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4e édition du colloque de l’AFrEPA à Lille : Les multiples facettes de l’acouphène

4e édition du colloque de l’AFrEPA à Lille : Les multiples facettes de l’acouphène par Katia Delaval (Audio infos)

 Dans le numéro 81 page 19 nous avions évoqué les sujets qui avaient été abordés lors du congrès AFrEPA qui avait eu lieu à Lille en septembre. Avec l’autorisation de Guillaume Bureau, rédacteur en chef de la revue professionnelle Audio infos et de Katia Delaval, journaliste auteur de l’article dans le numéro 187 d’octobre 2013 d’Audioinfos, vous trouverez ci-joint le résumé de ce congrès. Bonne lecture JG C’est Lille qui a accueilli cette année la 4e édition du colloque de l’AFrEPA, les 13 et 14 septembre 2013 .

bandeau douleurs

La 4e édition du colloque de l’AFrEPA (Association française des équipes pluridisciplinaires en acouphénologie) s’est tenue à la faculté de médecine de Lille, le rendez-vous annuel de l’association, ouvert à tous les professionnels qui souhaitent s’informer sur cette pathologie.

Au cours de ces deux journées, l’acouphène a été abordé sous de nombreux aspects et surtout du point de vue des différents acteurs de sa prise en charge.

Les spécificités de la prise en charge des acouphènes très récents

Au cours de cette table ronde, trois cas cliniques d’acouphènes récents ont été traités par les différents spécialistes. « La physiopathologie de l’acouphène post-surdité brutale est complexe et probablement non homogène, souligne Alain Londero, ORL à l’Hôpital Georges-Pompidou à Paris. Un bilan étiologique audio-métrique (tonal et vocal) et radiologique (IRM) est indispensable avant toute autre prise en charge. L’ORL peut ensuite mettre en place un traitement médicamenteux par corticoïdes et vasodilatateurs, qui n’est qu’une urgence relative puisque des études ont montré une efficacité tout aussi bonne après une semaine.

Londero 4 afrepa Conjointement, il faut favoriser les processus d’habituation. » Une prise en charge identique est préconisée en cas d’acouphène post-trauma sonore, pour lequel il est nécessaire de rechercher une perte auditive. L’audioprothésiste peut adapter l’aide auditive en modifiant l’amplification, mais aussi en y adjoignant un générateur de bruit blanc si nécessaire. « Le générateur de bruit blanc est idéal dans le traitement des acouphènes sans surdité », souligne Marie-José Fraysse. Enfin, lors d’un acouphène récent sur une hypoacousie ancienne, il est indispensable d’évaluer l’évolution des seuils auditifs (par audiométrie tonale et vocale) avant toute autre prise en charge. Dans tous les cas d’acouphènes, il faut éviter de délivrer des messages négatifs aux patients. Éviter le silence leur est souvent utile (bruit d’eau, musique douce, etc.) surtout pour ceux qui ne supportent pas le bruit blanc. « Mais je déconseille les lecteurs MP3 aux patients acouphéniques avec perte auditive dans les fréquences aiguës, tient à préciser Alain Londero. Car le son est comprimé, et élimine notamment ces fréquences. Il vaut alors mieux privilégier les fichiers “wav” ou l’écoute de CD. »

« Une piste intéressante dans la prise en charge des acouphènes récents est l’utilisation de molécules anti-récepteurs NMDA, en injection transtympanique, souligne pour sa part Marie-José Fraysse, ORL à l’hôpital Purpan de Toulouse et présidente de l’AFrEPA. La phase III des essais cliniques arrive en Europe, et inclura 600 patients atteints de surdité post-traumatique. Une soixantaine d’équipes sont impliquées, dont une dizaine en France, membres de l’AFrEPA pour la plupart. » (voir l’article : La molécule AM-101 va être testée sur l’homme, page 22)

 

 

Hétérogénéité de la prise en charge par les audioprothésistes

Comment les audioprothésistes prennent-ils en charge les patients acouphéniques en France ? C’est la question à laquelle Axelle Vanmeirhaeghe, jeune diplômée en audioprothèse, aDauman orl 4 afrepa tenté de répondre dans son mémoire de fin d’études, encadrée par Philippe Lurquin, audioprothésiste à Bruxelles. Elle a présenté les résultats de son enquête, menée par questionnaire auprès de 244 audioprothésistes « toutvenant » et de 69 audioprothésistes plus « experts » (soit des membres de l’AFrEPA, soit des participants de l’atelier acouphène de M. Lurquin).

L’enquête révèle notamment que le groupe d’audioprothésistes « tout-venant » utilise rarement les outils de travail, tels que les questionnaires validés, les échelles visuelles analogiques, les générateurs de bruits blancs, etc. Le groupe des « experts » les utilise plus fréquemment, mais pas unanimement. Ces résultats ne sont pas très étonnants, étant donné que cette prise en charge est récente et que les connaissances évoluent rapidement.

« Les protocoles de prise en charge et d’évaluation sont au point, mais ils sont peu utilisés », déplore M. Lurquin. Ce qui, selon lui, souligne la nécessité de former davantage les audioprothésistes sur ce sujet, grâce à la formation continue, mais également dès l’école d’audioprothèse. Un point de vue probablement partagé par les audioprothésistes puisque l’enquête a montré qu’ils plébiscitaient l’idée d’un diplôme universitaire sur les acouphènes. 

La place de l’audioprothésiste dans la prise en charge pluridisciplinaire

L’ORL est le premier interlocuteur du patient acouphénique, et la première consultation est très importante. L’ORL doit surtout y évaluer la souffrance et le retentissement psychologique de l’acouphène, et installer une relation de confiance. C’est la première étape du counselling* et on doit lui expliquer pourquoi on l’oriente vers une thérapie sonore, une thérapie comportementale cognitive ou une combinaison des deux. « Dans la prise en charge des patients acouphéniques, l’audioprothésiste a deux outils de travail : la thérapie sonore et le counselling, et les deux aspects doivent cohabiter, rappelle M. Lurquin. Le counselling réalisé par l’audioprothésiste est informationnel, et il aide le patient à se départir de ses idées fausses. Il ne doit pas être confondu avec le counselling personnel qui, lui, est du ressort du psychologue. »

La réponse est donc bien pluridisciplinaire. « Il ne faut pas que les audioprothésistes travaillent de manière isolée », avertit M. Lurquin. Et de conclure : « Les audioprothésistes doivent devenir les kinésithérapeutes de l’ouïe et non les bandagistes de l’oreille ». « La diversité des pratiques souligne la nécessité d’élaborer des recommandations basées sur des preuves scientifiques », commente le Pr Bernard Fraysse, chef de service d’ORL du CHU de Toulouse.

Pour conclure cette matinée, le Pr René Dauman, ORL au CHU de Bordeaux a insisté sur l’importance de la recherche en acouphénologie : « On ignore encore beaucoup de choses sur l’acouphène. Recherches cliniques et fondamentales sont nécessaires et complémentaires ». L’AFrEPA a été créée par des professionnels médicaux et paramédicaux désireux de mettre en commun leurs compétences pour une prise en charge plus efficace des patients acouphéniques. La pluridisciplinarité y est essentielle. Des ateliers en live ou vidéo étaient proposés le vendredi aprèsmidi sur des thèmes très variés, permettant de découvrir les multiples facettes de la prise en charge : acouphénométrie, acouphène et sommeil, Tinnitus Retraining Therapy, sophrologie.

L’atelier sur le syndrome du choc acoustique s’est intéressé à ce syndrome relativement nouveau qui touche surtout le personnel des centres d’appels téléphoniques. Les six tables rondes qui ont rythmé la journée du samedi ont permis d’aborder chaque sujet, de façon très pratique, et ce du point de vue des différentes spécialités, notamment ORL, audioprothésistes et psychologues.

En 2008, neuf équipes étaient adhérentes de l’AFrEPA. Aujourd’hui, elles sont trente. Et chaque année, nous recevons de nouvelles demandes d’adhésion. Au vu de cette dynamique, nous avons des raisons d’être optimistes quant au futur de l’association !

Bilan de cette 4e édition

Fraysse 4 afrepa

 

Nous avons, pour cette 4e édition, accueilli plus de 230 participants, un chiffre encore en progression par rapport l’an dernier. C’est très satisfaisant, en particulier pour une thématique si spécifique. L’organisation du colloque est confiée chaque année à une équipe membre de l’AFrEPA. Cette année, c’est celle du Dr Vincent Loche et du Pr Christophe Vincent qui l’ont gérée intégralement, avec un grand succès. La formule proposée pour cette édition s’est avérée très propice à l’interaction entre les différents professionnels en charge des acouphènes, qui est un pilier de l’association. 

* Counselling : l’ensemble des moyens mis en oeuvre dans la discussion en vue de démontrer, réfuter, emporter la conviction » (Le Robert).

La nocivité du bruit

La nocivité du bruit - Prévention des traumatismes

La nocivité du bruit tient au fait qu’il y a peu de sons forts dans la nature.

Au cours de son évolution, le système auditif n’a pas développé une protection suffisamment efficace pour recevoir, sans dommages, les énergies sonores élevées qui sont produites par le génie humain, en particulier dans la musique ou l’industrie.Les sons deviennent nocifs lorsque leur intensité dépasse les possibilités de réception de l’oreille :

Au-dessous de 80 dB, il n’y a pas de risque de dégradation brutale de l’audition ; Au-dessus de cette valeur, le risque augmente avec le niveau.

ATTENTION : la progression du niveau se fait selon une échelle logarithmique : si deux sources sonores ont une amplitude de 73 dB, la suppression de l’une des deux laisse subsister un niveau de 70 dB.

VOUS ÊTES EXPOSÉ À 85 DB ET PLUS :

  • Lorsqu’il vous est difficile de soutenir, sans crier, une conversation à 1 mètre de votre interlocuteur ;
  • Dans une file de voiture, lorsque votre voisin entend votre autoradio toutes vitres fermées ;
  • Dans le train ou le métro, lorsque votre voisin entend distinctement votre baladeur.

Les amateurs de musique et musiciens qui veulent jouir pleinement des différents aspects de leur art, devraient écouter la musique à des niveaux où les performances de l’oreille sont maximales, c’est-à-dire entre 40 et 80 dB.

POUR RÉDUIRE LE RISQUE :

  • Évitez les établissements, les groupes et les activités qui fondent leur réputation sur un niveau sonore élevé ;
  • Dans les concerts, éloignez-vous des enceintes acoustiques : ceci est efficace, surtout en plein air ;
  • Ayez le souci permanent de contrôler le niveau sonore du baladeur, de la chaîne Hi-Fi et de l’autoradio ;
  • En discothèque ou au concert portez, en respectant bien leur mode d’emploi, des filtres auditifs ou des bouchons protecteurs en mousse. Ils sont invisibles et efficaces
  • Réduisez la durée d’exposition ; les durées hebdomadaires d’écoute ne doivent pas dépasser : - 20 heures à 93 dB (A) (baladeur, autoradio) ; - 4 heures à 100 dB (A) (baladeur à volume maximum, bars musicaux) ; - 2 heures à 102 dB (A) (discothèque) ;
  • La capacité d’enregistrement des baladeurs numériques, ainsi que leur faible encombrement qui permet de les avoir toujours sur soi, accroissent la tentation d’une écoute prolongée ; Après un concert ou une soirée en discothèque, ne vous précipitez pas sur le baladeur pour réécouter vos titres préférés ; mettez votre oreille au repos, au calme, pour un temps de récupération de 12 à 24 heures ;
  • Évitez les longues écoutes au casque où l’on a tendance à monter peu à peu le niveau, pour finir à des niveaux dangereux.
  • En cas d’écoute de musique via oreillettes ou casque, préférez les casques isolants à réduction de bruit pour une sensation de son immersif et pour éviter d’augmenter le volume pour couvrir les sons extérieurs.

Si les yeux ont des paupières, les oreilles n’ont pas de clapets. Bien que nos oreilles soient dotées d’un mécanisme de protection - le réflexe stapédien - celui-ci ne peut résister aux puissances sonores créées par l’homme. Pour protéger son système auditif, il existe les protecteurs individuels contre le bruit. Ceux-ci sont non seulement conçus pour protéger, mais également pour conserver le plaisir du son.

 

DIFFÉRENTS PROTECTEURS EXISTENT :
  • les casques
  • les bouchons mousse
  • les bouchons en silicone
  • les bouchons silicone à filtre
  • les bouchons sur mesure à filtre acoustique          

Pour information :

Le baladeur numérique est limité à 100 dB.
Les discothèques ont une obligation de ne pas dépasser 102 dB

 

Les mécanismes de défense du système auditif permettent de diminuer l’amplitude des vibrations sonores. Un bruit qui surprend, qui se prolonge ou trop intense entraîne une diminution de la sensibilité auditive.

L’accumulation va générer une « fatigue auditive ». Aussi, il est important de respecter un temps de récupération de 6 à 12 heures.

Selon le Dr Mireille Tardy, la nuit peut offrir cet espace lorsque l’ambiance sonore se situe autour de 30 dB.

source JNA voir le pdf