui peut être déstabilisant.

Le seuil de risque : 80 dB(A)

Il s’agit d’une valeur importante qui sert de base à la réglementation « bruit au travail ». A partir de ce seuil, l’employeur se doit d’apporter une information sur les risques auditifs encourus, de proposer un contrôle de l’audition (facultatif) et de mettre à disposition de ses salariés des protections auditives adaptées. A partir de 80 dB(A), la durée d’exposition à la source de bruit est un facteur important de risque.

Le seuil de danger : 85 dB(A)

Toujours selon la réglementation « bruit au travail », lorsque le salarié est exposé à un niveau de 85 dB(A) sur une période de 8h, le port de protections auditives est obligatoire.

Le seuil de douleur : 120 dB(A)

Le seuil de 120 dB(A) marque le début de la douleur. Nos oreilles nous font mal. C’est un message d’alerte… qui arrive bien tard !
En effet, les seuils de danger et de douleur sont séparés de 35 dB(A), soit une pression 56 fois plus importante. Et paradoxalement, la dégradation des cellules ciliées de nos oreilles survient bien avant d’avoir mal.

 

Des repères pour évaluer le niveau sonore :

Vous êtes exposés à 85 dB(A) et plus :

    • Lorsque vous êtes obligé de crier pour avoir une conversation avec une personne située face à vous ;

    • Si vos voisins entendent distinctement le son de votre baladeur dans les transports en commun ;

    • Si l’on peut entendre de l’extérieur le son de votre autoradio toutes fenêtres fermées.

 

Niveau sonore en dB 

80 83 86 89 92 95 98 101 104 107 111

Durée d’exposition maximale

8h 4h 2h 1h 30mn 15mn 7mn30s 3mn45s 1mn20s 40s 20s

Sources :

JNA

France Acouphènes

Bruitparif

Médecine du Travail

 

Article créé par Martine et David

 

Mise à jour: Juin 2017

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Les acouphènes et l’hyperacousie en France

Les acouphènes et l’hyperacousie en France

invitation du Fond Handicap & Société par Intégrance

handicapetsociétéintegranceDans la mission confiée par ses adhérents, France Acouphènes participe à des rencontres avec les institutions susceptibles de faire reconnaître nos pathologies. France Acouphènes, la FISAF*, le Club Handicap & Société se sont associés pour une rencontre à Paris le 3 juin, suivie de conférences sur les acouphènes et l’hyperacousie, avec les interventions de Alain Londero, ORL membre du Comité scientifique de France Acouphènes, Nicolas Dauman, psychologue clinicien, docteur en psychologie clinique et Roselyne Nicolas, Présidente de France Acouphènes. À cette occasion il a été rappelé qu’un nombre important de personnes était atteint d’acouphènes et/ou d’hyperacousie. Ces personnes sont en grande détresse psychologique de par le manque de reconnaissance et de traitement de ces pathologies. France Acouphènes et la FISAF souhaitent que les instances, les parlementaires... puissent prendre conscience que les acouphènes et l’hyperacousie sont un grave problème de santé publique.

Voici des extraits de cette rencontre.

Permanences physiques de France Acouphènes

Le nombre de présences « physiques » deFrance Acouphènesprogresse dans les régions. Voir la  CARTE DES PERMANENCES

Pourquoi ces permanences ?

La présence d’un (une) bénévole deFrance Acouphènesà une permanence dans une ville permet aux personnes souffrantes de venir la rencontrer afin de parler de «ses» pathologies.

RoselyneNicolasCe sont des moments privilégiés pour les personnes en souffrance. En effet, parler de soi, de son parcours, de ses ressentis, de ses attentes... à une personne qui les comprend car souffrant des mêmes pathologies, cela permet d’échanger sur les vécus.

Par exemple : à la Maison de la Prévention de la Santé de Montpellier, chaque 2ejeudi du mois,France Acouphènesorganise une permanence physique. Roselyne Nicolas reçoit de 5 à 6 personnes durant le temps de la permanence et prend le temps d’écouter et surtout d’entendre le mal-être de la personne qui vient en parler afin de voir avec elle ce qui pourrait l’aider pour aller vers un mieux-être.

 Comment se passent ces entretiens ?

Tout simplement par un accueil chaleureux de la personne, une mise en confiance en lui précisant la confidentialité de l’entretien. Quelques questions pour connaître ce qui pourrait être la cause de ses patho- logies, des aides que la personne a déjà essayées, et surtout lui dire que nous comprenons ce qu’elle ressent, ce qu’elle vit, les difficultés qu’elle peut avoir dans sa vie personnelle, familiale, professionnelle. Permettre à la personne de se décharger du poids des difficultés qu’elle vit au quotidien ou a vécu.

Une écoute attentive, des conseils d’hygiène de vie, voir ensemble ce qui pourrait lui permettre d’être mieux en fonction de l’origine de ses pathologies. Il y a toujours quelque chose qui peut aider. Il faut trouver «comment », et lors de ces échanges, on peut facilement «trouver ».

N’étant pas médecins, nous pouvons orienter les personnes vers un ORL ayant une équipe pluridiscipli- naire afin qu’elles puissent être prises en charge dans leur globalité.

À la fin de ces entretiens les réactions sont toujours les mêmes :« Ça m’a fait du bien de parler et d’être écoutée... Merci ! ».
France Acouphènes
souhaite être proche de vous. Grâce à ces permanences physiques, elle vient vers vous dans votre ville afin de vous y rencontrer. N’hésitez pas à consulter, dans votre revue, la page de nos permanences physiques, il y en a certainement une pas très loin de chez vous.

Si vous aussi, après avoir reçu de l’aide vous souhaitez aider les autres personnes souffrant de nos pathologies, merci de bien vouloir contacter :

Roselyne Nicolas par téléphone au 04 66 24 69 87 ou par mail :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Traitement d'urgence

Traitement d'urgence : Surdité brusque, traumatisme auditif, blast, traumatisme crânien etc...urgence3

La prise en charge revêt  un caractère d'urgence lorsque des acouphènes surviennent suite à un traumatisme sonore  ou bien en même temps qu'une surdité d'apparition brutale : un traitement médicamenteux associant vasodilatateurs et corticoïdes  délivrés par voie orale ou par voie intraveineuse doit alors être instauré rapidement (dans les 48h maximum), pour donner les meilleures chances de récupération de l'audition et limiter les acouphènes.

Dans ces cas de surdité brusque ou de trauma acoustique, certains ORL sont adeptes des séances de caisson hyperbare. Bien que ce traitement puisse apporter de bons résultats, il nous paraît important de signaler qu’il ne fait pas l'unanimité de la profession, certains ORL, considérant que, dans certains cas, ses effets entraînent une aggravation par destruction des restes auditifs des sujets.

 Symptômes d’un traumatisme sonore

  • Perte d’audition aiguë dans une ou deux oreilles
  • Acouphènes (Bourdonnement d’oreille permanent à haute fréquence)
  • Hypersensibilité au bruit
  • Vertiges
  • Perte d’équilibre

Surdité brusque

Surdité de perception d'apparition subite, le plus souvent unilatérale, pouvant survenir à tout âge, dont l'étiologie est incertaine. La surdité est :

  • totale ou partielle (certaines fréquences) ;
  • elle est souvent constatée le matin mais peut se développer par étapes sur quelques jours ;
  • s'accompagne souvent d'acouphènes et de vertiges.

Blast = explosion

L’effet de souffle peut se définir comme le déplacement brutal de l’air lors d’une explosion, qui crée une onde de choc plus ou moins forte, occasionnant des dégâts directement proportionnels à la puissance de cette onde de choc.L'intensité très forte et très brève du son de l'explosion va provoquer une lésion traumatique de la cochlée avec destruction, souvent irréversible, des fréquences aigües (4000 et 6000 Hz le plus souvent) mais parfois beaucoup plus (surdité importante et acouphènes)

Un blast de l’oreille comprend donc un effet de souffle et un traumatisme sonore. On retrouve ce type de lésions dans la pratique de nombreux sports modernes, comme la plongée et l’apnée, mais pas seulement.

Attentionune giffle sur l'oreille  peut réaliser des lésions typiques de blast : On comprime  brusquement l'air du conduit, ce qui va se répercuter sur l'oreille moyenne et donner des dégâts variables selon l'intensité et la position fermée de la main sur le pavillon. Le bruit de la claque peut, quant à elle, léser les cellules auditives de l'oreille interne et bien souvent déclencher des acouphènes, parfois définitifs.

 

 

 

 

 

Traitement d'urgence (2)

Traitement d'urgence : Surdité brusque, traumatisme auditif, blast, traumatisme crânien etc...urgence3

La prise en charge revêt  un caractère d'urgence lorsque des acouphènes surviennent suite à un traumatisme sonore  ou bien en même temps qu'une surdité d'apparition brutale : un traitement médicamenteux associant vasodilatateurs et corticoïdes  délivrés par voie orale ou par voie intraveineuse doit alors être instauré rapidement (dans les 48h maximum), pour donner les meilleures chances de récupération de l'audition et limiter les acouphènes.

Dans ces cas de surdité brusque ou de trauma acoustique, certains ORL sont adeptes des séances de caisson hyperbare. Bien que ce traitement puisse apporter de bons résultats, il nous paraît important de signaler qu’il ne fait pas l'unanimité de la profession, certains ORL, considérant que, dans certains cas, ses effets entraînent une aggravation par destruction des restes auditifs des sujets.

 Symptômes d’un traumatisme sonore

  • Perte d’audition aiguë dans une ou deux oreilles
  • Acouphènes (Bourdonnement d’oreille permanent à haute fréquence)
  • Hypersensibilité au bruit
  • Vertiges
  • Perte d’équilibre

Surdité brusque

Surdité de perception d'apparition subite, le plus souvent unilatérale, pouvant survenir à tout âge, dont l'étiologie est incertaine. La surdité est :

  • totale ou partielle (certaines fréquences) ;
  • elle est souvent constatée le matin mais peut se développer par étapes sur quelques jours ;
  • s'accompagne souvent d'acouphènes et de vertiges.

Blast = explosion

L’effet de souffle peut se définir comme le déplacement brutal de l’air lors d’une explosion, qui crée une onde de choc plus ou moins forte, occasionnant des dégâts directement proportionnels à la puissance de cette onde de choc.L'intensité très forte et très brève du son de l'explosion va provoquer une lésion traumatique de la cochlée avec destruction, souvent irréversible, des fréquences aigües (4000 et 6000 Hz le plus souvent) mais parfois beaucoup plus (surdité importante et acouphènes)

Un blast de l’oreille comprend donc un effet de souffle et un traumatisme sonore. On retrouve ce type de lésions dans la pratique de nombreux sports modernes, comme la plongée et l’apnée, mais pas seulement.

Attentionune giffle sur l'oreille  peut réaliser des lésions typiques de blast : On comprime  brusquement l'air du conduit, ce qui va se répercuter sur l'oreille moyenne et donner des dégâts variables selon l'intensité et la position fermée de la main sur le pavillon. Le bruit de la claque peut, quant à elle, léser les cellules auditives de l'oreille interne et bien souvent déclencher des acouphènes, parfois définitifs.